Mercredi 26 août 2009 3 26 /08 /Août /2009 09:26
    Un article du quotidien suédois «Aftonbladet» accuse les soldats israéliens d’avoir tué des Palestiniens pour prélever leurs organes.

    Dans tout le monde civilisé, les transferts d'organes, qu'il s'agisse de don ou de vente, sont (heureusement) encadrés par des règles tellement draconiennes que la demande est toujours supérieure à l'offre. Comme il s'agit d'un besoin vital, la rareté se paie très cher.
Le demandeur est disposé à payer n'importe quel prix, sans poser trop de questions sur la provenance et les conditions du prélèvement.
    On trouve de vrais gisements, ce sont les lieux où meurent en abondance des jeunes gens bien portants.
Autrefois, les champs de bataille attiraient les "vols de gerfauts hors du charnier natal" ; aujourd'hui, moins épique et plus réaliste, ils font le bonheur des marchands d'organes à transplanter.
Belle promotion pour le métier d'équarrisseur, la fortune attend les profiteurs de tous les conflits.
Toutes les armées y sont confrontées. Bien naïf celui qui croirait Tsahal protégée du risque.
A l'origine, elle s'est construite sur des exigences morales supérieures, mais les brebis galeuses... qui peut affirmer en être définitivement protégé ?
    Le journal suédois fait un pas de plus et s'attire les protestations indignées d'Israël, à la limite de l'incident diplomatique, en sous-entendant que les soldats israéliens ont tué des Palestiniens pour prélever leurs organes. Des profiteurs de guerre on passe au crime de guerre, commis par la troupe indifférenciée , donc attribué à l'institution.
    On peut hausser les épaules : toutes les armées en opération sont accusées de crimes de guerre ; il n'y a pas lieu d'en faire des tonnes. Certes ...
    Mais il est difficile de se rassurer à bon compte.
    Cet article n'a pas été écrit contre n'importe quelle armée. Il s'agit de Tsahal, l'armée d'Israël, donc ... des juifs.
Voilà de retour les vieilles accusations, les crimes rituels qui ont servi de justification à tous les pogroms et autres persécutions.
Dans la vieille Europe médiévale, les juifs étaient accusés de tuer des enfants chrétiens pour en utiliser des morceaux lors de cérémonies religieuses (à l'époque, la greffe d'organe n'était pas d'actualité). On connaît l'absurdité de telles allégations mais on sait aussi à quoi elles ont servi.

     La même pièce se rejoue, modernisée.
Les juifs sont toujours attaqués et, maintenant qu'ils ont une armée pour les défendre, c'est elle qui est mise en accusation.
     Un pogrom est peut-être en chemin.
Il y a les imprécateurs qui lancent l'accusation, les exécutants qui la relaient et, comme toujours, la masse silencieuse des indifférents et des hypocrites qui préfèrent gloser sur la paranoïa des juifs que reconnaître qu'ils sont toujours en danger.
      Et pourtant ...
Par Tipanda - Publié dans : histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /Août /2009 23:38
     A parler de tout et de rien, à passer du coq à l'âne, il était grand temps de répondre à une question angoissante  : pourquoi tipanda ?
    
     Vous avez tous deviné, il s'agit d'un pseudo, pas le faux nez honteux des auteurs de lettres anonymes, plutôt une précision, un complément. Il m'a semblé utile de passer par là, le jour où, cherchant Jacqueline Simon sur Google, j'ai constaté que, sans surprise, nous étions plusieurs à porter ce nom. Il vaut toujours mieux éviter les confusions gênantes, il m'a donc semblé préférable d'ajouter un pseudo à mon identité.
     
      Mais encore ... Que signifie tipanda ?
A nouveau, inutile d'être grand clerc pour le deviner. C'est un diminutif, une contraction de "petit panda".
      Un panda, à présent ... Pourquoi pas un lion, un éléphant, une libellule...? Le choix est vaste. Et pourquoi "petit" ? L'adjectif convient peu à un gros nounours.
      La dernière objection est facile à réfuter ; le panda le plus célèbre est le panda de Chine, un bon gros père, une sorte d'ours pie noir et blanc (comme les vaches), placide et végétarien, consommateur exclusif d'une seule variété de bambou, mais il existe aussi le "petit panda roux", un autre animal, une espèce complètement différente, arboricole et nantie  d'un panache qui fait immédiatement penser au "firefox" bien connu des informaticiens.
       L'imagination permet toutes les constructions. La recherche d'un animal-totem fabrique une sorte d'hybride improbable : la grâce du firefox et le caractère attachant du panda de Chine.
       Fort bien, mais nous ignorons toujours quel coup de coeur a suscité son adoption.

       Ce n'était pas un coup de foudre, le panda est présent dans ma vie depuis longtemps, aussi loin que mon adhésion au WWF dont il est le logo ( Sur la trace du panda, panda magazine, pandashop etc.). Inutile de pousser des soupirs agacés, ne soupçonnez pas quelque amalgame douteux ; loin de moi l'illusion antispéciste, quoique ... Non, l'homme est bien au sommet des espèces mais, "noblesse-oblige", je crois mordicus que la supériorité d'un individu, comme d'une civilisation, se justifie par la manière dont il se conduit avec ses inférieurs. Si je vous disais que le sort des bêtes me tient parfois éveillée ?...Là, si vous voyez ce que je veux dire, y-a-du-boulot !

       Et puis, un panda est entré dans ma vie, l'été 2001, sous la forme d'un... chaton.
Qu'on se figure un quartier traditionnel des vieilles villes du Nord, des maisons serrées les unes contre les autres formant une muraille continue le long du trottoir et, à l'arrière, inaccessibles à moins de traverser une maison, des cours, des jardins. C'est une zone-frontière: d'un côté, les nuisances de la route, de l'autre, la paix d'une campagne improbable en ce lieu.
Dans cette fausse nature on trouve des insectes, des oiseaux, des mulots et des chats.
     Les félins des villes arrivent toujours de la même manière : des irresponsables font l'acquisition d'une chatte ; sous  le fallacieux prétexte de "laisser faire la nature", ils ne la font pas stériliser, donc il arrive des petits qu'ils n'ont pas le courage de supprimer à la naissance, la famille-chat les encombre, ils les expulsent du foyer ; sans nourriture et sans abri, la population de SDF félins squatte les jardins, chassant un peu et mendiant beaucoup.
Ils sont protégés des dangers de la route par la muraille des maisons mais ils restent sous la menace des ennemis des chats. Ils courent le risque du poison qu'on se procure facilement sous prétexte de dératisation. En fin de compte, leur vie est le plus souvent très courte.
      Une véritable petite famille multicolore a donc entrepris de nous rendre visite à la fin des repas. Nous la faisions profiter avec plaisir de nos restes, nous en produisions même exprès ; en échange, ils nous offraient leur beauté et le spectacle de leurs facéties. Nous en avons particulièrement repéré un à qui nous trouvions une tête de panda : des taches sombres sur le nez et autour de ses yeux bleus.
Ne pouvant résister plus longtemps à son charme, j'ai donc procédé à l'enlèvement de l'individu, me promettant bien de faire subir le même sort à d'autres, le lendemain.
      Hélas, je n'ai pu exécuter la suite du projet ; la mère et les autres chatons ne sont pas revenus.
J'en ai trouvé un, mort, dans une gouttière. Un voisin adepte de la strychnine avait sévi, une fois de plus.
     
      Mais revenons à notre cher rescapé.
      Très logiquement, il n'a pas fallu un siècle pour lui trouver un nom, ce fut, et c'est toujours, Panda qui se porte fort bien, merci pour lui.

      En résumé, à force de vivre sous le signe du Panda dans sa forme la plus tendre, lorsqu'il m'est paru nécessaire de choisir un pseudo, je n'ai pas voulu échapper au nom de mon petit compagnon.
Par Tipanda - Publié dans : vous à moi et réciproquement
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /Août /2009 10:56
       C'est un anniversaire passé,comme d'habitude, inaperçu.
Non, pas celui d'Obama, il est bien né un 4 août mais c'est encore un gamin.
Le 4 août qui nous importe a 220 ans.

     Demandons à des écoliers français ce que 1789 leur évoque.
A coup sûr, nous aurons droit au 14 juillet : prise de la Bastille.
     Etrange mémoire... Voyons de plus près.
    La Bastille, vieille forteresse, servait de prison au dix-septième siècle. Elle fut même symbolique de l'Ancien Régime. Les détenus n'y étaient pas obligatoirement expédiés par un tribunal ; un grand nombre des peines étaient décidées par une lettre de cachet, la décision sans discussion ni appel d'un personnage qui avait autorité  : le roi, un prince d'église ou même un père désireux de sévir contre un enfant désobéissant. C'était un symbole du droit régalien et de l'arbitraire.
    Un siècle plus tard,  les us et coutumes du royaume de France n'étaient pas restés immuables. A la lettre, les institutions n'avaient pas changé mais la réalité avait beaucoup évolué.  L'usage coercitif de la Bastille avait largement diminué.
Le 14 juillet, une émeute de la faim (il y en avait beaucoup cette année-là, les récoltes étaient mauvaises) se tourna contre la Bastille. La garde, peu nombreuse et plutôt débonnaire, ne fit aucune difficulté pour se rendre et ouvrir les portes, libérant ainsi quelques derniers prisonniers, des inadaptés que leur famille ne se donnait pas la peine de réclamer.
     C'était un fait divers sans importance mais il était promis à un brillant avenir dans les mémoires.
    Nous aurons l'occasion d'y revenir mais il nous faut d'abord rappeler que bien d'autres événements illustrèrent la première année de la Révolution.
     Les Etats Généraux avaient été convoqués pour essayer de traiter quelques urgences, en particulier le déficit du royaume (décidément, rien de changé sous le soleil ...)
     Les Etats se répartissaient en trois ordres : Clergé, Noblesse et Tiers Etat.
Le Clergé souffrait de sa division : le clivage des classes supplantait déjà la partition en ordres. Les députés du haut-clergé votaient avec la noblesse pendant que le bas-clergé, tout naturellement, rejoignait ses semblables du Tiers Etat.
La noblesse mangée de dettes n'était plus que l'ombre d'elle-même, dépendant du roi pour les titres et fonctions et de la bourgeoisie pour sa subsistance.
     Le seul ordre ascendant était donc le Tiers Etat
Une tradition erronnée l'a longtemps fait passer pour un rassemblement de pauvres et d'idéalistes. En réalité, l'initiative y revenait à une bourgeoisie souvent très riche qui avait besoin de liberté pour déployer ses entreprises.
    Devant le spectacle de division donné par les autres ordres, le Tiers Etat, convaincu que le fruit était mûr, s'empara des affaires, s'autoproclama Assemblée Nationale et entreprit de fonder un socle de réformes libérales.
    La nuit du 4 août,  l'Abolition des Privilèges fut proclamée.
C'est le vrai début de la Révolution Française, un événement riche de promesses et d'avenir. L'abolition des privilèges est le précurseur de la déclaration des Droits de l'Homme.
Il ne faut pas se tromper, prêter à cette Assemblée Nationale des préoccupations sociales. Elle reconnaissait  et admettait des inégalités : les différences liées au travail, au savoir et au mérite. Permettre leur épanouissement c'était d'abord éliminer les privilèges, les avantages liés à la naissance et au milieu.

    Ils sont bien étonnants mais très français, nos républicains auto-proclamés qui préfèrent se rappeler une émeute sans lendemain qu'une décision fondamentale pour l'avenir de nos institutions.
      Inutile de s'accorder le titre ronflant de "libéral" si on oublie l'origine de ses libertés.  
      Une émeute, on la mate. C'est une affaire de police : somme-toute, un non-événement.
Le cours des idées, la volonté du peuple, c'est un autre chantier... qu'il faudra bien, un jour, aborder sérieusement ...

          A bas le 14 juillet et Vive le 4 août !
Par Tipanda - Publié dans : histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 10:18
            Marche arrière d'un siècle.
     Dans les années 1900, l'agriculture qui se modernisait ne manquait plus de bras. Elle se débarrassait des jeunes en trop, c'était l'exode rural.
Les villes recevaient un afflux de population à la recherche d'un travail, des gens peu adaptés aux métiers de l'industrie. Ils avaient besoin de trouver un emploi, n'importe lequel, au plus vite. Les Bretons, les Auvergnats, les Savoyards ont fourni les gros contingents des manoeuvres et des domestiques.
      Encore fallait-il savoir à qui s'adresser.
      L'exploitation, à l'instar de la nature, a horreur du vide ; des entrepreneurs ont tout de suite profité de l'occasion. On a vu proliférer les bureaux de placement. Leur principe était fort simple : mettre en relation les employeurs et les demandeurs d'emploi, moyennant finance, il va de soi.
      Immédiatement, la question : qui va payer ?
      Rappelons nous, la demande d'emploi était plus importante que l'offre et, surtout, plus urgente. En toute transaction, c'est le plus demandeur qui assume les coûts ; les chômeurs ont donc payé pour qu'on leur proposât du travail. Les petites bonnes  et les vendeuses étaient le plus souvent obligées de s'endetter lourdement dans l'espoir de trouver un travail, au demeurant, très mal payé.
Où trouver la somme nécessaire ?
Pas de problème, le bureau de placement faisait crédit ... et disposait de tous les moyens de pression pour recouvrer les dettes, jusqu'à proposer quelques services particuliers (entendre : des formes de prostitution ) pour améliorer les revenus des exploitées.
      Rapidement, les bureaux de placement sont devenus la honte du monde du travail et leur suppression une revendication des syndicats.
Ce qui fut réalisé.
      De l'Office du Travail à l'ANPE, l'histoire sociale du siècle a été marquée par la volonté de protéger les chômeurs en accordant à leurs démarches la garantie de désintéressement de l'Etat.

      Un siècle après, l'histoire du monde du travail est oubliée, comme bien d'autres histoires.
      On nous présente comme une innovation, une modernité d'une absolue fraîcheur, le retour en arrière consistant à remettre à des entreprises privées le soin de rechercher et proposer des emplois.
      Qui veut tuer son chien l'accuse d'être enragé, on ne parle plus que des défauts du service public qu'on veut détruire. Pôle Emploi comme hôpital, on commence par l'asphyxier avant de le supprimer.
Au départ, on évite d'effrayer le monde : c'est le budget du Pôle Emploi, service de l'Etat, qui va payer ce service aux entreprises spécialisées. Au début ...mais comme la demande sera toujours supérieure à l'offre, qui peut être assuré qu'aucun service payant ne sera proposé (avec insistance) aux demandeurs ?

      C'est ainsi qu'on engage une marche arrière longue d'un siècle.

      Où sont les habituels cortèges de manifestants ?
      Ils sont en vacances.
 Alors, pourquoi s'en faire ?
Dormez, bonnes gens, vos maîtres s'occupent de tout.
Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /Juil /2009 10:07
   C'était attendu et, comme prévu, nous n'y avons pas échappé.
Jusqu'à plus soif, nous avons ingurgité le quarantième anniversaire du' "petit pas qui était un grand pas pour l'humanité".
Forcément, nous avons eu droit aux mêmes documents chez tout le monde et toujours la même sensation : ils en ont eu du culot !
A l'époque, nous avons tous eu peur qu'ils n'en reviennent pas. Même les grincheux qui trouvaient la dépense inutile et les anti-américains (toujours sur la brèche, ceux-là), tout le monde a poussé un soupir de soulagement à leur retour. Il a même fallu quelque-temps aux conspirationnistes pour activer leurs mensonges ridicules. Étrangement, on les entend plus aujourd'hui qu'à l'époque.
Ensuite, quand les héros ont retrouvé le plancher des vaches, nous avons participé aux inquiétudes pour leur santé : les effets de l'apesanteur et des rayonnements cosmiques ... Personne ne semblait craindre ce qui, en fin de compte, a été leur pire épreuve :  comment redevenir un humain ordinaire après avoir été regardé comme un héros ?
Ces surhommes, pour être sélectionnés, avaient passé triomphalement tous les tests physiques et psychiques ; ils ont révélé des fragilités de stars pipoles quand il a été question de gérer les affres de la notoriété. Il y a eu de la dépression et même de l'alcoolisme.
On s'en trouve plein d'excuses à l'endroit de nos petits travers. Puisque même les héros ne sont pas à l'abri, de pauvres faibles cervelles comme les nôtres ont bien le droit d'être imparfaites ou fatiguées.

Il n'empêche, quand j'étais gamine parents et professeurs n'arrêtaient pas de me secouer ; il paraît que j'étais dans la lune...
Au lieu d'en être mortifiée, j'aurais dû m'en glorifier.
De tout il faut garder la meilleure part.
Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Concours

Recommander

Derniers Commentaires

Recherche

Profil

  • Tipanda
  • -Jacqueline Simon - dite
  • Femme
  • Nord MARLY
  • im-patiente et obstinée.
  • Je ne tiens pour vrai qu'une certitude : rien ne vaut la vie
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés