Lundi 17 décembre 2007 1 17 /12 /2007 09:14

Du réchauffement climatique au trou abyssal de l'assurance-vieillesse, notre avenir (comme l'Afrique noire ) est mal parti. Mais c'est la saison des cadeaux et un miracle vivant nous redonne de l'espoir ...: Etienne-Emile Beaulieu. 
Invité de Frédéric Mitterand sur France-culture samedi 15 décembre, il nous a présenté, comme toujours, un jeune homme invaincu comme nous voudrions tous devenir. 
En présence d'un tel modèle, nous n'avons plus peur de l'avenir, nous espérons avoir la chance de vieillir comme lui, physiquement - il n'a pas un air d'octogénaire - et mentalement - le propos est alerte et aigu. Immédiatement, on se dit qu'il a de la chance mais, très vite, il nous donne une piste en soulignant l'importance de l'affectivité dans le fonctionnement de la mémoire.
Compris ! Pour rester jeune et en bon état,  cultivons nos passions.
Merci, professeur, grace à vous nous n'oublierons qu'une chose : la peur de vieillir.

Pour rester avec Etienne-Emile Beaulieu, il a participé, à son corps défendant, à un exemple des dérives rencontrées par la télévision dans un genre d'émission très à la mode. C'était le 6 décembre sur FR3 en fin de soirée, sacrifiant donc à l'usage en vogue, un plateau réunisssait  des pipoles, des acteurs, un écrivain et notre scientifique avec un seul point commun : être des octogénaires. On pouvait s'attendre à n'importe quoi ; ce fut pire. Un véritable aréopage de saltimbanques, ignorant la présence du Pr Beaulieu, s'est lancé dans une apologie dont l'urgence ne sautait pas aux yeux, celle de Sacha Guitry qu'on cherchait à nous faire plaindre avec des accents proches de l'antisémitisme de l'occupation. Le concert des pleureuses était indécent et ridicule en présence d'un juif résistant. Beaulieu, en intelligence supérieure, n'a rien manifesté mais c'était un spectacle pénible.  Comme démonstration du vieilir bien c'était raté, on se rappelait plutôt l'adage de Brassens "Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con." 

Oublions très vite cette soirée et, pour rester en forme, défendons nos amours et nos convictions.

Par jacqueline Simon - Publié dans : humeur
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Jeudi 13 décembre 2007 4 13 /12 /2007 00:00

Enfonçons allègrement des portes ouvertes, il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade.
Une menace pèse, depuis déjà quelque temps, sur les malades en ALD ( Affections de Longue Durée ). Jusqu'à présent, leurs traitements sont pris en charge à 100% par l'Assurance Maladie.
Que sont-ils pour les économistes à la mode ?
" Ils coûtent cher et ne rapportent pas, avec leur consommation de médicaments il y a souvent une incapacité de travail indemnisée.
Et peu d'espoir d'amélioration ( ALD veut souvent dire Affection Lourde et Définitive ). Moins longtemps ils resteront à charge de la société moderne et compétitive et mieux cela vaudra".  
Ils ne sont pas nombreux à oser tenir ouvertement ce discours ; pudiques, gênés ou seulement faux-culs ? Alors, ils se contentent de vitupérer les "abus", de couvrir d'opprobre les "profiteurs" qui devraient avoir honte de coûter si cher à la sécu.
Un peu de bon sens, s'il vous plait ! Le principal objectif des malades, c'est guérir ; ce n'est jamais se gaver de médicaments, même hors de prix, ni se payer des vacances dans des hôpitaux, même de pointe.
 Déchirer sa carte de prise en charge ALD devenue inutile parce qu'on est guéri, c'est le seul rêve à la portée des malades.
Les tristes sires qui accumulent les erreurs de jugement n'ont jamais vécu la maladie, tant mieux pour eux, mais qu'ils évitent d'ajouter le cynisme à la bêtise et la vie sera beaucoup plus belle.

Par Jacqueline Simon - Publié dans : humeur
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Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /2007 23:42

Aujourd'hui, c'est Hanoukah : la fête des lumières, la petite lampe qui continue à briller alors que toutes les chandelles sont brûlées, que l'espoir est normalement perdu. 
Même si les religions sont des fables, elles ont parfois de ces fulgurances qui parlent à tous les humains.
Bonne fête, donc, et pour tout le monde ... à chacun, un jour prochain au choix, c'est de saison, le 8 à Lyon, le 13 en Suède.
Et toute la fin du mois, depuis le fin-fond des temps néolithiques, tout l'hémisphère nord allume des feux pour conjurer la fatalité, la peur de voir mourir le soleil qui décline.
Et tous les ans, la lumière renait pour le monde entier.
Si un miracle existe, il est probablement dans ce paradoxe : la lumière est fidèle à l'humanité multiple et chaque être humain la perdra un jour, fatalement.
Nous continuerons à nommer lumières tous nos espoirs et qualifier d'obscurantisme ce qui nous décourage d'exister.
Bonnes fêtes !

Par jacqueline Simon - Publié dans : l'air du temps
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Mercredi 28 novembre 2007 3 28 /11 /2007 00:32

Nous parlons de "féodalité" et il nous revient des images d'adoubement béni, de templiers, de moines soldats, nous restons persuadés que l'Eglise et la noblesse filent le parfait amour. 
C'est un mariage de raison, l'Eglise maîtrise l'instruction qui est indispensable en tous temps et la noblesse dispose de la force armée nécessaire à toute forme d'autorité. Elles sont donc bien forcées de s'entendre mais l'une et l'autre cultivent les occasions de marquer des points.
Comment vit la noblesse féodale ? 
Surtout pas dans les trop célèbres châteaux forts, n'en déplaise aux disciples de Walter Scott ;  le château-fort est une forteresse, avant tout une caserne, doublée d'un dépot de vivres et de munitions. Pas plus que nous, le seigneur du moyen-âge n'est capable d'y passer sa vie. Il n'y séjourne qu'en temps de guerre, lorsqu'il faut se mettre à l'abri et résister. 
Dans une grande simplicité qui serait inimaginable au XXIème siècle, le seigneur est d'abord un nomade, pour deux raisons : 
- ses sujets et lui sont unis par une parole, un serment réciproque non écrit, il est donc obligé d'être physiquement présent auprès de tous, alternativement. 
- les campagnes vivent une économie de subsistance et de troc ; la collecte d'un impot en numéraire est pratiquement impossible ; le seigneur vient consommer l'impôt sur place. Il en profite pour rendre la justice. Son épouse gère les biens en veillant sur les enfants dans la principale maison du domaine. 
Il nomadise donc, en compagnie de ses concubines, de quelques hommes de confiance et d'une troupe d'assez mauvais sujets encadrés par des chevaliers sans avoir, des fils cadets ou bâtards courant l'aventure qui paie. 
 Une  vie itinérante ne conviendrait pas à une cour véritable avec son decorum ; par bonheur, les besoins en services administratifs et juridiques sont très réduits. Ils sont concentrés entre les mains de quelques clercs qui conseillent la chatelaine et sauront vite se montrer indispensables en déchargeant le seigneur du quotidien. L'Eglise a placé des hommes auprès de la noblesse et prend le plus grand soin de leur recrutement et de leur formation. 
Ils doivent savoir qu'on ne peut servir deux maîtres à la fois et qu'ils doivent d'abord servir Dieu, c'est à dire l'Eglise.
Quelle sera la récompense des bons sujets ? Facile à deviner : on les canonisera, on en fera des modèles qui stimuleront les émules à venir.
Le cas typique : Thomas Becket.
Au départ,  il n'a rien d'un saint. 
Normand d'origine, il fait de solides études à Londres et devient clerc mais n'a aucune intention de desservir une paroisse, fût-elle importante, ou d'entrer au monastère. Sa place est auprès du pouvoir où sa valeur sera appréciée, où il prendra lui aussi de la puissance. Très vite, il se lie avec le duc de Normandie qui est aussi roi d'Angleterre, Henri II Plantagenêt. Les deux hommes ont en commun l'intelligence, l'ambition et une implacable volonté.
Henri est le seigneur le plus puissant depuis un vrai coup de chance : Aliénor, la duchesse d'Aquitaine a divorcé du roi de France, Louis VII, pour épouser le roi Henri, apportant avec elle la moitié occidentale de la France. Le couple aura huit enfants, donc l'espoir de profitables alliances ; l'avenir s'annonce radieux. 
Henri n'accepte aucune contrainte et aime la vie jusqu'à la débauche ; Thomas partage ses plaisirs et le seconde en tout. Le roi a confiance en lui au point qu'il lui fait attribuer le siège épiscopal de Cantorbery, la primature d'Angleterre. C'est qu'Henri veut mettre l'église d'Angleterre à la raison, la soumettre à sa justice et sa fiscalité ; il promulgue les Constitutions de Clarendon, un texte qui établit son autorité sur les biens ecclésiastiques. Ce roi à qui tout a réussi vient de faire l'erreur de sa vie, Thomas Becket est devenu archevêque ; à l'étonnement de tous, il se comporte en archevêque et prend le parti de l'Eglise contre son roi.
La crise va durer plusieurs années sans que le roi puisse faire plier l'inflexible Thomas, jusqu'à l'irréparable : deux sicaires assassinent Thomas au pied de l'autel. Ils ont mal interprêté des paroles agacées du roi demandant qui pourrait le débarrasser de l'évêque et commettent le meurtre, comptant bien être récompensés.
Immédiatement, les sanctions pontificales pleuvent. Le roi ne se sauvera qu'en renonçant à tous ses projets.  Thomas Becket est canonisé. Le roi subit l'humiliation de voir les pélerins défiler devant le tombeau du martyr. L'Eglise a gagné.
Plus tard, Becket restera populaire comme le modèle du haut fonctionnaire intègre, avant tout soucieux d'accomplir la fonction à laquelle il a été nommé, c'est une autre histoire dans un monde moins religieux.
 L'Eglise n'a pas toujours des Thomas Becket à envoyer au sacrifice pour la grande gloire de Dieu mais, dans une société où elle occupe une position dominante, elle a d'autres armes à sa disposition.
....(à suivre) 

Par Jacqueline Simon - Publié dans : Feuilleton
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Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /2007 23:57

Au dix huitième siècle, une mode a eu cours chez les élégantes : faire venir des colonies un petit négrillon, le costumer en poupée de salon, le transformer en animal de compagnie comme un singe ou un perroquet. 
Scandaleux ! dites vous, c'était une mode du passé, inimaginable aujourd'hui.
En êtes vous si sûr ?
Il se trouve des pays pauvres qui sont parfois riches en matières premières parmi lesquelles des enfants. Les pays riches savent mettre en valeur ces  trésors inemployés ; si les pauvres veulent bien vendre, on achètera ; sinon, on s'en emparera, pour leur bien, cela va de soi.
Vous pensez que j'exagère ? 
Il se trouve des gens "bien pensants" pour défendre les zozos de l'Arche de Zoé ( nous parlions de bêtes ...) sous le prétexte qu'ils voulaient faire le bonheur des enfants en les enlevant. Il serait juste que des parents africains soient si pauvres qu'ils soient privés de tout, même de leurs enfants ...
Cette bonne volonté-là me dégoûte.
 Est-il nécessaire de rappeler qu'il existe un tas de solutions pour financer des projets authentiquement altruistes, des ONG efficaces qui aident les familles à élever leurs enfants sur place ?

Par Jacqueline Simon - Publié dans : l'air du temps
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