Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 09:55
   Tous les archéologues vous le diront : c'est avec les déchets d'une époque que nous en apprenons le plus et  nous jouons un mauvais tour aux futurs observateurs de notre siècle avec nos incinérateurs d'ordures ménagères.
En attendant, certaines démolitions occupent dans nos mémoires une place privilégiée.

    Pour les Français, la Révolution a pour symbole la prise et la destruction de la Bastille ; pour beaucoup d'Européens, la chute du mur de Berlin marque la fin de la guerre froide.
Ils ne sont pas loin d'y voir l'événement majeur de ces dernières décennies et, le 9 novembre, nous sommes priés d'en avaler jusqu'à plus soif.
    Curieusement, les Allemands, qui sont les premiers concernés, n'ont pas fait de ce jour une fête nationale, préférant célébrer la réunification des deux états.
     Il faut sans doute le mettre au compte de leur esprit positif.
Quand on veut aller de l'avant vers la construction d'un avenir commun, un acte de réunion est un geste plus fort que le défoulement d'une population excédée. Le mur était, de toute façon, condamné, même s'il est des jouets romantiques auxquels les peuples tiennent.
     9 novembre, malgré l'enthousiasme populaire, c'est aussi une date qu'on n'aime pas se rappeler en Allemagne ; les Berlinois auraient pu en choisir une autre pour monter à l'assaut du mur.
     9 novembre, c'est l'anniversaire de la Nuit de cristal, le grand pogrom qui marque le lancement de la destruction des juifs d'Europe, le début de l'entreprise cauchemardesque qui aboutira aux camps de l'Est et fera de l'Allemagne la grande Coupable du vingtième siècle.

      L'Allemagne a assumé, payé, s'est repentie, elle montre, en toutes circonstances, un remarquable esprit de responsabilité vis à vis de son passé. Mais le choix d'une fête... il faut que ce soit un jour de fierté et de joie.
Les Fançais auraient-ils fait de la St Barthélémy leur fête nationale ?
 
     Alors, à défaut de la plage, laissons le mur aux romantiques et souhaitons un bel avenir à une Allemagne repentie et rachetée des crimes du passé.
Par Tipanda - Publié dans : histoire
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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /2009 10:40
    et Claude Levi-Strauss l'avait bien compris.
Le public n'a été informé de son décès qu'après son enterrement.
Pour lui, raisonnablement, qu'est-ce que cela change ? Il n'est plus là pour en être incommodé.
Nous parlons de sa générosité, de sa dernière bonne action pour ses proches.
Dans leur mémoire, il aura laissé un souvenir heureux. Le grand homme ne les aura pas condamnés à supporter les discours aussi hypocrites que convenus des officiels guettant surtout la caméra.
Bien joué !
On se rappellera l'homme, le philosophe, les livres... pas le rhume attrapé dans un cimetière glacial ni l'odeur écoeurante des chrysantèmes pourris et le coup d'oeil subrepticement jeté à la montre.
C'est que la roborative cuisine bourguignonne et les sublimes vins du même terroir ont de quoi donner des impatiences...
Qu'à cela ne tienne ! Rien ne vous empêche d'aller à sa mémoire déguster les merveilles du voisinage. Il aurait apprécié, sans aucun doute.
Notre bien sincère tristesse ira vers ses chats.
 Il les aimait beaucoup.
N'en doutons pas, il aura souhaité que sa mort ne signe pas l'abandon ou le meurtre de ses amis félins.
Amitiés sincères à la bonne âme inconnue qui aura décidé de prendre soin des chats de l'écrivain disparu.
Par Tipanda - Publié dans : amitiés nécrologiques
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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /2009 10:13
Référence gardée envers feu Simon Wiesenthal pour l'emprunt de sa formule,

 même la très pointilleuse justice allemande peut encore être surprise.
Un criminel de guerre en liberté se découvre à l'occasion du procès d'un autre bourreau.
Voilà l'information recopiée telle quelle dans Israël Infos toujours à l'affut de telles découvertes :


Un témoin "pire" que l'accusé
Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, l'un des témoins dans le procès, qui s'ouvre, de John Demjanjuk, 89 ans, accusé de participation au meurtre de 27.900 juifs pendant la Shoah, est lui-même impliqué dans "l'assassinat sauvage d'au moins 434.000 personnes", mais n'a fait l'objet d'aucune condamnation.

Il s'agit d'un ancien SS se faisant appeler "Samuel K.", âgé de 88 ans, qui était gardien du centre d'extermination nazi de Belzec en Pologne, et a fait l'objet de deux instructions judiciaires n'ayant pas abouti.

Selon le journal allemand, une troisième enquête contre Samuel K., qui a reconnu par le passé "qu'il était su de tous que les juifs sont exterminés dans le camp, et qu'on les y brûle", vient d'être ouverte par le parquet.



Si les faits, cette fois, sont avérés, un meurtrier de masse aura vécu tranquille plus de 65 ans.
Décidément, il vaut mieux être un ancien bourreau SS qu'un survivant aux prises avec la police du sexe .
Autre temps, autres moeurs !
Par Tipanda - Publié dans : histoire
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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /2009 16:39
 En 1976, des femmes étaient décidées à se battre pour la justice, plus précisément pour leur droit à la retraite.
Incroyable, et pourtant vrai, en France que certains aiment présenter comme un état-providence, il était possible de travailler dur toute sa vie sans obtenir le droit à une retraite.
Il ne s'agissait pas de travailleuses clandestines ; elles exerçaient leur activité en plein jour, elles étaient socialement reconnues et souvent appréciées mais elles n'avaient pas de ressources propres et, surtout, pas de retraite personnelle.
Cette situation scandaleuse était celle des épouses d'artisans.
La boulangère qui servait votre baguette dès sept heures, tous les matins, la charcutière qui lavait les plats et les couteaux, tard dans la soirée, après avoir baissé le rideau, elles ne pouvaient rien espérer à leurs vieux jours.
Bien que nécessaire au fonctionnement de l'affaire, leur travail n'existait pas. Le revenu de l'entreprise constituait une espèce de pot commun géré par le mari.
Tant que le ménage était uni, c'était supportable. Lorsque la mécanique se grippait, le ronron se changeait vite en grincements.
 Une foule d'incidents donnaient à réfléchir : de l'artisan, victime du démon de midi, filant à l'anglaise pour manger avec une jeunesse la retraite que sa femme l'avait aidé à constituer, au veuvage précoce qui laissait à l'épouse une pension de réversion d'inactive, les situations désolantes étaient nombreuses ; la pire étant, bien sûr, le cas de l'épouse travaillant dans l'entreprise que son mari tenait de ses parents. En cas de divorce, elle ne pouvait même pas compter sur sa part dans la vente de la boutique puisque cette dernière était un bien propre du mari.
L'injustice avait assez duré ! Des femmes énergiques et insoumises, sous la direction d'une pâtissière de Saint-Amand-les-Eaux, Thérèse Thurotte, mirent les pieds dans le plat et se réunirent en association, le GEANC (Groupement des Epouses d'Artisans du Nord, le C figurant les conjointes de commerçants ralliées par la suite). Leur objectif était, dans un premier temps, le droit à un statut, le droit de constituer et toucher une  retraite personnelle.
Leurs revendications paraissent le b-a-ba de la justice, pourtant il fallut des années de lutte pour faire céder le machisme. Une première victoire fut remportée en 1983 ; enfin, le statut de conjoint collaborateur (trice) était créé et la femme pouvait cotiser à une retraite personnelle. Ce n'était qu'une victoire partielle : une possibilité, pas une obligation.
Il fallut encore une vingtaine d'années pour que le statut de conjoint(e) collaborateur(trice) devienne la situation par défaut de tous les couples d'artisans qui n'auraient pas opté pour une autre démarche (conjoint associé ou conjoint salarié). En tout, il aura fallu une trentaine d'années pour voir aboutir le combat de Thérèse et ses amies.
Après de nombreuses militantes du GEANC, disparues au long de ces trente années, Thérèse est morte en 2009.
C'est triste mais on est en partie consolé de savoir qu'elle a connu sa victoire avant de nous quitter.
Dans  sa petite boutique, au fond, c'était une grande dame.
Par Tipanda - Publié dans : amitiés nécrologiques
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 14:22
     Trop confiante en la neutralité sincère des animateurs de communautés, j'ai voulu éclairer de mes petites notions d'ancien professeur de nutrition (qu'on appelait naguère "hygiène alimentaire") les interrogations d'un lecteur à propos du yaourt.
 C'était uniquement pour rendre service, ma vie n'en dépend pas ... et mon intervention dont l'envoi a été effectué à plusieurs reprises, à des heures différentes, est toujours revenue en "brouillon" comme un mail dont on refuse l'accès.
Libre à ceux qui le croient de parler de ma paranoïa, j'ai fini par croire qu'on refuse surtout d'admettre des raisonnements "classiques", sortant des croyances à la mode.
Un débat, malgré tout, aurait pu rendre service. Alors, tant pis, je passe ma réponse par le circuit du blog. Peut-être son destinataire primitif aura-t'il la bonne idée de s'y connecter.
Il s'agissait d'un malade en risque de dénutrition qui se demandait pourquoi on lui conseillait de manger des yaourts. J'ai donc tenté de lui expliquer le bénéfice à attendre de cet aliment et ...
m... aux gourous de l'alimentation végétarienne sans viande ni lait.
 Ils n'auront pas ma peau !

Voilà donc le texte du mail incriminé :


Même  un adulte a besoin de consommer des protéines, les matériaux de construction de l'organisme, pour entretenir ses tissus.
 Lorsque j'enseignais la nutrition, j'avais l'habitude de comparer notre corps à une maison : pour construire et réparer la maison, il faut
- des matériaux : les protéines et les minéraux,
- de l'énergie ( le travail du maçon): les glucides,
le tout assorti de quelques guides et outils : les vitamines.
S'il manque un des éléments, le chantier est en panne.
L'être humain fut, à l'origine, un carnivore ; il est devenu omnivore  (comme les ours et les cochons) à la suite d'une évolution qui serait trop longue à raconter ici, mais il est toujours incapable de transformer parfaitement le végétal en animal. L'homme n'est pas un herbivore. Manger végétalien, c'est à dire sans viande, ni oeufs, ni lait, est dangereux même pour un adulte, à moins de posséder la connaissance approfondie des graines et des légumineuses, de disposer d'un grand choix de ces mêmes végétaux et de les préparer soi-même... c'est pas gagné ! 
Résultat : on peut ne pas manger de viande, pour toutes sortes de raisons philosophiques et autres, mais il faut garder dans son alimentation des oeufs ou du lait ; ils apportent les mêmes protéines animales sous une forme plus assimilable. Normalement, le yaourt est le meilleur des produits laitiers à cause des ferments qu'il contient. Les ferments lactiques effectuent une sorte de pré-digestion du lait, le rendant beaucoup plus assimilable. Le fameux lactose, responsable de nombreuses intolérances et allergies, n'est adapté qu'aux nourrissons ; fermenté, il devient inoffensif. Autre avantage, ces ferments sont des micro-organismes bénéfiques, ils détruisent les microbes pathogènes qui pourraient s'introduire dans le lait.
Evidemment, tous ces avantages sont dans le vrai yaourt, pas dans les nombreux desserts lactés qui constituent aujourd'hui l'essentiel du rayon "yaourts" des supermarchés. Dès qu'il est écrit le mot YAOURT sur le pot, tu peux le consommer ; l'erreur est impossible, c'est une mention interdite sur les autres produits.

  Je suis toujours effrayée par le refus d'apprendre lorsqu'il n'est pas justifié par la difficulté ou la complexité mais qu'il est seulement le résultat d'une muraille d'ignorance entretenue par les préjugés.
Par Tipanda - Publié dans : vous à moi et réciproquement
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