l'air du temps

Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /Juil /2009 10:07
   C'était attendu et, comme prévu, nous n'y avons pas échappé.
Jusqu'à plus soif, nous avons ingurgité le quarantième anniversaire du' "petit pas qui était un grand pas pour l'humanité".
Forcément, nous avons eu droit aux mêmes documents chez tout le monde et toujours la même sensation : ils en ont eu du culot !
A l'époque, nous avons tous eu peur qu'ils n'en reviennent pas. Même les grincheux qui trouvaient la dépense inutile et les anti-américains (toujours sur la brèche, ceux-là), tout le monde a poussé un soupir de soulagement à leur retour. Il a même fallu quelque-temps aux conspirationnistes pour activer leurs mensonges ridicules. Étrangement, on les entend plus aujourd'hui qu'à l'époque.
Ensuite, quand les héros ont retrouvé le plancher des vaches, nous avons participé aux inquiétudes pour leur santé : les effets de l'apesanteur et des rayonnements cosmiques ... Personne ne semblait craindre ce qui, en fin de compte, a été leur pire épreuve :  comment redevenir un humain ordinaire après avoir été regardé comme un héros ?
Ces surhommes, pour être sélectionnés, avaient passé triomphalement tous les tests physiques et psychiques ; ils ont révélé des fragilités de stars pipoles quand il a été question de gérer les affres de la notoriété. Il y a eu de la dépression et même de l'alcoolisme.
On s'en trouve plein d'excuses à l'endroit de nos petits travers. Puisque même les héros ne sont pas à l'abri, de pauvres faibles cervelles comme les nôtres ont bien le droit d'être imparfaites ou fatiguées.

Il n'empêche, quand j'étais gamine parents et professeurs n'arrêtaient pas de me secouer ; il paraît que j'étais dans la lune...
Au lieu d'en être mortifiée, j'aurais dû m'en glorifier.
De tout il faut garder la meilleure part.
Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 00:00
     Ils étaient comoriens. Ils avaient émigré en France mais restaient attachés au pays de leur naissance.
Mais les Comores sont loin, dans l'Océan Indien. On s'y rend en avion en faisant escale à Sanaa.
A l'occasion de cette escale, on peut changer d'avion et, même, de compagnie.
Les voyageurs en partance pour la terre natale ont donc embarqué dans un avion yémenite.
L'appareil était en mauvais état comme la réputation commerciale de la compagnie, mais quand on n'a pas les moyens d'être difficile, on prend des risques.
A force de faire tourner la roulette russe, survient la catastrophe attendue. L'avion est tombé.
Tout le monde est mort à l'exception d'une adolescente qui a peut-être échappé à deux malheurs : la mort et un autre risque, en cette saison des mariages comoriens.
    Fatalité ? Impossible d'employer ce mot, le péril était trop évident.
    Y avait-il un moyen d'y échapper ? Il fallait prendre un autre avion d'une autre compagnie. Encore fallait-il avoir l'argent.
Voilà le mot-clé lâché. L'aéroport de Sanaa est peu important mais il y transite plusieurs compagnies et, pour aller aux Comores, les voyageurs qui ont les moyens embarquent sur les avions d'une compagnie kéniane plus sûre mais plus chère.
C'était donc le scénario d'une mauvaise pièce mal jouée par de mauvais comédiens. La fin était connue d'avance, le suspens inexistant ou presque mais on a laissé le drame se dérouler. Personne ne s'est cru habilité à stopper la mascarade.

Dormez-vous bien, vous, les autorités ? Ce n'étaient que des pauvres, alors, évidemment ...
Votre conscience est élastique, comme le portefeuille des transporteurs.
     Tout de même, ils sont forts.
Faire accepter des conditions inacceptables à ceux qui en ont l'habitude, ce n'était malheureusement pas très difficile, mais faire décoller un équipage dans ces conditions-là ...

             Cette seule question représente un abîme de conjectures.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /Juil /2009 10:17
LeMonde.fr

 Selon une étude rendue publique, mercredi 1er juillet, par le Fonds de financement de la Couverture maladie universelle (CMU), un professionnel de santé sur quatre exerçant à Paris (25,5 %) refuse de soigner les patients les plus défavorisés.

      Le serment d'Hippocrate a doté les médecins de grandes responsabilités et du prestige assorti.
      Ils jouissent de la confiance du malade persuadé que son état de santé est le premier souci de son docteur.
      Las ! D'autres préoccupations viennent concurrencer Hippocrate : le sens des affaires et ce qu'en d'autres temps on appelait le standing.
       Un professionnel libéral, comme son nom l'indique, est rétribué par ses clients qui le rejoignent ou le quittent en fonction de la qualité du service.
La course au client solvable et consommateur de suppléments d'honoraires impose de lui plaire, ne pas l'obliger à fréquenter dans la même salle d'attente une clientèle peu décorative.

     Plaire aux riches passerait donc par le rejet des pauvres. Hippocrate est bien loin...

... jusqu'à la déclaration d'une vraie maladie grave.
Quand la survie est en jeu, le client redevenu patient oublie ses préventions contre le populaire. Le joli médecin de cour (on se croirait chez Molière !) perd tout à coup de son attrait au profit du CHU et de ses sommités. C'est moins glamour mais plus rassurant.

   C'est ainsi qu'
on résoud
une grave question éthique : en séparant le nécessaire du facultatif.
Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 20:31
Merci à l'OMS !
L'alerte passe au niveau 6.

Grâce à elle, une fortune se prépare à choir dans l'escarcelle des laboratoires pharmaceutiques.
Un programme de vaccination couvrant toute la terre contre une maladie nouvelle, donc sans vaccin ... c'est un rêve !
Les éternuements couverts par le bruit du tiroir-caisse ; quelle douce musique !

Laissons parler les rabat-joie.
- La grippe porcine, à ce jour, n'a pas fait plus de victimes qu'une vulgaire grippe saisonnière.
Peut-être, mais ... elle pourrait en faire. Par bonheur, les industriels du médicament répondent "présents !" pour faire respecter le principe de précaution
 
- Ce principe est à géométrie variable, on ne l'applique que là où c'est facile.
Heureusement ! Comment ferait-on pour le mettre en oeuvre là où il n'y a pas d'argent ?

- Il existe des affections plus graves et endémiques qui attendent toujours un vaccin.
Vous parlez probablement de maladies tropicales, des épidémies pour fauchés, mais comment les voyez vous se payer des vaccins ?

- On pourrait leur en donner ; en se protégeant, ils nous éviteront la contagion ...
Il ne faut pas confondre industrie et charité... Si vos dames patronnesses et autres clubs-services n'ont aucun sens de l'entreprise, ils peuvent se mettre à la recherche de donateurs, mais leur première trouvaille sera la contrefaçon.

Nos grands philantropes de la pharmacie sont mobilisés pour le respect de la propriété industrielle : garder le marché à l'abri des génériques et des faussaires.
Ils doivent agir très vite. Le temps joue contre eux.
Il faut ramasser la mise quand il est encore temps.
Même bien saturé de publicité, le patient ordinaire va découvrir le pot aux roses :
porcine ou pas, la grippe est la grippe... et, par chance, la majorité des bien-portants continuera à se bien porter.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /Juin /2009 09:56
     Les pas-tout-jeunes se rappellent probablement le rôle tenu par une certaine affaire de diamants dans le destin de la présidence Giscard.
    Comme, à la fin, ce fut l'élection présidentielle de 1981 remportée par François Mitterrand, beaucoup ont pensé que c'était la gauche qui avait fait mousser l'affaire pour déstabiliser le président.
Évidemment, les socialistes n'étaient pas les seuls à faire leurs choux gras de ce caillou dans la chaussure de Giscard ; la suite des événements a montré que les adeptes d'une candidature Chirac y trouvaient aussi leur avantage.

      L'histoire a suivi son cours et les diamants de Bokassa ont été oubliés ... par beaucoup mais pas par les acteurs du scandale ; la vengeance étant un plat qui se mange froid, la victime et ses amis sont restés à l'affût d'une occasion.
       Elle est arrivée : Omar Bongo est mort.
Les nostalgiques peuvent tirer leur mouchoir, c'est une grande figure de la françafrique qui disparaît et, pour beaucoup, c'est le souhait de voir la françafrique, elle-même, finir avec lui.
Alors, VLAM ! Giscard rappelle les valises de billets consacrées par Bongo à payer la campagne de son ami Chirac.
       C'est donc le coup de pied de l'âne dans une ambiance de règlement de comptes et de république bananière.
Voilà au moins du lourd, du costaud. A côté, Bayrou et Cohn-Bendit font petits joueurs.
       On apprécie et on s'amuse ... jusqu'au moment, qui arrive très vite, où on se rappelle que c'est le peuple africain, la misère africaine qui paie leurs plaisanteries.
     
       Au théâtre, en général, c'est le public qui finance la pièce, pas le SDF qui tend la main à l'entrée. Il est vrai que, dans leur sac Tati, on aurait du mal à trouver des liasses. 
Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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