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Dimanche 10 juillet 2011 7 10 /07 /Juil /2011 11:38

     La moitié de l'humanité serait-elle composée de dangereux détraqués ?
Les ligues de vertu, si bien ridiculisées naguère par John Ford, ne sont pas mortes ; elles bougent encore. Leur cible favorite, comme toujours : les hommes.


    Il aurait fallu se méfier, dans les années 90, quand a commencé la chasse aux pédophiles supposés.

De quelques cas avérés, le soupçon s'est étendu ; la plus élémentaire prudence interdit  de se trouver seul avec un enfant. Nombre de volontaires,  prêts à offrir du soutien scolaire ou entraîner des sportifs, y ont sagement renoncé. Malgré quelques désastres judiciaires, la sacro-sainte "parole de l'enfant" est toujours tenue pour vraie. Les marmots ont libre accès à toutes les images et tous les récits ; leur imagination y découvre des ressources imprévues. Du rêve à la réalité, quand on n'a pas dix ans, la frontière est floue, les enfants fabulent et les adultes les croient. Ceux qui seraient tentés de mettre leurs billevesées en doute sont immédiatement réduits au silence par la troupe des crédules et des bien-pensants.

    La protection de l'enfance est un excellent prétexte ; les ligues de vertu la mettent en avant comme un pied dans une porte ouverte pour empêcher de la refermer. En réalité, comme autrefois, leur idée fixe, c'est le sexe des autres ; elle sont bien décidées à lui rendre la vie difficile.

Elles se sont rebaptisées "féministes" ; c'est un replâtrage de surface (1968 est passé par là) mais leur obsession n'a pas changé : vendre chèrement leur peau, surtout celle des autres.

    Le corps des femmes serait une sorte de gâteau irrésistible et les hommes, des gourmands prêts à se jeter dessus pour le dévorer.

Il y a peu, c'était une forme de galanterie de complimenter une femme ; ne pas lui jeter un coup d'oeil aurait passé pour de la goujaterie.

   Aujourd'hui, plus question ! Ces messieurs doivent garder leurs distances sous peine d'être accusés de tous les vices. Des femmes démodées s'obstinent à apprécier le marivaudage ; il vaut mieux qu'elles y renoncent, le danger est trop grand pour qu'un homme ose encore s'y risquer. Terrifié à la perspective d'un contact mal interprété, l'homme qui n'osait déjà plus rester seul avec un enfant, refuse aussi le tête à tête avec une femme.
     Dans le monde du travail, la conséquence ne s'est pas fait attendre, on travaille avec les portes ouvertes ou, horreur, en "open space". Disposer d'un bureau séparé est désormais le privilège des fonctions soumises au secret professionnel. Les autres n'ont plus qu'à méditer la sentence sartrienne : "L'enfer, c'est les autres".


        Champagne ! Les patrons exultent. Depuis de temps qu'ils cherchaient un moyen de surveiller l'utilisation d'Internet par le personnel, c'est le rêve enfin à leur portée.  Fliquez-vous les uns les autres !


     Féministes à la petite cervelle, vos collègues vous remercient ; vous aurez au moins démontré que l'enfer est pavé de bonnes intentions.

Par Tipanda - Publié dans : humeur
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Dimanche 26 juin 2011 7 26 /06 /Juin /2011 10:45

 

Aux dernières nouvelles,

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, les deux journalistes retenus en otages depuis 18 mois en Afghanistan, ont été libérés, selon Alexandre Jalbert de Reporters sans frontières (RSF). Les deux hommes devraient être de retour en France prochainement.

 
 

 Ne faisons pas la fine bouche. Une bonne nouvelle reste un plaisir trop rare.

Nous serions même carrément ravis si d'autres otages n'étaient encore séquestrés loin des leurs.

Il y a les oubliés, ceux qui n'ont pas eu l'honneur d'être médiatisés. Allez savoir quelle roulette infâme rend votre malheur célèbre.

Et puis Guilad Shalit. C'est le plus ancien otage français.

Être le plus ancien quand on a 24 ans !

5 ans volés à sa vie, les folies qu'il n'a pas faites, les amours qu'il n'a pas connues, le prétendu plus bel âge de la vie perdu aux mains de fous sanguinaires... ce Français a commis un crime, à leurs yeux, impardonnable : être aussi israélien.

 

  Tous les binationaux ne méritent pas les mêmes égards.

        Les donneurs de leçons, nous les avons beaucoup entendus, récemment, pleurnicher ou s'indigner (encore) à propos du sort fait à quelques binationaux du foot. L'affaire a duré ce que durent les rosses, le temps du coup de pied de l'âne et chacun a repris sa course effrénée au pognon.

   On ne les entend plus, on serait même effrayé par le silence de ces espaces infinis (comme disait le poète), alors que notre compatriote Guilad Shalit se morfond depuis 5 ans dans les griffes du Hamas.

Faut-il en déduire que la binationalité est à géométrie variable ?

   La mairie de Paris a sauvé l'honneur en déroulant son portrait sur la façade de l'Hôtel de Ville mais on attend impatiemment que toutes les bonnes âmes, habituellement si réactives, secouent leur amnésie sélective pour se rappeler que Guilad n'est pas le prisonnier d'un état de droit qui garantirait ... ses droits.

C'est un Français otage et la France a le devoir de s'en occuper.

 

Par Tipanda - Publié dans : humeur
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Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 16:02

    "Pour vivre heureux, vivons cachés." La vie publique est truffée de chausse-trappes enrobées d'hypocrisie.


Dans le marigot puant des gens connus, qui aura le culot de reconnaître son intense satisfaction aux ennuis de DSK ?
Pour le moment, personne. Ils ont d'autres urgences : placer leurs pions sur l'échiquier en prévision de la suite.

   Il y a les populistes, les imprécateurs du "tous pourris". A n'en pas douter, ils se frottent le mains. Ils ne s'embarrassent pas de précautions oratoires et la gêne des prudents leur ouvre un boulevard.
Après tant d'attaques méthodiquement orchestrées, ils n'ont plus que le coup de pied de l'âne à asséner.
Ils ont flatté la croupe des nostalgiques du pétainisme ; à les entendre, un Strauss Kahn n'avait rien à voir avec la terre dont le Maréchal affirmait qu'elle ne ment pas.
C'est avec la plus extrême prudence qu'on doit invoquer les références historiques ; c'est en "marchant sur des oeufs" qu'il faut bien se remémorer l'affaire Dreyfus. La détestation des juifs s'est déjà manifestée autour de Polanski ; on la retrouve contre DSK comme elle s'était épanouie contre Dreyfus. Les ennemis les plus acharnés de DSK sont les animateurs d'officines antisionistes et antisémites, des associations auto-proclamées pro-palestiniennes, et propagandistes habituelles des islamistes de Gaza. Ils ont déchaîné leur artillerie contre ses défenseurs, tout particulièrement BHL, Robert Badinter ou Jean-François Kahn. Bizarre ... vous avez dit: bizarre....
Craignant les retours de flamme d'un incendie mal maîtrisé, ils ont créé l'idée d'un semblant d'équité en lâchant un Tron. Ce dernier a dû être bien surpris de se découvrir un tel accès à la célébrité. Il n'en demandait sans doute pas autant mais, pétard mouillé contre feu nucléaire, l'équilibre n'y est pas.
Les prudents affichés font des ronds de jambe en tortillant du popotin, faussement moralisateurs. Tous rêvent de condamnation mais ils n'ont jamais autant parlé de la présomption d'innocence. Pour bien montrer à quel point c'est à contre-coeur qu'ils s'y résignent, ils essaient de trouver un équivalent à revendiquer pour l'accusatrice. Mais la présomption d'innocence, désolée, c'est une garantie pour l'accusé ; les dénonciateurs n'en ont pas besoin. 
   Il y a les concurrents à la dite "primaire socialiste". Même les chevaux de retour, les habitués du coup de pied au cul, se reprennent à y croire et se partagent des dépouilles qui ne leur appartiennent pas. Il sera bien difficile de contenir décemment l'impatience.
Pour rafraîchir leur enthousiasme, il reste la réalité : aucun n'est capable de rassembler au delà de ses amis. Au bout de leur émergence fugace, c'est le triomphe assuré de l'adversaire. Ne s'improvise pas sauveur qui se contente de rêver d'avenir. On a déjà connu ...

   Puis, ils devraient se rappeler que c'est aussi le vote ouvrier qui fait élire un chef de droite, simple question d'arithmétique. Cet ouvrier français ne perd pas ses vieilles habitudes devant la fortune des riches. Au lieu de se demander "Comment faire pour en avoir autant ?", il cherche le meilleur moyen de les ruiner ; son idéal est l'égalité par la réquisition. Pour caresser dans le sens du poil l'adversaire des signes extérieurs de richesse, ils ont chauffé à blanc l'épisode bien anodin de la porsche... comme si, quand un ami, propriètaire d'une grosse voiture, proposait de vous déposer, vous refusiez et appeliez un taxi ou preniez le métro. Ridicule, n'est-ce pas ? Mais le coup tordu a marché. Ils en sont encore tout ébahis.
Comme dans toute réunion de chasseurs, n'en doutons pas, ils ont fait sauter les bouchons de champagne.

     En attendant, le présumé innocent traité en coupable aura peut-être reçu le secours de la raison. si les  alarmés s'avisent de réfléchir.
   C'est un homme très riche, on nous l'a dit et répété. S'il avait éprouvé le besoin urgent d'un service sexuel, un simple coup de fil aurait suffi pour se faire livrer instantanément une escort-girl de haut vol, munie de toutes les compétences attendues et d'une discrétion aussi professionnelle que tarifée. Qui peut croire une seconde qu'il ait été réduit à violer des femmes de chambre ?
    Prudente, la "victime" n'accuse d'ailleurs pas de viol mais de "tentative de viol". L'ADN, sous forme de traces de sperme, aurait parlé. Le public est prié de se contenter de rumeurs ; en supposant qu'elles soient exactes, la biologie ne dit rien des intentions. Pour qu'un acte sexuel soit qualifié de viol, il faut qu'il n'ait pas été consenti. Aucun élément de preuve dans un sens ou dans l'autre, c'est parole contre parole.
L'accusation perd de sa consistance et les défenseurs de DSK peuvent avancer d'autres hypothèses, poser d'autres questions.
Dans ces grands hôtels où les employés sont parfois éloignés de la réception, à la manière des personnes âgées abonnées à un service de télé-alarme, le personnel d'étage est équipé d'un bip qui lui permet d'appeler à l'aide. Pourquoi ce bip n'a-t'il pas été utilisé ?
On s'est beaucoup intéressé à l'emploi du temps de DSK entre leur "entrevue" et son arrestation, beaucoup moins à celui de la "victime". A supposer qu'elle n'ait pas songé, elle même, à tirer profit de l'aventure ,elle a pu rencontrer des gens capables de lui en démontrer les avantages. Plus qu'un super-pourboire, c'est le gros lot du loto.
   Logiquement, la baudruche a toutes les chances de se dégonfler mais ses concepteurs sont déjà arrivés à leurs fins : ils ont éliminé la carte la plus sérieuse en vue de la présidentielle.
Un an, ce n'est rien dans le temps de la justice. Les sycophantes n'ont pas négligé cet élément, même s'il est innocenté, il a passé son tour.
Enfin, comme disait Figaro, "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque-chose"... un petit clapot dans la vase du marigot peut submerger les plus brillants projets.


   De l'extême-droite à l'ultra-gauche, que les minables pataugent allègrement dans leur médiocrité. C'est l'intelligence qui a perdu une bonne occasion de se manifester.

Par Tipanda - Publié dans : humeur
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Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 17:14

   Il fait sec, trop. Comme en 1976 ou en 2003, les zones les plus touchées par l'aridité sont au Nord et à l'Ouest. Ces régions réputées pour leur humidité se changent en déserts. Sommes-nous confrontés à un événement exceptionnel ? Pas vraiment, climat tempéré ne veut pas dire climat régulier, la modération réside dans la moyenne des températures et des précipitations, ce qui n'élimine pas les exceptions.
    Les exceptions, précisément, on les néglige. La constitution de réserves quand il pleut est le cadet des soucis de l'Equipement du territoire,  et c'est la panique quand l'eau vient à manquer. Malgré l'épée de damoclès de la sécheresse, rien n'est prévu ; un exemple est bien connu, celui de la culture du maïs, gros buveur à la saison estivale quand il pleut le moins. Le regard se fait moins détaché quand, au long des routes, il croise des prés desséchés avec un bétail affamé qui attend l'abattoir en jeunant ; on n'aime pas voir souffrir les bêtes mais le réchauffement climatique est vécu comme un coup du sort auquel on ne peut rien.


   Les imprévoyants et les fatalistes commencent à réagir quand ils ont peur et voilà un bon motif de trouille : plus assez d'eau dans la Vienne pour refroidir la centrale nucléaire de Civaux. Si elle fonctionne sans refroidissement, c'est le cataclysme assuré ( Tchernobyl, Fukushima etc.) Pour ne pas en arriver là, on arrête des tranches et EDF pleurniche sur les investissements qui ne s'amortissent pas. Dans tous les cas, la légende de l'indépendance garantie par le nucléaire en prend un coup.

   C'est alors que surgit un rire de triomphe mauvais : le "C'est bien fait !" des amoureux du site.


  Quand la centrale a été édifiée, ils ont protesté dans le désert. Ils étaient, pour quelques-uns, des opposants au nucléaire mais, parmi eux, se trouvaient aussi des passionnés d'histoire et d'archéologie qui voulaient seulement que ne soit pas défiguré à jamais un site que les historiens du monde entier connaissent mieux que les Français.
Les bords de Vienne ne sont pas un must du tourisme, le Haut Moyen-Âge est encore mal connu et les bâtisseurs de centrales nucléaires n'avaient aucun intérêt à le promouvoir, mais Civaux est aux mérovingiens ce que les pyramides sont à l'Egypte ancienne, une nécropole de pierre.


   En rupture avec les Romains qui incinéraient leurs morts, les Francs mérovingiens les inhumaient. Dans nombre de régions, dont Civaux, pour la fabrication des cercueils, ils n'utilisaient pas le bois trop périssable ; ils creusaient des sarcophages de pierre. On pense que, le temps ayant fait son oeuvre et rendu les corps à la poussière des Ecritures, les cercueils de pierre étaient parfois réutilisés de génération en génération mais les personnages assez riches pour se payer les services d'un tailleur de pierre, les "cendres de conséquence", disposaient d'un sarcophage personnel, à usage unique, destiné à défier le temps. Plus solides que les maisons de bois des vivants, les dernières demeures creusées dans le roc ont duré, faisant de la nécropole de Civaux un champ de tombes indestructibles... à tel point qu'au XVIème siècle, les habitants du coin qui avaient perdu le souvenir des temps mérovingiens en ont eu assez, chaque fois qu'ils voulaient enterrer un des leurs, de se heurter à des blocs de pierre.
   Des fossoyeurs modernes auraient probablement décidé de déplacer le cimetière, mais nos ancêtres, attachés à la terre sacrée de leurs morts, ont entrepris et mené à bien l'exhumation des sarcophages. Avec les outils de l'époque, c'était un labeur de forçat et, les vestiges déterrés, qu'en faire ?
Ces pierres issues de la terre sacrée du cimetière ne pouvaient paver les cours et les chemins ; même si personne n'avait le souvenir de leurs occupants, un fond de respect s'y attachait. Il fut décidé d'en faire les gardiens du lieu, un mur de tombes anciennes pour entourer les morts récents. Deuxième étape d'un travail de titan, les cercueils de pierre furent dressés à la verticale, tête-bêche pour qu'ils s'équilibrent en tirant parti de leur forme trapézoïdale. Le tout forma un mur impressionnant autour du cimetière.


   A la fin du vingtième siècle, le site restait le même. Par chance, la région ne se trouve pas sur un couloir d'invasion, les ravages des guerres y furent peu nombreux et les destructeurs industriels n'accordèrent que peu d'intérêt à cette campagne immobile. De temps en temps, le village recevait quelques visiteurs tranquilles et respectueux, des archéologues et des historiens spécialistes des mérovingiens, pas de quoi troubler sa sérénité. On en vient à le regretter, à se dire qu'une fréquentation moins confidentielle aurait permis de défendre ces vestiges d'exception mieux que la passion discrète d'érudits. Mais qui aurait prévu l'implantation d'une centrale nucléaire à cet endroit précis ?


   Avisez vous de protester ; on vous rétorquera qu'il n'a pas été touché à une seule tombe, que la centrale se trouve à côté. Mais à qui viendrait l'idée saugrenue de bâtir une usine dans la perspective des pyramides ?
N'en doutez pas, l'auteur d'un si brillant projet aurait immédiatement à subir les foudres des états et de l'UNESCO. Il est vrai que les puissants de ce monde prennent leurs vacances plus souvent au bord du Nil que de la Vienne.  
   Il aurait pourtant fallu se méfier des initiatives saugrenues du ramassis d'illettrés qui président aux destinées collectives. Sans le moindre scrupule, ils ont piétiné le souvenir des Mérovingiens au nom de la dite "utilité publique". En vertu de cette même utilité, la centrale devait se construire à Civaux pour que la rivière puisse assurer le refroidissement du coeur nucléaire.


Tout ça pour ça ...!  On mesure tout ce que "rire jaune" veut dire.



 

Par Tipanda - Publié dans : humeur
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Samedi 7 mai 2011 6 07 /05 /Mai /2011 00:52

     En ces temps médiatiques, l'important n'est pas ce qu'on fait ou ce qu'on dit. L'important est de le dire où il faut et au bon moment.

     Feu Jean-Paul II (alias Jean Polski) en était un spécialiste. Fer de lance de la bondieuserie polonaise, il avait réussi à s'attribuer un mérite disproportionné dans la chute du rideau de fer, à tirer la couverture à lui comme si les autres dissidences avaient compté pour rien. Il avait si bien endossé le costume de champion des libertés qu'il avait pu, sans rire ni sourciller, condamner la théologie de la libération et l'émancipation de la femme.

     Ce grand génie de la publicité a fini par mourir comme tout vulgaire mortel. Inconcevable de laisser dépérir un tel capital ; après sa mort, une publicité bien entretenue doit profiter à son église qui en a bien besoin. Il faut donc en faire un saint, c'est la carrière normale d'un héros de la religion.
    Traditionnellement, la canonisation s'accomplit en suivant un processus lent et long qui ne fait pas les affaires des publicitaires du Vatican. A quoi servirait un saint que tout le monde aurait oublié ?

    On prête une oreille et des micros favorables aux bigotes qui proclament "santo subito!" et on bouscule un peu le rythme imposé. On ne va pas jusqu'à brûler les étapes, pour respecter la procédure, il faut passer par le stade "bienheureux" ; il faut seulement béatifier au plus vite.

    Ce point étant acquis, reste à dénicher un miracle. En effet, comme à l'époque des rois thaumaturges, on juge de la sainteté d'une âme à son aptitude à provoquer du merveilleux. Entre effet placebo et rémission spontanée, la guérison des incurables est une valeur sûre dans le miraculeux. Pour éviter la gaffe chez un miraculé pris par le doute, il faut confier le rôle à un croyant convaincu. Merveille ! On a en réserve la candidate idéale, une religieuse convaincue à l'avance des pouvoirs du pape défunt. La soeur qui souffre de la maladie de parkinson appelle à la rescousse son héros qui n'est pas encore saint ni bienheureux (est-ce bien catholique ?) Hop ! Ni une ni deux, "Lève-toi et marche", la malade retrouve ses jambes et crie au miracle, suivie par la foule des croyants. Les esprits chagrins auront beau ricaner, émettre des doutes (les maladies neurologiques sont coutumières des évolutions erratiques), l'Eglise tient sa miraculée ; on béatifie Jean-Paul.

      Pour montrer qu'on a de la suite dans les marottes, la cérémonie se tiendra le 1er mai (le goupillon avant le drapeau rouge). Tout est prévu, la béatification doit créer l'événement.

      Certes, deux jours avant, à la cour d'Angleterre, il y a le mariage du siècle. La mariée est magnifique, beaucoup plus belle que la miraculée mais la béatification aura son public de dévotes et les papistes se feront un plaisir de couper court au succès des anglicans impies.
      Les communicants du Vatican prévoyaient d'occuper la scène médiatique plusieurs jours.


Et patatras !
     Encore un sale tour de la concurrence, Ben Laden se fait prendre et trucider. A son corps défendant, certes, mais depuis le temps qu'il faisait lanterner la terre entière, il a fallu qu'il tombe juste à ce moment, à croire que c'était fait exprès pour casser le coup médiatique du Jean-Paul.
     Pour venger l'affront, pour faire parler les médias du monde entier, les cerveaux du vatican ont du pain sur la planche. Il leur faut trouver un miracle capable de faire parler plus fort que le célèbre barbu

     Faites chauffer les méninges. C'est pas gagné d'avance.

Par Tipanda - Publié dans : humeur
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