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28 septembre 2020 1 28 /09 /septembre /2020 23:02
C’ est arrivé un 28 septembre.
28 septembre 1791 émancipation des juifs de France.
La France a été la première à attribuer la pleine égalité de droits aux Juifs par le vote de l'Assemblée constituante en 1791.
Depuis le concile de Latran en1215 jusqu'au XVIIIème siècle, en Europe occidentale, les Juifs sont soumis à de multiples discriminations : vêtements spéciaux, interdiction de séjour dans certaines localités. C'est le cas en Espagne et dans la plus grande partie du royaume de France, taxes en Lorraine, droits limités en justice, accusations diverses, vexations publiques etc. En Espagne et au Portugal, l'Inquisition pourchasse et condamne au bûcher les marranes, c'est-à-dire les juifs officiellement convertis au catholicisme, mais qui professent le judaïsme en cachette.
Là où ils sont tolérés, les Juifs bénéficient d'une certaine autonomie administrative.. Les conflits intracommunautaires sont du ressort du tribunal rabbinique (Beth Din) et, souvent, un syndic juif est chargé de répartir la collecte des impôts et représente la communauté auprès des autorités.
La philosophie des Lumières change la perception des Juifs par la société. Mirabeau, l’Abbé Grégoire et d’autres marquent un vrai changement par rapport à l'image véhiculée jusqu'alors.
Sur le plan politique, la tolérance progresse à l'époque de Louis XVI avec l’édit de tolérance de 1787 qui accorde l'état-civil aux non-catholiques de France, mais plusieurs parlements, à l'exemple de celui de Metz, y ajoutent une clause qui exclut les Juifs
Dans le même temps, la Révolution française s'étend.
La chute de la Bastille est le signal de désordres partout dans le pays. Ces troubles, connus sous le nom de la Grande Peur, prennent une tournure anti-juive en Alsace. Les paysans attaquent les demeures des Juifs qui trouvent refuge à Bâle.
L'Assemblée nationale partage l'indignation de l’abbé Grégoire mais, intimidée par des députés anti-juifs d'Alsace, elle ne prend pas de décision quant à l'émancipation.
Après Mirabeau et l’Abbé Grégoire, le comte de Clermont-Tonnerre monte à la tribune et déclare :« Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus. Il faut qu'ils ne fassent dans l'État ni un corps politique ni un ordre. Il faut qu'ils soient individuellement citoyens. »
Quelques jours avant la dissolution de l'Assemblée nationale (28 septembre 1791), le député Adrien Duport, membre du Club des Jacobins, monte à la tribune et déclare : « Je crois que la liberté de culte ne permet aucune distinction dans les droits politiques des citoyens en raison de leur croyance. La question de l'existence politique des Juifs a été ajournée. Cependant, les Turcs, les Musulmans, les hommes de toutes les sectes, sont admis à jouir en France des droits politiques. Je demande qu’en conséquence, il soit décrété que les Juifs jouiront en France des droits de citoyen actif. » Cette proposition est acceptée avec des applaudissements.
Michel Regnaud , président de l'Assemblée, demande que l’on rappelle à l’ordre tous ceux qui parleront contre cette proposition, car c’est la Constitution elle-même qu’ils combattront.
Deux jours plus tard, l’Assemblée nationale se sépare et, le 13 novembre, Louis XVI ratifie la loi déclarant les Juifs citoyens français.

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