Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /Déc /2009 11:05
      Et voilà ! Depuis le 24 décembre j'ai encore un an de plus ... et je ne m'en suis pas rendu compte.
Il faut dire que tout le monde, famille et amis, comme d'habitude, a oublié l'événement. "Joyeux Noël !" me dit-on, en oubliant l'anniversaire. Tant mieux !
Quand on n'a pas d'anniversaire, on ne vieillit pas.
De toute façon, j'ai l'habitude.
Enfant, j'avais déjà une bûche de Noël comme gâteau d'anniversaire et un seul cadeau.
Il faudra songer à fonder une association de tous les handicapés du calendrier :
ceux qui sont nés un 1er Janvier (c'est la fête, on a connu pire),
les natifs du 1er Novembre (c'est déjà moins drôle), du 1er Avril (ça ne fait pas sérieux),
le pire, les abonnés du 29 février ... notez qu'ils vieillissent quatre fois moins vite que les autres ; au fond ce sont des veinards.

Blague à part, plus le temps passe, plus je suis certaine d'avoir toute la vie devant moi et, pourquoi pas, comme les chats, neuf vies.
Pas de doute : la vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie.
Par Tipanda - Publié dans : vous à moi et réciproquement
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Vendredi 25 décembre 2009 5 25 /12 /Déc /2009 10:19
...vous êtes bien mal embouchées", chantait Georges Brassens.
Rien n'a changé. Célébrité et sympathie font la paire et, pour faire parler de soi, la technique se perfectionne sans arrêt.
L'important n'est pas l'événement mais l'usage qu'en font les médias.
Sans prétendre à l'exhaustivité, arrêtons-nous sur quelques exemples récents, nous avons l'embarras du choix.

   Un chanteur popu, triste vieux fantoche qui joue la comédie de la jeunesse, est victime d'un accident de santé. Immédiatement, les catastrophes, les guerres et la misère sont oubliées ; on ne parle plus que du grand malade, (enfin, en France ; le reste du monde, fort heureusement s'en contrefiche), M et Mme Beauf s'improvisent experts et enquêteurs. En même temps, la vente des disques est relancée, une tournée  imprudemment annoncée pourra être annulée sans dommage financier.  Comme dit l'adage, "à quelque-chose malheur est bon".
La comédie dans le monde du spectacle... c'est logique.

    La politique, en revanche, est l'affaire de gens sérieux. Dans une démocratie, les gouvernants tiennent leur élection de l'assentiment populaire. S'ils sont approuvés c'est qu'ils ont su convaincre de la justesse de leurs idées. Enfin, c'est ce qu'on croit.
Mais il y a les sondages d'opinion ; ils se disent informatifs, en réalité ce sont des girouettes, des instruments bien pratiques pour se caler sur les vents dominants. Il suffit du manque de pudeur d'un démagogue italien pour que la politique spectacle se transforme en farce. Avant que des journalistes raisonnablement méfiants n'examinent de plus près les clichés d'une certaine agression pour conclure au bidonage, la cote de popularité de la victime avait bondi sans que sa politique ait changé d'un iota.
Les citoyens sont traités comme des marionnettes et ils en redemandent. Triste et risible.

   Plus récemment, le pape est bousculé et fait une chute. Pour le vieil homme qu'il est, c'est un danger, il aurait pu être grièvement blessé. Chance pour lui, il s'en tire bien et, bonheur supplémentaire, pendant que les gazettes racontent l'aventure, elles oublient son dernier exploit : béatifier le très contesté Pie XII en même temps que le médiatique Jean-Paul II, histoire de faire passer la pilule, en laissant de côté le grand pape d'ouverture que fut Jean XXIII. Pour le téléspectateur, l'actualité vaut toujours mieux que le passé. Etonnez-vous, après cela, qu'on ne trouve pas indispensable d'enseigner l'histoire.

    Dans l'actualité récente, on aurait pu s'attendre à ce qu'une nouvelle provoque l'émotion : ahurissant, des individus ont volé le panneau portant l'inscription «Arbeit Macht Frei» («Le travail rend libre») à l'entrée du  camp d'Auschwitz !
 Pas de scandale médiatique, très vite on nous annonce que l'objet a été retrouvé . La police a affirmé : les cinq Polonais arrêtés n'étaient pas des néo-nazis et leur motivation était uniquement financière.
Question : comment comptaient-ils en faire de l'argent ?
- En le vendant.
Qui peut se montrer acquéreur ?
- Trop risqué pour un récupérateur, trop reconnaissable, ce n'est quand même pas une vulgaire ferraille.
Donc les démonteurs du panneau ne sont peut-être que des petites cervelles, voire des abrutis, mais ils avaient un client ou même un commanditaire.
Qui peut chercher à s'approprier ce genre de relique ? C'est LA QUESTION intéressante mais on refuse de la poser.
Le 31/12, ça se confirme :
(31/12, ça se confirme :
Poursuite de l'enquête sur le vol à Auschwitz
L'interrogatoire des cinq repris de justice polonais inculpés du vol de l'inscription "Arbeit macht frei", le 18 décembre dernier, de l'entrée de l'ex-camp de concentration d'Auschwitz Birkenau, aurait permis d'établir que le commanditaire de ce vol est un Suédois affilié à l'extrême droite, qui comptait financer un attentat avec l'argent de la vente du panneau volé.     (Israël Infos)

La Shoah, ce n'est plus vendeur. Il y a eu un certain engouement autour du soixantième anniversaire de la libération des camps mais, aujourd'hui, la politique internationale demanderait qu'on fasse appel à d'autres mémoires. Alors on pacifie, même s'il faut nier l'évidence. Il n'y aurait pas d'extrêmisme, pas de racisme ni d'antisémitisme.
Les médias se prêtent au jeu sans états d'âmes.
   A propos, qui parlait de fournir aux annonceurs des cerveaux disponibles ?

   Demeurons inquiets, continuons à poser des questions, c'est une affaire de salubrité publique.
Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /Déc /2009 09:58
    Il y eut les aristocrates, puis les ploutocrates, les bureaucrates, les technocrates...
    Voici venir le temps des nullocrates.

Au nom de l'efficacité, il faudrait spécialiser les individus.
Ceux qui en sont persuadés feraient bien de réviser leur cours d'économie au chapitre de la division du travail. Un bref dépoussiérage, une remise en ordre des notions oubliées, leur rendra la conviction que, plus une tâche est parcellisée, plus elle abrutit son auteur, plus elle facilite son exploitation. Les allergiques à l'écrit peuvent revoir "Les Temps Modernes" de Charlie Chaplin. Ils en tireront la même conclusion :  confiner l'individu à des automatismes tue l'initiative et le raisonnement.
Plus les connaissances sont étendues et variées, plus le travailleur est libre et mieux il réussit dans sa tâche.

On avait cru la tentation tayloriste éliminée, jetée aux poubelles du mouvement ouvrier. Hélas, chaque jour nous apporte des exemples contraires. Non seulement elle n'est pas morte mais elle a contaminé toutes les professions jusqu'au sommet. Il faut apprendre utile, l'utilité étant comprise de la manière la plus étroite, réduite à des savoirs techniciens. On fait semblant de ne pas voir les lacunes béantes et les contradictions du système.

Si l'on prenait au mot les tenants de la spécialisation, on formerait des techniciens sans perdre de temps. La scolarité réduite à l'apprentissage d'un métier serait l'ambition suprême de beaucoup.
L'ennui, c'est que ça ne fonctionne pas.
Alors, on essaie de contourner l'obstacle.
La majorité des élèves voit augmenter la durée de ses études, pas la qualité de leurs débouchés ; ils seront précaires diplômés. C'est tellement prévisible qu'on leur en demande de moins en moins ; pour des exécutants, le niveau suffira.

Et les autres, les futures élites professionnelles et politiques ? On trie, on sélectionne sans le dire.
Les fonctions auxquelles ils seront appelés exigent une formation de haut niveau ; il est important que l'étudiant soit intelligent et qu'il ait acquis très tôt le goût et l'habitude du travail ardu.
 En conséquence, les Grandes Écoles et toutes les formations prestigieuses basent leur recrutement sur les disciplines réputées difficiles. La voie royale est toujours celle des mathématiques. L'élève qui a été capable, après un bac S, de digérer les classes préparatoires sans être découragé et d'obtenir un bon classement au concours de sortie peut espérer  commencer une carrière brillante.
C'est un moyen d'éliminer mais est-ce le bon choix ?
Qui peut m'expliquer par quel moyen les mathématiques dures peuvent faire une bonne médecine, des  fonctionnaires intègres et un bon gouvernement ?
Naguère, les politiques et la haute fonction publique venaient de Normale Sup - Lettres. Ils n'étaient pas moins bons que leurs homologues d'aujourd'hui, même dans les ministères dits "techniques" (Edgar Faure, homme du livre, a fait un ministre de l'agriculture plus efficace que certains syndicalistes  - lobbyistes de l'industrie agro-alimentaire).
Une fois pour toutes, c'est décidé : il est prévu de supprimer toute perte de temps, les futures élites de la nation seront matheuses à l'exclusion de toute autre inclination.
Pour ceux qui douteraient du grand nettoyage, les cours d'histoire en terminale, vont devenir optionnels, autant dire que, confrontés à la répartition des  horaires et des locaux, ils vont disparaître. C'est le sort de toutes les options au lycée, on commence pour un an ou deux puis on abandonne.

Ils ne vont pas s'arranger, les matheux.
Quand on sait qu'une bonne partie va faire l'ENA puis entrer dans un gouvernement, on a peur.
"En oubliant le passé, on se condamne à le revivre ..."
Il sera beau l'avenir dirigé par des amnésiques.
Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 00:54
   Non, ce n'est pas la dernière trouvaille d'un distributeur arnaqueur.
C'est le prix d'un ticket-restaurant, autant dire : rien.
Pour le prix de ce rien, Action contre la Faim nourrira un enfant pendant un mois.

On nous abrutit de sidaction et de téléthon, on nous étourdit avec des chiffres qui ne veulent plus rien dire dans leur énormité (qui est capable de se figurer concrètement un million d'euros en plus ou en moins ?), et puis, c'est le choc de la  vérité brutale : pour le prix d'un seul repas ou, pire, d'un paquet de clopes,  il est possible de faire manger et donc vivre un affamé pendant tout un mois.

Je vous entends protester et je partage votre mauvaise humeur : on culpabilise les individus, les petits, et on oublie les vrais coupables. 20% de l'humanité consomme 80% des ressources ; le vrai scandale est là.
Il ne cédera pas à la bienfaisance. Il faut le combattre avec tous les outils de l'économie politique.
La lutte sera juste mais longue, difficile.
Dans notre position de combattants bien nourris, nous sommes prêts à y mettre le temps qu'il faudra.

Les petits qui meurent de faim, contrairement à nos brillants stratèges, n'ont pas le temps ; toutes les six secondes, il en meurt un.

Je ne vous apprends rien. Vos lendemains qui chantent sont aussi les miens mais il y a la vie, la mort, la souffrance qui ne repasseront pas les plats aux victimes oubliées.

Alors, rassemblons des forces pour combattre et faire gagner la justice, soyons les citoyens responsables du grand village planétaire mais les morts de la famine manqueront à tous et à nos luttes.
Cessons de croire que l'humanitaire est l'affaire des dames patronesses et des clubs-service.
  
      Donnons des sous, du travail, de la vie.

Par Tipanda - Publié dans : solidarités
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 10:15
        Les Européens sont à présent équipés d'un président bien gentil mais incolore ... C'est mal parti pour un grand dessein fédéraliste.
        Pour se consoler ( est-ce bien une consolation ?) d'autres présidences restent à pourvoir, particulièrement celle de l'Autorité Palestinienne puisque Mahmoud Abbas a opportunément décidé de jeter l'éponge.
        Beaucoup ont imaginé que, pour établir la paix entre Israéliens et Palestiniens, il fallait se parler et qu'on parlerait plus facilement avec un "modéré" qu'avec un dur. Grave erreur, l'histoire de tous les pays démontre, s'il en était besoin, que les plus grandes avancées ont été le fait des coriaces ; les chefs de guerre connaissent le prix de la paix.

Israël a besoin de sécurité. Après plus d'un demi-siècle, son existence est toujours contestée par les antisémites du monde entier, ravis de souffler sur les braises de l'incendie palestinien.
Dans un état démocratique comme Israël, l'électeur n'est pas à l'abri de la peur, il accorde sa confiance aux chefs qui semblent capables de décider plutôt que subir. C'était la force de Sharon ; il a obtenu l'évacuation du Goush Katif parce qu'on le croyait capable de protéger les citoyens en cas d'agression. "Nul ne peut tirer gloire de sa bonté s'il n'a pas la force d'être méchant" dit un vieil adage. La disparition de Sharon a mis à la tête du pays des faux durs ; plus leur discours est intransigeant et moins ils trouvent de solutions. S'il existe une vie après la mort, les héros du sionisme triomphant, de Ben Gourion à Golda Meir, doivent se retourner dans leur tombe à voir l'incurie de leurs successeurs ...

     En face, la situation est encore moins réjouissante.
Que peuvent-ils attendre du Hamas ?
Pas grand-chose de bon et surtout pas la paix.
Hors de l'aventure islamo-fasciste, il reste les héritiers d'Arafat, spécialistes en corruption, confondant diplomatie et petits arrangements. Ils ne sont pris au sérieux ni chez eux, ni à l'étranger, alors que leur subsistance dépend totalement des donateurs internationaux.
Alors, quel avenir ?   
    Les arabes de Palestine ont besoin de vivre en paix chez eux. Depuis un demi-siècle, on se dit que les problèmes se résoudront avec la création d'un état palestinien (quel que soit le nom qu'on lui donne. La sémantique n'est pas une priorité). La confiance en une direction fiable, solide, pour le lancement d'un véritable état, c'est précisément ce qu'il leur manque.
Dans l'ambiance actuelle de profond découragement, une hypothèse trouve de plus en plus de crédibilité : élargir Marwan Barghouti !
     Oui, c'est moi, l'inconditionnelle d'Israël, qui envisage froidement de confier le destin d'un jeune état à un terroriste.
Barghouti purge en ce moment une collection de peines de prison à perpétuité pour des attentats. Ce n'est pas du sang qu'il a sur les mains, c'est carrément une chaîne de boucheries.

Bon, les hurlements sont terminés ?... Reprenons.

Amos Oz a trouvé, un jour, l'expression qui convient aux relations israélo-palestiniennes : "Aidez-nous à divorcer".
Il arrive que d'anciens adversaires décident de reprendre la vie commune, ce fut le cas de l'Afrique du Sud après l'apartheid, mais, s'ils ne peuvent envisager l'avenir que dans la séparation, les obliger à vivre ensemble ne ferait que créer des souffrances inutiles, obliger les enfants à recevoir la vaisselle cassée dans les bagarres des adultes.
Un divorce, ce n'est jamais une partie de plaisir mais il se passe plutôt moins mal entre partenaires qui savent ce qu'ils veulent et sont décidés à conclure. Pour bien divorcer, se recréer de chaque côté un foyer supportable, il faut tirer un trait sur les vieilles haines recuites (ce qui ne veut pas dire oublier), aller de l'avant, faire du neuf, comme au temps de la création d'Israël, les pères fondateurs qui sont d'abord passés par la case-terrorisme.
Se parler entre états, c'est une vieille méthode qui s'appelle "diplomatie". Toutes les relations internationales sont fondées sur elle. Ce n'est pas un long fleuve tranquille mais, les relations économiques aidant, des ennemis d'hier peuvent devenir partenaires ; l'Europe d'aujourd'hui en est l'exemple flagrant.
Il faut traiter avec un état, un gouvernement, sur des questions clairement posées.
Même s'ils n'en parlent que difficilement (la crainte des réactions de leur opinion ?), les responsables politiques israéliens y pensent : le seul chef palestininien qui aurait l'étoffe et la crédibilité nécessaire est Marwan Barghouti.
La preuve ? Le véritable statut VIP dont il bénéficie dans sa prison.
Un détenu qui possède et utilise un téléphone portable et va jusqu'à donner de vraies conférences, c'est presque un cabinet fantôme ; tout ce qu'il reste de la prison, c'est qu'il ne peut pas sortir.
Alors, on attend le moment où tout ce beau monde jouera cartes sur table. Nous cesserons enfin de nous croire obligés de nous étriper au nom de causes qui seront réglées sans nous en réservant des surprises.
Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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