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Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 20:53

     De prétendus scandales peuplent l'actualité. 

Il y a les retraites ; l'heure est grave, certes, mais ni plus ni moins qu'il y a dix ans, pas très neuf.

Il y a des gens très chics grugeant une mémé à sous ; bien mal acquis ne profite jamais, du moins, c'est ce qu'on dit, alors il sera bien difficile de trouver une bonne âme qui la plaigne.

Il y a les bleus ; une bande de sales gamins trop riches. On se croirait dans un quartier difficile, sauf que leur grossièreté ridicule a l'indécence de puer le fric.

C'est au milieu de ces futilités qu'un art, le septième, nous éveille, à condition de le mériter et de savoir attendre.

C'était mercredi 23 à 22h25, sur Arte, forcément sous-titré (l'humanisme, ça se mérite), un film d'Ousmane Sembene : "Moolaadé"- qui veut dire "droit d'asile" au Burkina Faso, un film qui traite de l'excision.

    On nous a déjà, très doctement, décrit l'excision mais là où l'explication domine, elle n'est qu'un voile sur l'horreur et l'émotion.

On nous dit qu'il s'agit d'une vieille coutume africaine, monstrueuse et difficile à éradiquer. En général, on l'aborde du côté médical ou féministe mais toujours comme un sujet d'anthropologie ; la douleur reste à sa place : celle des autres.

Moolaadé est une fiction pleine d'émotion.

     Une femme, Collé, a été excisée comme toutes les autres mais, contrairement à ses voisines, elle ne considère pas la tradition comme une nécessité et refuse de faire subir le même sort aux plus jeunes.

Un groupe de quatre fillettes, terrifiées par les exciseuses, prend la fuite pour leur échapper. Collé déclare sa maison moolaadé et les met à l'abri chez elle  : personne ne peut s'emparer de ses protégées.

Les exciseuses font peur ; entièrement vêtues de rouge, elles se déplacent en troupe, guidées par une maîtresse qui porte un masque rituel effrayant. Les petites filles sont terrifiées, d'autant qu'elles savent ce qui les attend ; les conversations des femmes du villages sont pleines du récit des souffrances endurées et des fillettes tuées par le couteau d'une incapable.

Au début du film, Collé est seule à se révolter.

Les mères sont décidées, ou plutôt résignées, à faire "purifier" leurs filles dans le respect de la tradition.

Les hommes sont du côté des exciseuses, ils ont peur des sortilèges qui les menaceraient en cas de  transgression.

Ils ne reculent pas devant la mauvaise foi (comme si leur circoncision rituelle était comparable à la mutilation invalidante des filles excisées !) Ils se rendent compte que leur pouvoir est en péril s'ils ne maîtrisent plus le corps des femmes. Ils veulent que rien ne bouge, s'en prennent à ceux qui soutiennent le point de vue des femmes et ... aux postes de radio qu'ils accusent de répandre la subversion.

Un véritable front commun s'établit entre les hommes et les exciseuses. Au premier abord, ils ont l'air de remporter la victoire :

Tous les postes de radio sont confisqués, rassemblés sur la place et brûlés en un véritable autodafé.

Le vendeur de postes à bas prix (récupérés et recyclés) est dévalisé et assassiné.

Collé est flagellée, les hommes de sa famille la rouent de coups de fouet, en public.

Durant son supplice, les exciseuses en profitent pour s'emparer d'une de ses protégées et la "purifier". L'enfant meurt d'une hémorragie.

Les événements signent la défaite de Collé ... en apparence.

En réalité, l'espoir suit de très près le désespoir. Les femmes se disent que, décidément, trop c'est trop.

Elles soignent les coups de Collé, lui manifestent leur tendresse et, surtout, leur solidarité. L'une d'entre elles, qui vient d'être mère, lui apporte même son bébé, une fille, et la lui confie pour qu'elle soit protégée de l'excision.

Elles sont toutes, enfin, rassemblées ; ensemble elles sont plus fortes. Surtout, elles osent. Elles se retournent contre les exciseuses et arrachent leurs couteaux qu'elles jettent sur le brasier où flambent encore les débris des transistors sacrifiés.

   Moolaadé, c'est une belle fable à la gloire de la solidarité féminine, un film qui marque les consciences.

Pendant que, dans les pays du Nord, les féministes discutent à n'en plus finir de la féminisation des mots, les Africaines luttent contre la barbarie.

Où sont les ridicules ? La réponse n'est pas difficile à trouver.

Notre solidarité féminine doit s'exercer d'abord à l'égard des femmes du Sud.

Pour faire bénéficier un état d'un soutien économique ou technique, il faut commencer par s'assurer de la politique qu'il conduit à l'égard des femmes. Est-il décidé à éradiquer l'obscurantisme, l'oppression et  les mauvais traitements ?

Réservons nos dons aux ONG qui respectent clairement ce principe.

Refusons les compromissions qui se font sur le dos des femmes. Les bonnes manières ne sont que de mauvaises actions.

Par Tipanda - Publié dans : humeur
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Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /Juin /2010 09:36

  Jour de colère !

Penser : "C'était prévisible", rager devant la faute et ne pas condamner en bloc.

Le peuple d'Israël n'a pas mérité d'être dirigé par des fous bellicistes ... qu'il a pourtant élus.

Maudite soit la peur qui conduit à la folie.

Les hommes de paix et de raison sont pourtant nombreux dans ce pays.

Ils sont victimes des islamo-fascistes et le gouvernement qui devrait les protéger s'acharne à décourager les soutiens qu'il leur reste.

Soutenons la vie contre les fous irresponsables qui sèment la bêtise et la mort.

Par Tipanda - Publié dans : humeur
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Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 23:49
  Au mois de Mars, une question : Avez-vous vu "The ghost writer", le dernier film de Roman Polanski ?

Si ce n'est déjà fait, il faut vous y précipiter. Des oeuvres de ce niveau, c'est plus rare que les beaux jours.

     Que les moralisateurs et autres disciples de Savonarole se couvrent la tête de cendres, ils ont perdu la partie, leur victime a parfaitement résisté à l'acharnement.
    Ils se rêvaient en Torquemada...Ils ont aussi belle allure que le Sergent Garcia des films de Zorro.
Ils ont réussi à lui mettre des bâtons dans les roues, empêcher ce grand voyageur de se déplacer, mais ils ne l'ont pas empêché de créer.
           Le résultat est génial, tout simplement.

Cannes, Mai 2010.
   
    Les pères-la-pudeur ne sont pas découragés. Ils peuvent compter sur une alliée : une actrice de série Z², une carrière des plus modestes bien qu'éclectique, avec des incursions dans les magazines pour hommes.
Toutà coup, elle se rappelle que Polanski l'a sexuellement abusée, ... voilà une trentaine d'années.
C'est une réminiscence providentielle pour les vautours en tous genres.
Une nuisance en valant une autre, à défaut de parvenir à leurs fins judiciaires, ils peuvent toujours essayer le chantage.
Pourrir l'existence d'un génie : le bonheur des médiocres !

Lundi 12 juillet, OUF !

LE MONDE.FR : Urgent
lundi 12 juillet 2010
 
Roman Polanski est "libre de ses mouvements"
 
La justice suisse a décidé lundi 12 juillet de ne pas extrader vers les Etats-Unis le cinéaste Roman Polanski, comme le réclamait la justice américaine. Le ministère de la justice suisse a annoncé qu'il mettait fin à son assignation à résidence. Le cinéaste était retenu depuis septembre en Suisse et est poursuivi aux Etats-Unis depuis 1977 pour des relations sexuelles avec une mineure âgée de 13 ans. (AFP)
 
La peur du ridicule existe encore ! Merci aux Suisses
Par Tipanda - Publié dans : humeur
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Samedi 10 avril 2010 6 10 /04 /Avr /2010 10:10

      Le vendredi Saint, pour les chrétiens, c'est l'anniversaire du supplice de Jésus.

En mémoire du sacrifice fondateur, les catholiques célèbrent l'Office des Ténèbres, un rituel empreint de deuil et d'émotion (heureusement ennobli par de merveilleux airs baroques comme "Les leçons de ténèbres" de M.A. Charpentier, hélas fort oubliés.)

       C'est un temps fort de l'année liturgique. A Rome, l'homélie du Vendredi Saint n'est pas dite par n'importe-qui, on ménage les forces du vieux pape pour qui ce n'est que le début du marathon pascal, mais c'est un prélat important qui se charge de porter la parole au nom de la Curie Romaine. Ce vendredi saint 2010, le travail est revenu au cardinal P. Raniero Cantalamessa, digne représentant de la pensée pontificale et ... pontifiante.

      Dans le contexte actuel, fait de honte et de repentance,  on surveillait la parole de l'autorité centrale. On ne s'attendait pas à ce que le monsignore se couvrît la tête de cendres en s'abîmant dans l'affliction. Quand on parle au nom d'une Eglise Sainte, Apostolique et Romaine, on ne se départit jamais de la dignité due à son rang, mais on s'attendait à une parole chargée de sens. On voulait entendre ce que le sommet de la hiérarchie catholique avait à dire des turbulences liées aux scandales qui la poursuivaient.

Et il fut dit.

Le cardinal évoqua une lettre d'un ami juif.

Vous l'aurez certainement remarqué, la providence permet à tout raciste de faire état d'un ami appartenant à la race honnie ; il semble qu'encore une fois elle ait bien fait les choses.

Le supposé ami opérerait un parallèle entre  les accusations qui s'accumulent contre les prêtres pédophiles et l'antisémitisme.

    Comparaison hautement improbable, on n'imagine pas qu'un juif, même animé de la haine des siens, puisse faire le moindre rapprochement entre la persécution millénaire d'un peuple et les misérables ennuis d'un clergé qui ne risque pas grand-chose hormis sa réputation.

Il y aurait à peine de quoi hausser les épaules ... mais le peuple juif est le peuple de la mémoire. Il n'a pas oublié la persécution toujours active même si elle est plus feutrée pour cause de politiquement correct.

     On ne soupçonnait pas les juifs de jouer à touche-pipi avec les gamins, on les accusait de pratiquer des crimes rituels, de sacrifier des enfants chrétiens (dans une religion sans sacrifices !) pour utiliser leur sang dans la préparation du pain azyme. Il faut être d'une crasse ignorance pour imaginer qu'on puisse incorporer du sang dans le pain, azyme ou non. Au passage, les chrétiens ne sont pas les mieux placés avec leur transsubstantiation. Peu importe, qui veut tuer son chien l'accuse d'être enragé, on n'hésite pas devant les pires invraisemblances quand on a seulement besoin d'un prétexte pour justifier l'injustifiable.

     Quand ces temps barbares eurent laissé place aux lumières, il fallut trouver des tracasseries plus présentables. Le clergé se contenta de procéder à des baptêmes clandestins et des conversions forcées d'enfants juifs, ce qui lui donnait un prétexte pour les enlever à leur famille ... pour la plus grande gloire du Seigneur.

      Certes, il ne faut pas oublier la Shoah qui vit des ecclésiastiques se muer en Justes. Il faut se rappeler que certains ont même veillé à ne pas éloigner leurs protégés du judaïsme. Que justice leur soit à jamais rendue, mais l'héroïsme de quelques uns ne rachète pas l'antisémitisme des autres.

Ce cardinal romain nous prend tous pour des amnésiques et des malhonnêtes.

Les catholiques, en l'écoutant, doivent se dire qu'avec des amis pareils on n'a vraiment pas besoin d'ennemis.

Par Tipanda - Publié dans : humeur
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 22:47

      Tous les amateurs de polars connaissent les Editions Baleine. Ils ont dégusté avec gourmandise la célèbre collection Le Poulpe, des romans qui avaient un point commun : le héros, et des auteurs différents mais tous marqués à gauche.

      Depuis, Le Poulpe a cessé de se multiplier mais ses anciens lecteurs ont conservé des Editions Baleine l'image d'une maison plutôt de gauche, tendance libertaire et, en tout cas, antifasciste.

    Patatras ! Si vous aviez encore des illusions, il est temps de vous en défaire.
   Au catalogue 2010 du cétacé, figure la réédition d'un polar cinquantenaire : "Faut toutes les buter" d'un certain François Brigneau.
Vous avez déjà entendu ce nom-là mais il ne vous dit rien de précis ?
Alors précipitons nous sur les dictionnaires, livres d'histoire et autres encyclopédies.
    C'est qu'il ne s'agit pas d'un jeune écrivain au seuil de sa carrière. François Brigneau, né en 1919, milicien, ami de Brasillach dispose d'un CV impressionnant, la méchanceté conserve.
   Au long du siècle, il a laissé trainer sa signature dans tous les organes de presse et les éditions d'extrême-droite, avec une prédilection marquée pour la littérature antisémite.

   On pourrait admettre qu'un éditeur se laisse prendre à la bonne mine d'un débutant inconnu mais jouer à l'innocent quand il s'agit du titulaire d'un tel pedigree, à qui veut-on faire faire croire cette fable ?
Nous ne sommes en présence ni d'un idiot, ni d'un naïf. Alors, quelle explication ?
Le scandale, chers amis, le scandale qui fait du bruit ( le buzz, comme on dit quand on veut être à la mode), on croit toujours qu'il va faire vendre... et l'édition est une industrie nécessiteuse. A vot'bon coeur, M'sieurs, dames !
Hélas pour cet industriel pas regardant, il est encore des lecteurs et, surtout des auteurs, qui ne veulent pas manger de ce pain-là.
A la suite de Didier Daeninckx, auteur de trois Poulpe, des écrivains qui savent encore dire NON, retirent leurs oeuvres des Editions Baleine. C'est comme une bouffée d'air frais !
Bientôt, il n'y restera plus que des vieillards cacochymes doublés d'auteurs rouges-bruns.

     Soutenons les sincères et les propres. Il y a plus de gloire à suivre sa conscience qu'à prospérer sur le recyclage des poubelles de l'histoire.
      Infligeons à la Baleine un régime amaigrissant.
Par Tipanda - Publié dans : humeur
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