Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /2008 01:03

L'époque féodale : le triomphe  de la noblesse ? En apparence seulement.
En réalité, c'est bien l'heure de gloire du christianisme ; religion totalitaire, il contrôle tous les actes de la vie, même et surtout chez les puissants.
  Gagner ne veut pas dire écraser ; l'Eglise va modérer son triomphe.                                                                                    Elle veut pérenniser sa victoire et disposer du bras séculier, la force armée des nobles.
 Elle n'a pas intérêt à provoquer la révolte . Tout un système d'échanges se met en place.
Le seigneur essaie de faire une famille nombreuse, il faut pallier aux aléas d'une importante mortalité ; si un fils meurt, qu'un autre le remplace. Mais une famille nombreuse, c'est aussi un problème : lorsque plusieurs enfants survivent, les cadets se cherchent une place. Dans un domaine qui revient au seul fils aîné, les querelles et les trahisons sont incessantes.
  Et les filles ? Lorsqu'une fillette est mariée dans l'enfance, livrée à la famille du marié pour y être élevée près de lui, il arrive souvent qu'elle soit veuve avant d'avoir pu consommer son mariage et faire des enfants. Elle devient une pièce encombrante, étrangère dans sa famille de naissance et sans intérêt pour sa belle-famille qui ne recevra pas la dot convenue puisque le mariage n'est pas achevé. Qu'elle reste chez ses beaux-parents ou soit renvoyée  chez son père, la situation, pour elle est catastrophique. Une femme sans mari est constamment en danger, victime des exactions sexuelles et autres de la soldatesque qui entoure le seigneur. 
Qui va proposer des solutions ? - L'Eglise, bien sûr !
A nouveau, ce sont les familles royales qui vont nous fournir des exemples.
Louis VI - Le Gros, roi de France, a deux fils : l'aîné, Philippe et le cadet, Louis.
Philippe reçoit une éducation royale de soldat et de chef. Il fait beaucoup de sport et néglige le reste (il se trouvera bien un clerc pour gérer  le domaine, le moment venu ). 
Justement, le royaume est entre les mains de Suger, à la fois premier ministre et Abbé de Saint-Denis, abbaye royale et sépulture des rois de France. Pour garder la concorde et préparer l'avenir, Suger fait entrer Louis à Saint-Denis où on le prépare à succéder à son mentor. Latin, droit canon et civil, le jeune prince deviendra le maître de l'abbaye la plus prestigieuse sur le domaine capétien.
Coup du sort, Philippe se tue dans une chute de cheval ( les mauvaises langues racontent qu'il a bêtement essayé de passer à cheval sous l'arche de pierre d'une porte, mais bon, vous savez comme sont les gens...!) Voilà tous les projets chamboulés.
Pas de problème, Suger, pragmatique, extrait Louis de ses lectures pieuses et le fait sacrer roi de France sans prendre le temps de lui demander son avis. Immédiatement, survient un problème : Louis VII, devenu roi, doit se marier, lui qui voulait sincèrement être moine. L'avenir du royaume exige qu'il se reproduise et c'est pas gagné.
Toujours aucun problème, tout abbé qu'il soit, Suger va s'en occuper et réussir. C'est même le mariage du siècle : il négocie l'union de son roi avec la dot la plus convoitée, apportée par la plus belle des héritières : Aliénor, la duchesse d'Aquitaine. Le duc vient de mourir, il n'avait pas de fils. Sa fille hérite de tout ; elle est duchesse d'Aquitaine, comtesse de Poitiers, suzeraine d'une foule de plus petits seigneurs du Sud-Ouest, une perpective à faire baver tous les prétendants et, ce qui ne gâte rien, elle est célèbre pour sa beauté .
Il est urgent de conclure le mariage pour éviter le risque d'enlèvement ; c'est un usage dangereux pour les héritières : si elle était enlevée, elle ne pourrait sauver son honneur qu'en épousant son ravisseur. 
Qu'en pense la fiancée ?
Elle veut être reine et elle passera par où il faut pour y parvenir, y compris épouser ce bigot  qui ne connait rien du monde. Et le mariage a lieu sous la direction de Suger qui vit son heure de gloire.
Les problèmes attendus ne vont pas tarder à éclater mais l'Eglise va s'en tirer. Bien entendu, les dommages seront pour Louis.
à suivre ...

Par Jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : Feuilleton
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Lundi 24 mars 2008 1 24 /03 /2008 23:48

Aïe, aïe,  je sens déjà les volées de bois vert qui vont me tomber dessus.
Tant pis, j'en ai assez du nivellement de la pensée, comme si toutes les opinions se valaient.
 Sur internet, on est plus souvent qu'il ne faudrait, confronté à des affirmations, de stupides à regrettables, qui me mettent en colère. 
Sur les "forums" de malades, c'est incroyable ce qu'on peut lire comme ramassis de contre-vérités. Et si ce n'était que stupide, mais c'est possiblement dangereux pour les têtes crédules.
Une personne se dit guérie de la sclérose en plaques par un travail sur elle-même parce que toutes les ressources sont en nous, dans une tonalité dont on hésite à déterminer si on nage dans une vulgate sectaire ou de la psychanalyse mal digérée.
Si on a du temps à perdre, on peut en rire.
 Mais la personne en rajoute, "les remèdes ne sont que des pis-aller", en affirmant tenir ce jugement de son neuro qui l'encourage dans sa démarche.
Alors là, ça sent très mauvais. Quand on commence à se recommander de prétendues cautions scientifiques pour appuyer un jugement, en général c'est avec le projet de détourner les malades de la médecine pour les emmener où ils n'ont pas forcément envie d'aller : gourou, secte guérisseuse, groupe charismatique, ou charlatans qui en veulent  à votre argent autant qu'à votre esprit.
Ce n'est pas seulement idiot, c'est dangereux.
Comment neutraliser ce type de discours dans l'anonymat d'internet ?
Difficile, il se trouvera toujours du monde assez désorienté pour tendre une oreille bienveillante à des propos inconsistants mais porteurs d'espoir. 
Les réfuter systématiquement chaque fois qu'on en voit passer ? - Pas très performant, il faudrait y passer un temps considérable et on ne pourra en attraper qu'une infime partie.
En fin de compte, on baisse les bras, on se dit  :"A quoi bon jouer les Don Quichotte et se battre contre des moulins à vent ? "
Personne ne m'a investie du rôle de redresseur de torts, mais on ne se refait pas.
Je crois que toute ma vie  passera à chercher seule la solution de problèmes insolubles, à moins que quelqu'un puisse et veuille chasser les moulins avec moi ; plus on est de fous ... 

Par jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : humeur
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Mercredi 19 mars 2008 3 19 /03 /2008 23:10

Une malade trouvait infernale sa vie de douleurs et demandait qu'un médecin l'aidât à mourir. 
Depuis quelques jours, impossible d'ouvrir un journal, la radio ou la télé sans subir la relation circonstanciée de son malheur.
Tout cela est très gênant.
La pauvre malade était moins l'objet d'un acharnement thérapeutique que d'un acharnement médiatique, à se demander le prix que les médias avaient payé, et à qui, pour recevoir et transmettre une information aussi  délibérément impudique. Serait-ce une variante de l'assurance-vie que des parents constituent pour  leurs héritiers ?
Après avoir (comment y échapper ?) entendu les plaintes et la demande de la malade, une autre gène s'impose au témoin-spectateur. 
On est en face d'une personne qui souffre mais qui se déplace normalement dans son appartement, manipule des objets. Elle tient des propos cohérents, réfléchis ; son intelligence est normale.
Alors pourquoi ne pas en finir toute seule ? Elle avait encore assez de moyens physiques pour se suicider.
On a beaucoup de mal à la suivre. Elle s'apprêtait à impliquer dans son projet un médecin qui aurait chargé sa conscience d'un acte qui n'est pas anodin. 
La maladie rend égoïste, certes, mais au point de faire porter à un autre le poids de son malheur, là, non. 
Le malade a droit, comme tout le monde, à la liberté mais elle s'arrête, comme celle de tout le monde, où commencent la liberté et l'humanité des autres.
Cette malade vient de mourir. C'est triste, comme toutes les morts.
Il reste à souhaiter que ce décès arrête le cirque indécent auquel nous étions conviés.

Par Jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : humeur
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Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /2008 23:27
Malheur au vaincu puisqu'il avait accumulé tant de haine contre lui. Il a fait fuhrer mais aujourd'hui, c'est Stalingrad.
... Bon, j'arrête les jeux de mots à deux balles.
Dimanche 16 mars, c'est la joie d'une victoire attendue depuis dix-neuf ans. Des années à subir une folie furieuse et la destruction systématique d'une ville. 
Il faut rire de tout, nous avions pris l'habitude d'appeler notre ville "Beyrouth" à cause de l'état des rues et des bâtiments, des destructions, des chantiers commencés et jamais terminés. 
Et la démocratie était dans le même état, en ruine. Les relations humaines se limitaient à l'intimidation et le mépris. 
Le cauchemar est fini. 
On a d'ailleurs intérêt à se réveiller, y a du boulot !
On respire un grand coup et on se prépare à toutes les "bonnes nouvelles" que l'audit prévu va nous apporter. 
Comment, tout à la fois, relever les ruines, recréer du lien social et lancer des projets, pour répondre aux attentes d'une population forcément pressée ?
Tout ça, sans moyens et avec des dettes ! 
Nous sommes très inconscients ou très courageux.
Souhaitez nous de la chance et de la réussite.
Par Jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Mercredi 12 mars 2008 3 12 /03 /2008 23:27

Ariel Sharon vient d'avoir 80 ans. Il avait 20ans à la proclamation d'Israël qui en a aujourd'hui 60.
 Tous deux ont grandi et vieilli ensemble. Ariel, "Arik" était une force de la nature qu'il a entièrement consacrée à son idéal sioniste.
De cette énergie terrassée par un AVC, il ne reste aujourd'hui qu'un vieillard brisé ; il n'est pas mort mais il n'est plus en vie. 
Déjà, il manque terriblement. Les siens avaient besoin de lui et n'ont pas trouvé à le remplacer.
Il est de ces hommes qui ne peuvent laisser indifférent. Il a suscité autant de reproches que d'enthousiasme. Son ardeur guerrière rassurait ; elle seule pouvait donner aux Israéliens assez de confiance pour envisager une paix qui n'entrainât pas leur destruction. 
Les "colombes" se répandent en invocations : "la paix, la paix, la paix..." qu'on ne voit toujours pas arriver. Faire est plus difficile que parler. 
Seul un guerrier comme Sharon pouvait avoir l'audace de faire reculer des colons, parce qu'il ne le faisait pas gratuitement. Il avait les moyens de promettre la sécurité en échange de la terre.
Le grand moment d'espoir s'est arrêté avec lui, personne ne semble avoir l'étoffe ni la volonté de poursuivre le mouvement qu'il avait initié.
Nous regretterons longtemps qu'Arik soit tombé avant d'avoir mené son projet au bout ; en même temps, c'est la colère, un reproche que nous pourrions adresser à beaucoup de grands hommes : 
Arik, pourquoi n'as tu pas préparé ta sortie, prévu une relève digne de toi ? Te croyais-tu éternel ? Ou bien, voulais-tu être sûr de laisser des regrets ? Dans ce cas, c'est réussi, pour le malheur de ce pays qui te doit tant.

Par Jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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