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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 12:00

Le christianisme, d'abord mal reçu à Rome, considéré comme inintégrable (tiens, tiens ...), a tellement prospéré qu'il est devenu religion officielle de l'empire. 
Au Vème siècle, voilà que l'empire romain s'écroule. Que va devenir sa religion ?
On a longtemps imaginé le déferlement de hordes barbares pillant et massacrant ; ça ne s'est pas vraiment passé ainsi. La pression d'envahisseurs asiatiques sur la Germanie et le désir de meilleures conditions de vie ont poussé plusieurs vagues de peuples à franchir les limites de l'empire romain qui abritait déjà des éléments attirés par les Romains qui avaient besoin de main d'oeuvre . Des groupes isolés ont bien exercé quelques razzias, des maisons ont été brûlées, des récoltes pillées, comme dans toutes les périodes d'anarchie et de guerre, mais ce qui a marqué la fin de l'empire, c'est d'abord la pénétration dans la culture romaine de nouveaux modes de vie, des traditions venues d'ailleurs, souvent mèlées de vieilles croyances pré-romaines réactivées. On assiste à l'émergence d'une aristocratie nouvelle imposant ses codes, ses valeurs et ses croyances.
Ils ne sont généralement pas chrétiens et ils s'emparent de régions christianisées où le clergé est la seule autorité organisée. 
Même si on les considère comme des barbares, leurs chefs (tels Clovis) sont parfois des politiques doués, ils comprennent que s'entendre avec le clergé est nécessaire pour durer.  Ils se convertissent . Dans la foulée, le peuple adopte la religion du prince ; romain ou barbare, l'occident est chrétien.

  C'est le début d'un millénaire de ... conflits.
Entre les pouvoirs civils et religieux, c'est un mariage de raison ; ils sont unis par une solide communauté d'intèrêts mais chacun essaie d'abord de faire valoir ses projets. Le clergé n'a pas d'armée ; il met en place d'autres systèmes d'autorité dont les saints font partie.
Les siècles du grand chambardement, du règne des mérovingiens, sont paradoxalement le temps des saints. Aucune autre époque n'a laissé autant de prénoms au calendrier ou de noms de lieux en "Saint..." Qui étaient-ils ? Qu'ont-ils fait pour mériter d'être canonisés ? 
L'histoire de l'Eglise de ce temps -là est celle des privilégiés, les pauvres ne sont qu'une masse indifférenciée, leur seule fonction religieuse est de permettre aux puissants de gagner le paradis en exerçant la charité, ou plutôt, l'aumone. Les saints appartiennent donc au monde des riches et de leur entourage.

Quelques illustrations :
L'Eglise n'a pas oublié le rôle exercé par les femmes dans les premiers temps, elle va les remettre à contribution en s'appuyant sur les reines et les régentes. La plus célèbre, du moins en France, est Clothilde, femme de Clovis. Elle est devenue sainte pour avoir convaincu son royal époux d'embrasser la religion chrétienne et c'est la version que l'Eglise a propagée de l'événement. On peut avoir des doutes, Clovis était assez intelligent pour prendre sa décision sur des motifs exclusivement politiques sans avoir besoin de se rendre aux conseils de la reine, mais l'Eglise avait besoin d'un exemple à proposer aux futures épouses de dirigeants dans les siècles ultérieurs. En tous cas, c'est la version qui prévaudra, l'édition scolaire étant restée longtemps sous influence religieuse. On ne se privera pas de le souligner malicieusement, certains bons républicains laîcs ont refusé l'accès de la vie politique aux femmes en se fondant sur leur soumission aux influences cléricales ; leurs préventions venaient de loin et, sur ce point, ils avaient raison.

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Published by Jacqueline Simon - dans Feuilleton
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