histoire

Mercredi 21 mai 2008 3 21 /05 /2008 09:45

Une petite nouvelle pêchée dans la presse israélienne :

Demaniuk expulsé des Etats Unis.
Soupçonné avoir été "Yvan le terrible" ayant sévi dans le camp de concentration de Treblinka, il avait été jugé en 1987 en Israel, et d'abord condamné puis relâché en appel, faute de preuves suffisantes. En 2002, il avait perdu sa nationalité américaine, après qu'un tribunal ait établi qu'il avait servi de gardien dans trois camps différents en Pologne et en Allemagne, durant la Seconde guerre mondiale. Selon le jugement définitif de la Cour suprême des Etats-unis prononcé lundi, Demaniuk, âgé de 88 ans, sera expulsé vers l'Ukraine, son pays natal.

Il n'a pas de bile à se faire, l'ancien hiwi même pas repenti, l'antisémitisme est toujours florissant en Ukraine. Non seulement, il ne sera pas inquiété mais il peut être certain que ses vieux jours seront protégés.
Son principal argument a toujours été l'absence de témoins directs, de survivants le reconnaissant formellement. De qui se moque-t'on ?
Pour mémoire, Treblinka n'était pas un camp de concentration mais un centre d'extermination voué, en particulier, à la liquidation du ghetto de Varsovie.
S'étonner qu'il n'y ait pas de survivants pour en témoigner, c'est comme exiger qu'une éventrée vienne reconnaître Jack l'éventreur.
Dans cette affaire, la justice israélienne a prouvé qu'elle était démocratique, elle a garanti les droits de l'accusé ... mais la mémoire souffre.

Par Jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Samedi 13 décembre 2008 6 13 /12 /2008 00:28
    C'est la crise économique, elle domine toutes les conversations et la même référence revient comme une obsession : la crise de 29.
Pourquoi nous a-t'elle marqués à ce point ?
C'était une dépression mondiale. Il apparaît de plus en plus que nous y allons tout droit ; peut-être même, y sommes-nous déjà.
Un autre souvenir plein d'enseignements : la manière dont le monde s'en est sorti.
Les états du vieux continents se sont frileusement refermés, chacun dans sa coquille ; ils ont cherché des coupables à l'intérieur et hors des frontières, suscitant fascisme et nazisme pour aboutir à la guerre.
Les Etats-Unis, n'en déplaise à ceux qui ne les aiment pas, ont trouvé la bonne sortie de crise grâce à un homme véritablement providentiel, le président Franklin D. Roosevelt et son New Deal... et, quelque-part, au fond des croyants, il règne l'attente qu'Obama soit un nouveau Roosevelt. 
      Mais c'était sans compter avec les vielles haines recuites de l'anti-américanisme primaire. On ne pouvait pas admettre la réussite de Franklin D. Roosevelt, on lui a donc trouvé un vice rédhibitoire. On lui a fait porter la responsabilité de l'insatisfaction liée aux accords de Yalta.
Résumons, à Yalta ils étaient trois vainqueurs à configurer le monde de l'après-guerre. Il y avait Churchill et Roosevelt, alliés mais pas nécessairement d'accord sur tout, en face de Staline seul capable d'imposer sa volonté à l'Est. L'Ouest, si on veut rester cohérent et réaliste, n'avait pas d'autre choix que de laisser les coudées franches à Staline. Il était vainqueur et sa victoire à l'Est était la condition indispensable de la victoire des Alliés à l'Ouest. Il n'y aurait jamais eu de débarquement en Normandie et  de refoulement des Allemands dans leurs frontières si une bonne moitié des armées du Reich n'avait été arrêtée puis écrasée à Stalingrad et Koursk. Un allié objectif qui s'est avéré nécessaire, même si on ne l'aime pas, c'est difficile de l'empêcher de tirer profit de sa victoire.
        Néanmoins, ce réalisme on ne le tolère pas chez le personnage le plus puissant du monde. Roosevelt et Churchill ont eu la même attitude à Yalta mais c'est à Roosevelt qu'on a fait porter la responsabilité de la "mollesse" des négociateurs occidentaux.
     Il y a toujours, spécialement chez les Français, ce vieil anti-américanisme qui ne date pas des frasques de "dobeliou", comme si le souvenir embelli de Lafayette créait un droit à la déférence et à la reconnaissance éternelle. Comme, par dessus le marché, cet anti-américanisme est volontiers faux-cul, il a fallu trouver une justification à la défiance, et ... on a trouvé.
On a mis en cause la santé de Roosevelt, il souffrait de troubles neurologiques, en fait une réactivation de polio. Son état de santé allait d'ailleurs s'aggraver, il est mort avant la fin de la guerre (c'est Truman, son successeur, qui terminera la guerre avec le Japon en essayant sa bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki).
 Mais s'il était gravement malade, son intelligence était intacte, au moins autant que celle de l'alcoolique Churchill.
Pourtant, toute la suspicion a été dirigée contre lui ; c'est que le terme neurologique faisait et fait toujours peur.
Encore aujourd'hui, il ne fait pas bon annoncer qu'on souffre d'une maladie du système nerveux. C'est risquer d'être regardé comme un mourant ou un aliéné ou les deux.
Rendre justice à Roosevelt, c'est un devoir historique mais c'est peut-être aussi rendre service à une foule de malades dont les mouvements sont devenus difficiles mais qui ont gardé toutes leurs facultés intellectuelles.
Ce devrait être une évidence mais, puisqu'il le faut, n'hésitons pas à le répéter.

Par Tipanda - Publié dans : histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /2009 10:30
    Dimanche 18 janvier, au programme de France 2, "La liste de Schindler".
N'en déplaise aux puristes, on ne dira jamais assez la place de ce film dans l'enseignement populaire de la Shoah et, surtout, dans la définition du terme de "Juste parmi les Nations".
Oskar Schindler était, au départ, tout le contraire d'un héros : c'était un profiteur de guerre, exploitant et exploiteur de la main d'oeuvre juive mise à sa disposition par les nazis. Au long d'un processus plus personnel que philosophique ou politique, sa conscience s'éveille et il finit par sauver plusieurs milliers de juifs en y laissant sa fortune, son ménage et tout ce qui avait compté pour lui avant la découverte d'une nécessité supérieure.
    Le film se termine comme un hommage à Israël, refuge des survivants. Avec, comme fond sonore, l'hymne à Jérusalem, les juifs sauvés par Schindler viennent lui rendre hommage sur sa tombe, en Israël.
Emotion garantie, tout le monde essuie une larme ou renifle discrètement.
On remarquera forcément le télescopage entre cette programmation et l'attitude généralement pro-palestinienne et anti-israélienne de France-télévision. Les hasards du calendrier sont parfois réjouissants.
Finie la récréation, on cesse de ricaner, c'est l'occasion de se pencher sur Israël et la Shoah.
ll faut dire et répéter que la Shoah n
'est pas à l'origine de l'état d'Israël. Les adversaires de sa création aiment le laisser croire mais c'est une histoire beaucoup plus ancienne.
Si on voulait rattacher la naissance d'Israël à un événement de l'histoire européenne, ce serait l'affaire Dreyfus
plutôt que la Shoah. Les juifs d'Europe avaient parié sur l'assimilation au monde des lumières et, dans les pays les plus prometteurs, comme la France, la réponse à leur désir d'ouverture a été le rejet, la discrimination, l'exclusion et la haine.
Dès lors, naquit et se renforça le sionisme, l'espoir et la volonté de fonder un état juif pour les juifs, un refuge et un endroit qu'ils pourraient organiser et diriger dans la liberté et le droit. Après des luttes héroïques racontées dans les livres d'histoire, l'état  d'Israël fut conquis, et non accordé, en 1948.
En même temps, le jeune état accueillait des groupes de plus en plus nombreux de survivants de l'extermination et devenait, en quelque sorte, l'épicentre de sa mémoire.
 C'est un élément fondamental mais ce n'est pas le seul. D'ailleurs, on apprend, à intervalles, que les rescapés de la Shoah ne sont pas traités comme ils le méritent par l'Etat Juif.
Israël est l'Etat de tous les Juifs, d'Europe mais aussi, d'Afrique du Nord, d'Asie et du monde entier, sans oublier les Sabras, Israéliens autochtones nés en Israël. Tous ont en commun le judaïsme mais pas la Shoah, la "destruction des juifs d'Europe", selon l'expression consacrée par Raul Hilberg.
  C'est une réalité qui échappe en grande partie aux étrangers. Les symboles les plus cités sont Yad Vashem et la Médaille des Justes ; la modernité israélienne, ses scientifiques passent souvent à l'arrière-plan.
De temps en temps, des ignorants hostiles rappellent, pour le déplorer, que l'armée israélienne est forte, qu'elle détient l'arme nucléaire et qu'Israel est l'allié indéfectible des Etats Unis. "Les amis de mes ennemis sont mes ennemis"  dit le proverbe, donc Israël est associé aux USA dans la détestation ordinaire.
Pourtant le Peuple de l'Etude est aussi un peuple de savants, d'artistes, d'entrepreneurs. Il crée au profit de tous.
Là se trouve la victoire finale de ceux qui n'ont même pas eu de sépulture.

Changeons les regards ; ce peuple veut vivre. Tout simplement.
Par Tipanda - Publié dans : histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Partager    
Vendredi 6 février 2009 5 06 /02 /2009 10:18
      Nous sommes le 6 février 2009, le lendemain du jeudi où Nicolas se montrait sur 3 chaînes pour être plus sûr d'être vu.  Nous n'en parlerons donc pas. Na !
 La suite, sur la 2, était beaucoup plus intéressante, le genre de film qui vous scotche à la télé sans regret pour la perspective de nuit courte. Il y avait "BELZEC" de Guillaume MOSCOVITZ, une pépite inoubliable qui sauve la plus médiocre des soirées.
   Au départ, on se précipite sur le programme pour vérifier qui est l'auteur. On se croit devant un film de Claude Lanzmann. D'ailleurs il est cité au générique parmi les remerciements. "BELZEC" révèle le cinéaste qui a beaucoup regardé "SHOAH". ...
Déjà les réactions négatives :
Il y a ceux qui soupirent : "ça promet d'être ennuyeux... en deuxième partie de soirée, on ne va pas tenir le coup longtemps", et ceux qui grognent  : "encore la Shoah ! On connaît ! ça tourne à l'obsession."
    N'en déplaise aux critiques, nous avons découvert, appris et trouvé des confirmations.
Belzec, ce n'était pas, comme on le dit parfois improprement, un camp de concentration. C'était un centre d'extermination, un endroit minuscule absolument pas prévu pour héberger, même sommairement, des prisonniers, mais destiné à un seul usage : tuer des gens et en faire disparaître toute trace le plus vite possible.
Une particularité de Belzec : sa situation géographique. C'était un hameau perdu dans la forêt à l'Est de la Pologne, dans ce que, les nazis appelaient le "Gouvernement Général", la Galicie, région limitrophe de l'Ukraine et abritant une importante population juive. 
Conséquence de cet emplacement, Belzec servit de "brouillon" dans l'établissement des centres d'extermination. 
La "Solution Finale" avait commencé par des opérations de tuerie, la "Shoah par balles"  connue depuis peu grâce à des recherches historiques récentes. Le manque de discrétion de ces massacres en faisait une méthode difficile à généraliser ; il valait mieux les concentrer dans des endroits retirés avec un environnement traditionnellement antisémite, où la population ne se révolterait pas et, même, prêterait son concours sans trop rechigner. Belzec répondait exactement à ces exigences, se trouvait sur le passage d'une voie ferrée et fut affecté à la liquidation d'une partie des ghettos du Gouvernement Général. 
Le gazage était un mode d'exécution connu, il avait été pratiqué dans l'opération T4, le "nettoyage" des hôpitaux psychiatriques et autres centres pour handicapés ; il se pratiquait avec un camion "bricolé", les gaz d'échappements aboutissaient dans la benne fermée occupée par les passagers d'un voyage unique. Le procédé efficace et silencieux donnait satisfaction (!) pour des aktions limitées (un hôpital, une institution) mais son rendement ne suffisait pas pour des massacres de masse. Il fallait expérimenter le gazage sur une échelle plus vaste. Belzec fut donc le lieu des premières chambres à gaz pour tuer 600  000 juifs ; c'étaient encore des moteurs qui envoyaient dans la salle leurs émanations toxiques. Un saut qualitatif(!) supplémentaire sera l'utilisation du Zyklon B à Auschwitz dans d'autres conditions moins  improvisées.
Belzec apportait une solution au problème de la mise à mort ; restait à résoudre celui de l'élimination des corps. Là aussi, la deuxième génération de camps  trouvera la solution : les crématoires.
 Belzec se heurtera au problème sans y trouver d'issue satisfaisante. Les morts furent précipités trop nombreux dans des fosses  pas assez profondes, recouverts par une épaisseur
de terre insuffisante, des charniers  qui laissait entier le problème des écoulements, des odeurs et autres nuisances liées à la putréfaction. Le site était donc promis à un abandon rapide qui fut encore précipité par la contre-offensive soviétique. Situé très à l'Est, Belzec fut rapidement menacé ; l'administration du camp dut se résoudre, à l'instar des einzatsgruppen qui refluaient vers l'Allemagne, à liquider le camp, effacer les traces du crime. Avant de les tuer, ils obligèrent les derniers sonderkommandos juifs du camp à ouvrir les fosses, brûler les restes qu'elles contenaient et disperser les cendres des bûchers. Il avait suffi de moins d'un an, l'année 42, pour qu'il ne reste plus rien des victimes ni des lieux de leur supplice. Après le départ des nazis, les villageois plantèrent des arbres, un bois destiné à faire disparaître jusqu'au souvenir de l'horreur.
En France, l'histoire de Belzec est assez mal connue à cause d'une spécificité du camp : les victimes étaient toutes des juifs du Gouvernement Général. On connait mieux Sobibor  et, surtout, Auschwitz où ont été déportés les juifs français.
Ceux qui aimeraient en connaître d'avantage sur les évènements trouveront toutes informations utiles dans la "bible" du génocide des juifs : "La destruction des juifs d'Europe" de Raul Hilberg. C'est LE livre indispensable ; l'amateur d'histoire s'y réfère comme un juriste au Code civil ou un médecin au Vidal.
      Le film de Moscovitz ne raconte pas les évènements. Ce qu'il apporte est plus précieux . Fidèle aux leçons de son grand devancier Lanzmann, il a réuni les témoignages recueillis auprès des survivants, des voisins du camp et des rares rescapés (seuls trois juifs sont sortis vivants de l'horreur et, lors du tournage, en 2005, une seule femme était encore en vie).
       Chaque témoin a son histoire propre mais le rassemblement de tous les récits nous dresse un tableau qui n'est pas à la gloire de tous. La mémoire ne fait pas de cadeau à la Pologne.
Dans leur grande majorité, ils n'ont pas aidé les juifs, mais, pire, ils ont été nombreux à travailler pour l'occupant, à occuper des emplois de supplétifs. Ils n'ont pas hésité à fouiller les cendres à la recherche de bijoux ou de dents en or. Ensuite, ils ont tout fait pour minimiser la catastrophe et en détruire le souvenir ; on reste abasourdi et indigné devant ce bon élève qui récite la leçon apprise à l'école : "il y a eu 600 000 juifs assassinés à Belzec sans oublier 150 000 polonais", une voisine lui fait remarquer son erreur : "pour les polonais, ce n'est pas 150 000 mais 150." Le gamin ne se démonte pas et affirme que les Polonais ont eu autant de victimes que les juifs. La même mauvaise foi que chez les "Voisins" de Jan T. Gross : des villageois  avaient profité de la présence des envahisseurs nazis pour assassiner leurs  voisins juifs dans le but de les dépouiller et ils avaient accusé l'armée Allemande
du massacre ; leurs descendants perpétuent le mensonge. Gare à l'historien qui ose apporter les preuves du crime !
        
  En oubliant le passé, on se prépare à le revivre.
 Et ces grands amnésiques, l'Europe leur a ouvert les bras.
      Comment empêcher qu'ils nous ramènent les vieux démons que nous croyions avoir chassés ?
Par Tipanda - Publié dans : histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /2009 10:24
Les anciens, égyptiens, grecs, romains, etc. étaient polythéistes ; c'est à dire qu'ils n'étaient pas à un dieu près.
Quand on en vénère beaucoup, on se montre sans problème accueillant, tolérant ; on accepte les nouvelles divinités amenées par le voisin. Plus on est de fous, plus on rit. C'est ainsi que les Romains ont adopté tout le panthéon grec ; ils ont seulement romanisé les noms.
Et ces dieux de la mythologie étaient bien proches des hommes, ils avaient les mêmes défauts. Ils étaient donc bien mal placés pour lui faire la morale.
Ce qu'il leur était dû ? - L'observance de quelques rites : cérémonies, sacrifices. Accessoirement, ils encourageaient les arts, l'architecture, la statuaire.
  Tout ce qu'on demande, au voisin, c'est la réciproque : j'honore tes dieux, fais de même avec les miens. On se bat pour des réalités bien concrètes, des richesses, le pouvoir, mais jamais, au grand jamais, on ne ferait la guerre pour imposer ses dieux.
C'était ainsi partout ... sauf au croissant fertile où on expérimentait une croyance révolutionnaire : le dieu unique.
Bon, ça ne s'est pas fait du jour au lendemain, il y a eu des tâtonnements et des ratages. En Egypte, Aménophis IV a fait un essai qui est mort avec lui. En Perse, chez Zoroastre, on est pas allé jusqu'au bout, il est quand-même resté deux divinités : celle du bien contre celle du mal.
Après quelques tentatives infructueuses, le monothéisme a été inventé par un petit peuple assez minable, toujours vaincu par les armées des autres : les hébreux. Ils se trouvèrent, de ce fait, promis à un brillant avenir.
Les juifs faisaient dans l'histoire une entrée modeste mais prometteuse.
Très vite, la nouveauté inspira des successeurs convaincus d'améliorer le produit ; les chrétiens puis les musulmans partirent du dieu des hébreux pour s'en bricoler un plus conforme à leur couleur locale.
Toutes ces variantes ont un point commun : l'écrit.
   En même temps qu'apparaissaient les prémices du monothéisme, bienheureuse coïncidence, on assistait à la naissance d'une écriture véritable. Auparavant, il existait des hiéroglyphes et autres idéogrammes mais leur maniement était long et, pour tout dire, inadapté à l'abstraction. L'apparition de l'alphabet va arranger tout ça.
Le culte du dieu unique sera la religion du livre.
Le culte d'une abstraction ... ça change tout. Il devient difficile de compter sur la solidarité divine dans ses faiblesses humaines. Un pur esprit ne peut pas tromper sa femme comme un vulgaire humain mais son extrême perfection l'autorise à hausser le niveau de ses exigences. Il est partout, il sait tout, il est tout ... donc il peut tout exiger.
    De la relation aimablement folklorique et pas du tout angoissante que l'homme entretenait avec les anciens dieux, il passe à la religion totalitaire.
Pas de doute, le monothéisme, c'est le progrès.
 A force de vivre dans l'idéal et le désincarné, le croyant  devient un spécialiste de l'abstraction, c'est bon pour le développement des sciences et de la philosophie, même si la discipline reine est la théologie. On oublie un peu vite que Thalès, Pythagore et Aristote, sans avoir jamais été des adeptes du dieu unique, n'ont pas été de sombre crétins.
La pensée humaine s'est aussi développée sans référence à l'incréé.
  Pour un pur esprit, ce dieu unique se montre bien terre à terre dans ses exigences. Il se mêle de ce que les hommes pensent et disent à tous propos, de leurs affections et même de leur sexe, lui qui n'est pas censé le pratiquer. Ses adeptes, certainement frustrés de subir tant de contraintes, n'ont de cesse qu'ils n'aient imposé leurs codes aux incroyants.
En adeptes des droits humains, vous croyez naïvement qu'une obligation religieuse ne concerne que ceux qui y adhèrent. Il parait que vous auriez tort.
Des ayatollahs pourfendeurs de la libre pensée au pape donneur d'éducation sexuelle à l'eau bénite, tous ces gens-là vous donnent des ordres comme s'ils étaient votre maître et vous, des élèves.
Il suffit, tout le monde n'est pas inscrit dans leur école, pas concerné par son règlement.
En attendant que la raison leur vienne, restons prudemment fidèles à quelques principes très simples des anciens.
   Surtout, la règle première d'Hippocrate : "Non nocere", ne pas nuire.
Avant de faire des miracles, tâchons déjà d'éviter les catastrophes... et Dieu, si jamais il existe, nous le rendra. 
 

Par Tipanda - Publié dans : histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    

Calendrier

Juillet 2010
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Recherche

Concours

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés