Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /Jan /2010 18:57
    Etienne-Emile Baulieu, à 83 ans, lance un travail de recherche sur une protéine qui interviendrait dans la maladie d'Alzheimer.
     Décidément, cet homme est un défi vivant à une foule d'idées reçues.
     Qu'en pensent tous ceux qui prétendent avec un bel aplomb que les cerveaux quitteraient la France, faute de pouvoir y travailler au delà de l'âge de la retraite ?

     Je m'épargnerai, et vous épargnerai, un débat scientifique au-dessus de mes aptitudes.
    C'est avant tout une aventure humaine qui remplit d'allégresse. On a tellement envie qu'il réussisse...
pour les malades, bien sûr, mais aussi parce qu'on a tous encore un bout de notre âme d'enfant, on aime que les belles histoires finissent bien.
     Jusqu'à présent, Etienne-Emile Baulieu, dans son rôle de philanthrope, ne nous a pas déçus.

     Le conte de fée nous réserve peut-être des épisodes inédits..
Par Tipanda - Publié dans : humeur
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 21:59
     Allons bon, encore Haïti !
Pourquoi en remettre une couche quand on est saturé des mêmes informations ?

      Il y aurait comme un malaise. Ni décence, ni seulement peur du ridicule, les querelles les plus rances  s'épanouissent au milieu des ruines.

     Un tremblement de terre a tué, blessé, ruiné tout un peuple, surtout les plus pauvres. L'heure n'est pas aux projets d'architectes et d'urbanistes. On reconstruira plus tard ; dans l'immédiat, ce qui compte, c'est la survie.  Les survivants extraits de leur tas de ruines, il faut les soigner, les faire boire et manger. 
Il faut assainir l'air et l'eau, faire disparaître les cadavres, installer des abris.
Et tout doit être apporté ; on ne peut rien trouver sur place ni dans le voisinage. Le chantier est d'abord affaire de logistique et de moyens.
     Si, comme moi, vous attendiez une réaction efficace, vous êtes soulagés de voir s'ébranler la puissance américaine, le plus grand au secours du plus faible. Eh bien, il paraît que vous et moi sommes dans l'erreur.
Les anti-américains, canal-historique et canal-révolutionnaire, nous expliquent ardemment que derrière les belles actions se cachent des intentions abominables.
 Sans rire, on va même jusqu'à soupçonner je ne sais quel projet d'exploiter les Haïtiens. Faut se calmer ! Nothing, nada, nichevo, il n'y a rien a tirer de ce fin fond de la misère, à part des ennuis.
Que cela plaise ou non, il faut bien admettre la possibilité que les Américains aient avant tout l'intention d'aider.
En juin 1944, la France a été libérée par un débarquement de troupes alliées parmi lesquelles les Américains occupaient une place essentielle. Ils ont fourni les armes et n'ont pas lésiné sur la vie de leurs soldats. En débarrassant le pays des occupants nazis, ils ont prouvé que la liberté avait besoin d'eux même en France.
 A grand renfort de moulinets et de trémolos dans la voix, les chefs de la Résistance (De Gaulle en tête) ont mis en place la légende qui leur convenait : la libération de la France par elle-même.
Les Ricains, il paraît qu'on n'aurait pas eu besoin d'eux.
Tout doucement, les années passent, elles protègent mieux la vérité que la légende.
Le mythe de l'auto-libération vacille. Mais les vieux réflexes subsistent, en France, on en veut toujours aux Américains d'avoir, par leurs exploits, montré que nous étions tout-petits, que nous avions besoin d'eux.
Toutes les occasions sont bonnes pour affûter la mauvaise foi et voir dans chaque décision américaine plus de noirceur qu'au fond d'un vieux chaudron.
On croit même utile d'en rajouter là où le simple énoncé de la réalité suffirait.
Rappelons-nous le cas dobeuliou. Dans son désir d'en découdre avec Sadam Hussein, il avait mis en avant la présence supposée d'armes de destruction massive. Littéralement, le terme peut désigner toutes sortes d'engins capables de tuer des masses de gens, on n'a que l'embarras du choix. Le dictateur irakien ne s'était pas privé d'utiliser des gaz toxiques qui correspondent parfaitement à la définition.
 Tout le monde avait pudiquement fermé les yeux devant le massacre et n'avait pas envie d'insister.
Comme personne n'éprouvait le besoin de se justifier, on a  préféré parler d'autre chose, on a laissé entendre que dobeuliou soupçonnait Sadam de posséder des armes nucléaires.
 Dobeuliou était à un va-t-en-guerre. Etait-il bien nécessaire de forcer le trait, de le présenter comme un un idiot?
    Il aurait suffi d'une explication pour démontrer que l'option militaire n'était pas la bonne ... mais on aurait manqué le plaisir de rabaisser un grand.

     L'élection du nouveau président des Etats Unis a suscité l'espoir d'une réconciliation ; on a même connu provisoirement une espèce d'engouement. Hélas, l'Obamania dura ce que durent les roses ...
Les roquets hargneux ont repris leurs aboiements.
      C'est alors qu'arriva le désastre haïtien. En présence d'un si grand malheur, solidarité et dignité auraient été de mise... pour les gens raisonnables, mais les aboyeurs ont d'autres priorités.
       Dès l'annonce du séisme, Obama envoie l'armée au secours des victimes.
       Pourquoi l'armée ? Parce qu'elle a du matériel autonome, prévu pour tous pays, toutes conditions, et des hommes entraînés à l'efficacité. C'est la logistique de guerre appliquée au traitement des catastrophes naturelles.
Efficace, rapide, on devrait l'applaudir, c'est d'ailleurs ainsi que les Haïtiens lui répondent, pas les persifleurs. Quand c'est trop bien il faut trouver le moyen de mépriser et dénigrer.
      Deux semaines de journaux, magazines et télés donnent une vue à peu près exhaustive des stupidités et calomnies qui ont été proférées, sans compter les actions qu'on a minimisées quand il était impossible de les passer sous silence.
     On a passé fort rapidement sur l'arrivée rapide de ce porte-avion-hôpital, de surcroit équipé pour dessaler l'eau de mer. Evidemment, d'une affriolante couleur kaki, arborant la bannière étoilée et marqué US NAVY, c'est un bâtiment de guerre, mais quelle importance ? On préfère des militaires qui sauvent les gens à des pacifistes bêlants incapables.
      Lorsque d'une maison effondrée, des sauveteurs en treillis sortaient un survivant et que les gens se mettaient à crier "Vive l'Amérique" ou même (horreur !), "Vive Israël", ils auraient pu être gênés, leurs adversaires.
      Ne rêvons pas, il en faut d'avantage pour les faire douter.
      Des Cubains qui crèvent d'envie sans oser le dire, aux cocaïnomanes dictateurs d'opérette, ils ont tous crié beaucoup plus qu'ils n'ont offert leurs services.
Quant-à nos grands penseurs, ils ne pouvaient rater une si belle occasion de se taire. Les pages "décryptages" du Monde sont remplies de leurs élucubrations. Nous avons l'embarras du choix.
       
       Ceux qui trouvent l'exercice trop déprimant rencontreront dans le même quotidien une déclaration d'Obama.
C'est la Bonne Volonté au sens noble du terme et, contrairement à tous ses détracteurs, il ne prétend pas détenir la solution. Il affirme "Nous ne pourrons répondre seuls à aucun grand défi".

C'est un grand professionnel, dommage que l'espèce soit si peu répandue.
Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 22:31
         Les fêtes de Noël et Nouvel An sont passées, les agapes sont digérées (du moins, faut-il l'espérer) ; il est maintenant possible d'évoquer le réveillon sans dyspepsie. Il me vient le très grand désir de m'attarder auprès de Sylvestre.
Saint Sylvestre, c'est le dernier jour de l'année, le réveillon du premier de l'an. Mais, de son vivant, qui fut donc ce Saint Sylvestre ?
          Le saint éponyme, Sylvestre Ier, était un évêque contemporain de l'empereur Constantin, il fut même la courroie de transmission permettant à l'homme politique de construire à sa guise l'Eglise en formation. Rien de très passionnant.

          Beaucoup plus intéressant : Sylvestre II, le pape de l'an mille.

Sa vie est aussi éloignée de la "Légende Dorée" que des idées toutes faites qui traînent encore sur l'église du haut Moyen-Âge.
     Gerbert, c'est le vrai nom de Syvestre II (tous les papes choisissent un pseudo parmi leurs prédécesseurs), est né vers 945 de paysans attachés aux terres de Saint-Géraud d'Aurillac, une abbaye bénédictine de l'ordre clunisien.
Première surprise. Beaucoup se font des établissements religieux une image d'Ancien Régime. Bien isolés par la clôture monacale,  le pouvoir et la vie intellectuelle sont réservés aux nobles et aux riches, c'est un décalque parfait de la société du temps. Aucune promotion sociale pour les religieux d'origine modeste ; les frères convers, moines de second rang, issus du peuple, sont employés aux tâches matérielles pour laisser aux Révérends Pères (les Dom...) le temps de louer Dieu et d'épanouir leur intelligence.
Heureusement pour Gerbert, au dixième siècle, l'ordre clunisien offrait leur chance aux sujets doués, de quelque ordre soient-ils.
Une tradition édifiante explique comment le prieur de Saint-Géraud s'attarda à contempler un jeune berger qui observait les étoiles en improvisant des repères sur des baguettes qu'il avait taillées. Convaincu d'avoir affaire à un sujet doué, il aurait alors convaincu ses parents de le confier à l'abbaye. La réalité semble beaucoup moins romantique ; l'enfant aurait été donné aux moines de Saint Géraud pour la réalisation d'un voeu ou, dans une période de disette, pour se défaire d'une bouche à nourrir. Peu importe, il est entré au monastère.
  Très vite, les moines se disent qu'ils ont fait une acquisition de choix mais que Saint Géraud d'Aurillac n'est pas le foyer intellectuel qu'il faut à un garçon aussi doué. Ils sont en relation avec des établissements plus importants en Catalogne ; ils y envoient le jeune moine parfaire son instruction dans les abbayes catalanes de Vich et de Ripoll.
C'est là qu'il est remarqué par Borrell, le comte de Barcelone.
En 970, le comte Borrell amène Gerbert à Rome où il étonne le pape Jean XII et l'empereur Otton 1er par sa science de l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie. (Gerbert sera le créateur de la sphère armillaire, elle n'a plus d'utilité scientifique mais on l'utilise encore pour la déco des bibliothèques)
Contrairement à toute attente, Gerbert ne choisit pas de s'installer près du pape à Rome ; il gagne la faveur de l'archevêque Aldabéron, reprend ses études à Reims, et obtient la direction de l'école épiscopale de la ville.  Parmi ses élèves figure le futur roi Robert le Pieux. C'est le début se son alliance avec les Capétiens.
 Sa réputation lui vaut de recevoir la direction de l'abbaye de Bobbio, en Italie, en 982. La bibliothèque du monastère comble le savant de bonheur. Il n'en poursuit pas moins son enseignement à Reims.
Au passage, une autre idée préconçue s'écroule, celle de l'immobilité du Moyen Âge et, spécialement, du haut Moyen Âge. Il n'existait pas de train ni d'avion, pas même de routes dignes de ce nom, le mauvais état des chemins interdisait de circuler en voiture, le voyageur était forcément un cavalier. Malgré ces obstacles, on voyageait beaucoup. Les intellectuels se déplaçaient pour consulter les fonds des bibliothèques réputées.
Au cours de ses voyages, ou malgré eux, Gerbert, faisant preuve de sens pratique,  trouve le temps d'imposer l'usage des chiffres arabes et du zéro. 
Contrairement aux idées en vogue aujourd'hui, ces outils sont bien commodes mais pas indispensables aux mathématiques. Thalès et Euclide qui n'étaient pas des abrutis ont réussi à s'en passer. Disons que l'initiative de Gerbert a bien facilité la vie des matheux.
Histoire de l'obliger à s'extraire de la bibliothèque, autour de 990, l'Eglise entre  dans une période de zizanie. Comme d'habitude, les autorités religieuses, les rois et l'empereur s'opposent avec un luxe de retournements d'alliances.
  Gerbert, en bon diplomate, tire les marrons du feu et devient pape en 997.
Il sera donc le pape de l'an Mille. Belle promotion pour un fils de serf.

Tout bien considéré, ce n'est peut-être pas si incroyable. Il faut avant tout se rappeler que Gerbert était moine dans l'ordre de Cluny qui était beaucoup plus riche en autorité et en prestige que la papauté.
Il choisit de s'appeler Sylvestre. Ce n'est pas un hasard ; un seul pape a porté ce nom avant lui, 7 siècles plus tôt, Syvestre 1er, resté dans l'histoire pour son partenariat avec l'empereur Constantin.
Et Gerbert, devenu Sylvestre II, entretient une ambition : instaurer avec l'empereur Otton III un empire chrétien universel, par l'union du pouvoir séculier et du pouvoir ecclésial.
Sa tentative a échoué (sinon, il serait mieux connu) mais ce pape de l'an Mille reste un personnage attachant. Homme de lumière et de science, il est la meilleure preuve de l'inanité des croyances encore très répandues sur l'an Mille.
Qui n'a pas entendu parler des terreurs de l'An Mil ?
C'est une idée bien tentante pour les amateurs de chiffres ronds, ceux qui veulent y voir des conjonctions fatidiques, mais à l'observation des faits, la croyance ne tient pas.
Le pape le plus savant que la chrétienté ait connu et qui n'aura pas de concurrence avant longtemps, en même temps que débutait la construction du "blanc manteau d'églises" de l'occident chrétien, comme âge de terreur et de ténèbres, on a connu pire.

Un millénaire après, on aimerait que le pape en exercice soit aussi peu obscurantiste ...

 

Par Tipanda - Publié dans : Feuilleton
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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /Jan /2010 23:38
Le 23 décembre 2009, mourait Yitzhak Aharonovitch, le capitaine d'Exodus.

On a l'impression que tout a été dit sur l'aventure de ce bateau, il y a même eu un film célèbre et récompensé (d'Otto Preminger avec Paul Newman). Alors, quel besoin d'y revenir ?

Un bref rappel.
    En 1947, des juifs rescapés de la Shoah embarquent sur Exodus, un vieux bateau rafistolé, pour tenter de rejoindre la Palestine, terre de leurs ancêtres, de leur foi et de leur espoir. Après les horreurs qu'ils avaient connues, leur projet aurait pu inspirer la sympathie internationale, aurait pu ... mais la politique des états n'a que faire de la solidarité.
La Palestine n'était pas un pays, juste un débris de l'empire ottoman morcelé après le traité de Versailles ; en 1947, elle n'avait toujours pas de statut définitif. Elle dépendait de la Grande Bretagne, puissance mandataire, qui n'entendait pas mettre en péril sa politique régionale fondée sur la bonne entente avec les arabes (à nouveau, souvenir d'un film : "Lawrence d'Arabie.")
Ce territoire exigu abritait, dans une paix fort relative, une mosaïque de communautés représentant les  trois grands monothéismes et leurs variantes ; il y a deux mille ans que le moindre caillou est capable d'y déchaîner les passions et la guerre.
Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, c'était prévisible, un équilibre aussi branlant que provisoire ne pourrait plus durer longtemps. Les différentes forces en présence entreprirent de faire avancer leur dossier.
Les arabes de Palestine avaient pris du retard, désunis et distancés, ils n'avaient pas réussi à former un projet d'état et leurs voisins étaient plus occupés à revendiquer leur part du gâteau qu'à promouvoir la création d'un nouvel état arabe indépendant.
En revanche, le projet sioniste était prêt, le "Foyer National Juif" pouvait devenir un état.
 Ce n'était pas du tout l'objectif des Anglais qui voulaient maintenir le statu quo ; ils voulaient d'abord freiner l'accroissement de la pression démographique juive, donc empêcher le retour vers la mère-patrie de juifs de la diaspora. Les embarcations étaient arraisonnées par la marine britannique avant de toucher la côte et l'Exodus ne fit pas exception.
Il fut ramené avec tous ses réfugiés en Europe et conduit à Hambourg où ses passagers furent internés, dans l'attente d'une décision. Les rescapés étaient à nouveau en Allemagne dans un camp de prisonniers !.
Malgré les protestations indignées, les juifs sont en captivité et ne pourront reprendre la direction de leur terre promise qu'avec la proclamation de l'état d'Israël en mai 1948. En attendant, ils ont gagné la sympathie des Européens et promu la cause du nouvel état.

D'autres bateaux ont connu les mêmes vicissitudes. Exodus n'est pas un cas unique.
Mais son histoire est devenue symbole.
Elle illustre et démontre la mauvaise foi qui préside à une erreur très répandue :

Les ennemis d'Israël, véritables antisémites qui se prétendent antisionistes, ont répandu l'affirmation selon laquelle l'état d'Israël serait un cadeau fait aux juifs sur le dos des arabes en dédommagement de la Shoah.
L'examen des événements, illustrés par l'odyssée de l'Exodus, permet de rétablir nettement la vérité.
- Israël n'a pas volé aux arabes un état qui n'existait pas.
- Israël n'est pas un cadeau fait aux juifs. Les Européens n'ont pas éprouvé assez de honte après la Shoah pour se croire tributaires. Les juifs ont lutté contre mille traquenards pour obtenir la création de leur état souverain.
- A sa naissance, l'état d'Israël fut immédiatement en lutte avec ses voisins arabes. Ils appliquèrent une tactique aussi vieille que la guerre, se chargeant des opérations militaires et suscitant un front de l'intérieur chez les arabes palestiniens. A l'époque, il était encore temps d'établir les conditions d'une coexistence pacifique en prévision de la paix. En réalité, les autorités communautaires arabes et les religieux musulmans poussèrent la rue palestinienne au jusqu'au-boutisme, avec des promesses de soutien qui n'ont jamais été tenues.
Les arabes palestiniens ont été la masse de manoeuvre de combats extérieurs, ils sont aujourd'hui dans une situation difficile, loin de la paix,  mais les responsabilités ne sont pas toutes en Israël.

   Ces faits sont connus, faciles à vérifier, pourtant le discours le plus répandu est celui qui a été distillé par les antisémites. En même temps, ceux qui le répètent avec candeur pousseraient des cris d'orfraie si on les accusait d'antisémitisme. La contradiction n'est qu'apparente.
Elle réunit des alliés inattendus tels que la bien-pensance bourgeoise et le tiers-mondisme révolutionnaire.
Ils croient ne pas être antisémites parce qu'ils détestent les pogroms et la violence, ils commémorent le jour des déportés et pétitionnent contre le négationnisme. Ils détestent l'antisémitisme ...
... mais s'affirment antisionistes.
Ils ont remplacé la brutalité par la condescendance. Ils croient aimer les juifs ; en réalité, ils aiment le petit juif humilié du ghetto. Lorsqu'il est malheureux et maltraité, ils le défendent et l'aident ; mais ils lui refusent le droit d'être puissant, indépendant, de se défendre.
Israël est la fin du petit juif qu'ils croyaient voir éternellement dominé.
Les passagers de l'Exodus ont couru les pires dangers parce qu'ils avaient besoin de ce changement essentiel.
D'avance, ils avaient compris.
Par Tipanda - Publié dans : histoire
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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /Jan /2010 11:15
  Tout doit disparaître !
C'est une opération saisonnière.
Il faut faire de la place avant de rentrer la nouvelle collection, se débarrasser des invendus accumulés.
Quand on s'est trompé dans ses prévisions, que le public a boudé la petite merveille surstockée, on tente de le séduire en baissant les prix. Il faut rentrer au moins de quoi reconstituer un stock à la dernière mode.
Tout le monde s'y est mis. Autrefois spécialité du textile et de la chaussure, la saison des soldes a gagné tous les commerces, même ... le ministère de la santé.
Pour fêter le démarrage des soldes, d'entrée de jeu, grosse promotion sur les vaccins.
La saison a été mauvaise pour l'article vedette.
Pas assez de malades grippés A. Les gens n'ont pas eu la frousse attendue. L'énorme stock de vaccins risque bien d'être périmé avant de trouver preneur.
Les individus normaux, sains de corps et d'esprit, trouvent que c'est plutôt une bonne nouvelle : moins de malades que prévu.
Mais l'économe s'arrache les cheveux. Il rappelle que gouverner c'est prévoir.
Qui s'est planté dans ses prévisions doit aujourd'hui se débrouiller pour limiter la casse. Inutile de pleurnicher, de faire valoir qu'on n'y est pour rien, qu'on avait cru bien faire, les responsables seront virés, non à la circulation comme les flics sans flair, mais au département "colportage".
Et tout échec des soldes signera un licenciement sec.
Alors on tente de séduire le gogo mais les clients solvables ne sont pas faciles à trouver et ils sont très sollicités par d'autres sur-stockés. Comment faire ?
On pourrait tenter une méthode courante dans la VPC : offrir un cadeau lié à l'achat.
C'est peut-être l'idée : demander aux autres ministères d'inventorier les nanars qui leur restent aussi sur les bras. On fait un paquet-cadeau bien alléchant et ça doit pouvoir marcher.
Une idée : refiler au meilleur client l'EPR ou le "Rafale" en prime avec les vaccins. Depuis le temps qu'on essuie des refus, on aurait l'air d'avoir réussi une vente.
C'est bientôt l'anniversaire du VRP en chef ; ça lui ferait sans doute plaisir à Nicolas.
Par Tipanda - Publié dans : humeur
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