Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 09:56

   Il était, aux temps mérovingiens, un saint Samson, celte et très convenable comme tous ses semblables.

Saint Samson de Dol est l'un des saints fondateurs de Bretagne, né au Pays de Galles et mort, évêque de Dol vers 565.

Manque de chance pour lui, c'est aussi un handicapé patronymique, il a dû affronter la concurrence de notoriété d'individus beaucoup plus inquiétants.

   Le plus ancien est le fameux Samson biblique, rendu célèbre par ses déboires amoureux et capillaires avec une certaine Dalila. Les amateurs d'exégèse se reporteront avec profit au "Livre des Juges" de la bible hébraïque.

Plus brièvement, si un résumé à ma sauce vous suffit, Samson bénéficiait d'un accord avec Dieu : il était invincible à condition de respecter quelques règles qui plaisaient à l'Eternel. Entre autres, il ne devait ni boire d'alcool, ni couper ses cheveux.

En ce temps-là, les Hébreux étaient, comme d'habitude, en guerre contre les Philistins, des voisins chercheurs d'histoires qui habitaient Gaza (on s'y croirait ...l'histoire est un éternel recommencement.) Ils n'osaient pas se frotter à Samson qui leur faisait un peu l'effet d'Obélix sur les légions romaines.

Depuis Eve, dans ce coin du monde, la femme est toujours l'agent du démon. De Gaza vint l'ensorceleuse Dalila (la Falballa des Philistins). Elle séduisit ce grand benêt de Samson, le fit boire et, pendant qu'il cuvait l'alcool auquel il n'était pas accoutumé, elle lui coupa les cheveux. L'Eternel, pas content, laissa tomber l'imbécile devenu vulnérable ; les Philistins lui crevèrent les yeux et le réduisirent en esclavage dans la ville de Gaza. Ils avaient marqué un point mais, comme ils n'étaient pas non plus très intelligents, il n'entretinrent pas la coupe des cheveux qui, tout naturellement, repoussèrent.

C'est à ce moment de l'histoire que Samson montra plus de finesse que ses ennemis. Sentant la force lui revenir avec la longueur des mèches, il attendit, sans rien montrer, d'être mené pour servir dans le palais  bondé de foule lors d'une cérémonie. Il appuya ses mains aux deux montants de la porte monumentale, le linteau s'effondra, entraînant toute la construction. Il n'y eut pas de survivants, ni Samson, ni Dalila, ni les gens de Gaza, mais tout est bien qui finit bien pour le peuple hébreu et pour l'Eternel qui a montré sa puissance.

   Pour notre évêque breton, le colosse chevelu est un concurrent haut en couleurs mais pas rebutant. La suite fut bien pire.

   Aux dix-huitième et dix-neuvième siècles, une famille dont le patronyme était Samson exerça un monopole aussi craint que respecté, la fonction de bourreau. Ils en ont eu du travail, les Samson, avec tous les criminels à occire et, surtout, la création et la mise au point de la guillotine. Ils étaient de grands professionnels, soucieux du travail bien fait, mais, allez savoir pourquoi, ils faisaient peur aux braves gens. On allait jusqu'à poser leur pain à l'écart, sur l'étal du boulanger. Pour le reconnaître, il était retourné, sole en l'air ; depuis, c'est une superstition de dire "cela porte malheur" quand on s'avise de poser le pain à l'envers, mais bien peu connaissent l'origine de ce geste de recul.

   Notre saint breton est la victime innocente de ces aléas. Son prénom est tellement discrédité qu'il ne se trouve plus grand-monde pour en affubler ses marmots. Seuls, quelques catcheurs et lutteurs de foire choisissent de s'appeler Samson, dans l'intention manifeste de faire peur.

   S'il vient, un jour, à se créer une association de handicapés patronymiques, ses fondateurs pourront la placer sous le patronage de Saint Samson.

Par Tipanda - Publié dans : C'est votre jour.
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Mercredi 27 juillet 2011 3 27 /07 /Juil /2011 09:04

Depuis Gilbert Bécaud, Nathalie est slave. Pour une Andalouse, avouez que c'est un destin curieux.

A l'origine, Sainte Nathalie, fêtée le 27 juillet, est décapitée à Cordoue en 852, sous le régime du calife Abd er-Raman II, avec son mari Aurélio.

La sainteté ne tient pas en place.

Nous souhaitons à toutes les Nathalie de garder la tête sur les épaules et de faire de beaux voyages.

Que nos baisers les accompagnent.

Par Tipanda - Publié dans : C'est votre jour.
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Dimanche 17 juillet 2011 7 17 /07 /Juil /2011 14:44

   L'actualité prend difficilement son rythme de vacances. Les sujets graves, voire tragiques, s'accrochent ; ils n'entendent pas céder la place au tube de l'été et au best-seller des plages.

 

   Difficile, néanmoins, de renoncer aux habitudes et, parmi elles aux marronniers, ces sujets qui reviennent dans les médias avec une régularité de métronome, comme s'ils figuraient au calendrier. Après les résultats du bac, les départs en vacances avec les encombrements dans les transports et leurs usagers s'auto proclamant "pris en otage", voilà revenu le 14 juillet, ses feux d'artifice et ses ...contestataires.
   Il y a les allergiques aux cérémonies de masse, Georges Brassens en fut le porte-parole avec sa "Mauvaise Réputation" :
"Le jour du 14 juillet
Je reste dans mon lit douillet,
La musique qui marche au pas,
Cela ne me regarde pas"
   Il existe aussi des réformateurs ; depuis qu'on défile, à chaque nouvelle édition, émergent des projets de transformation. A quelques variantes près, ils reprennent le même principe : la nation ne repose pas d'abord sur une armée, il faut mettre à l'honneur d'autres vertus pacifiques.

  Pour faire bonne mesure, les mêmes innovateurs proposent des modifications aux paroles de La Marseillaise.  Des auteurs aussi anarchistes que Lamartine ou Victor Hugo avaient, en leur temps, proposé de quoi remplacer le "sang impur" qui "abreuve nos sillons". Cette contestation est tellement ancienne qu'elle en est devenue un marronnier auquel plus personne ne prête attention.


  Personne ... Ce serait oublier un peu vite l'existence des nationalistes.

Est-ce utile de le rappeler ? Le nationalisme est au patriotisme ce que la musique militaire est à la musique.

Le patriotisme, c'est aimer sa patrie, le nationalisme c'est détester celle des autres.

Ils se sont un jour emparés du mot "nation" et, comme s'ils en avaient pris le brevet, ils s'insurgent avec la dernière énergie contre tous ceux qui prétendent en donner une autre définition que la leur.
Quand Eva Joly a évoqué, sans malice, son aspiration à une célébration plus pacifique de la patrie, il était prévisible que le F-Haine et autres nostalgiques des guerres coloniales allaient s'indigner (l'indignation n'est pas une garantie de démocratie). Ils n'attendaient qu'une occasion de protester contre la candidature d'une binationale à la Présidence de la République (FN, Tea-parties : même combat),il fallait bien s'attendre à ce qu'ils reprennent la balle au bond. Leur réaction n'étonne personne.
   Il est plus inquiétant de constater que la contamination nationaliste s'étend chez des hommes politiques qui se prétendent républicains, surtout quand ils occupent les plus hautes fonctions de l'Etat. Le premier ministre, ses séides ou disciples partagent le discours de Marine.
   Veulent-ils nous habituer à ce que la Droite Populaire nous prépare avec application : une alliance droite - extrême-droite pour vaincre la gauche à la présidentielle ?


   Qui l'eût cru ? S'en prendre à un marronnier peut encore réserver des coups ... ou des marrons.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 01:19

  Ils passaient pour des bobos ingérables. Les politologues sérieux se complaisaient dans le dénigrement des verts ... qui prenaient un malin plaisir à leur donner raison.
De la vie démocratique, ils cultivent les louables exigences et les travers qui vont avec. Suivant une vieille boutade, "à deux, ils forment un parti, à trois, ils scissionnent".
    On les trouve sympathiques mais pas sérieux, inaptes à assumer de lourdes responsabilités gouvernementales.
     Tous les commentateurs attendaient la catastrophe à l'occasion de leurs primaires et c'est la bonne surprise.
Eva Joly, les hommes politiques sont quelques uns à en garder un souvenir cuisant. Quand elle était juge d'instruction, elle ne se laissait intimider ni par les riches ni par les puissants.
Son programme ne plaira pas à tous ; elle a très peu de chances d'être élue. Peu importe, son mérite est ailleurs. Elle ose aborder les préoccupations morales dont se moquent la plupart des politiques.
Son premier discours de candidate est une grande bouffée de fraîcheur républicaine. Prévoyant les remarques acerbes  que son accent lui attirera, elle s'est déclarée "Française par amour de la France". On entend rarement de telles déclarations d'amour chez les habituels propagandistes de la nation. 
     A l'heure où les grands partis semblent rivaliser d'efforts pour décourager l'électeur, on aime se dire que les verts ont sauvé la morale. Ils ne se sont pas laissés tenter par une caravane publicitaire et lui ont préféré une juge intraitable.


Faisons un rêve : que leur exemple se communique aux autres familles politiques.
Ce n'est qu'un rêve...

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Dimanche 10 juillet 2011 7 10 /07 /Juil /2011 11:38

     La moitié de l'humanité serait-elle composée de dangereux détraqués ?
Les ligues de vertu, si bien ridiculisées naguère par John Ford, ne sont pas mortes ; elles bougent encore. Leur cible favorite, comme toujours : les hommes.


    Il aurait fallu se méfier, dans les années 90, quand a commencé la chasse aux pédophiles supposés.

De quelques cas avérés, le soupçon s'est étendu ; la plus élémentaire prudence interdit  de se trouver seul avec un enfant. Nombre de volontaires,  prêts à offrir du soutien scolaire ou entraîner des sportifs, y ont sagement renoncé. Malgré quelques désastres judiciaires, la sacro-sainte "parole de l'enfant" est toujours tenue pour vraie. Les marmots ont libre accès à toutes les images et tous les récits ; leur imagination y découvre des ressources imprévues. Du rêve à la réalité, quand on n'a pas dix ans, la frontière est floue, les enfants fabulent et les adultes les croient. Ceux qui seraient tentés de mettre leurs billevesées en doute sont immédiatement réduits au silence par la troupe des crédules et des bien-pensants.

    La protection de l'enfance est un excellent prétexte ; les ligues de vertu la mettent en avant comme un pied dans une porte ouverte pour empêcher de la refermer. En réalité, comme autrefois, leur idée fixe, c'est le sexe des autres ; elle sont bien décidées à lui rendre la vie difficile.

Elles se sont rebaptisées "féministes" ; c'est un replâtrage de surface (1968 est passé par là) mais leur obsession n'a pas changé : vendre chèrement leur peau, surtout celle des autres.

    Le corps des femmes serait une sorte de gâteau irrésistible et les hommes, des gourmands prêts à se jeter dessus pour le dévorer.

Il y a peu, c'était une forme de galanterie de complimenter une femme ; ne pas lui jeter un coup d'oeil aurait passé pour de la goujaterie.

   Aujourd'hui, plus question ! Ces messieurs doivent garder leurs distances sous peine d'être accusés de tous les vices. Des femmes démodées s'obstinent à apprécier le marivaudage ; il vaut mieux qu'elles y renoncent, le danger est trop grand pour qu'un homme ose encore s'y risquer. Terrifié à la perspective d'un contact mal interprété, l'homme qui n'osait déjà plus rester seul avec un enfant, refuse aussi le tête à tête avec une femme.
     Dans le monde du travail, la conséquence ne s'est pas fait attendre, on travaille avec les portes ouvertes ou, horreur, en "open space". Disposer d'un bureau séparé est désormais le privilège des fonctions soumises au secret professionnel. Les autres n'ont plus qu'à méditer la sentence sartrienne : "L'enfer, c'est les autres".


        Champagne ! Les patrons exultent. Depuis de temps qu'ils cherchaient un moyen de surveiller l'utilisation d'Internet par le personnel, c'est le rêve enfin à leur portée.  Fliquez-vous les uns les autres !


     Féministes à la petite cervelle, vos collègues vous remercient ; vous aurez au moins démontré que l'enfer est pavé de bonnes intentions.

Par Tipanda - Publié dans : humeur
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