Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /2008 23:27
Malheur au vaincu puisqu'il avait accumulé tant de haine contre lui. Il a fait fuhrer mais aujourd'hui, c'est Stalingrad.
... Bon, j'arrête les jeux de mots à deux balles.
Dimanche 16 mars, c'est la joie d'une victoire attendue depuis dix-neuf ans. Des années à subir une folie furieuse et la destruction systématique d'une ville. 
Il faut rire de tout, nous avions pris l'habitude d'appeler notre ville "Beyrouth" à cause de l'état des rues et des bâtiments, des destructions, des chantiers commencés et jamais terminés. 
Et la démocratie était dans le même état, en ruine. Les relations humaines se limitaient à l'intimidation et le mépris. 
Le cauchemar est fini. 
On a d'ailleurs intérêt à se réveiller, y a du boulot !
On respire un grand coup et on se prépare à toutes les "bonnes nouvelles" que l'audit prévu va nous apporter. 
Comment, tout à la fois, relever les ruines, recréer du lien social et lancer des projets, pour répondre aux attentes d'une population forcément pressée ?
Tout ça, sans moyens et avec des dettes ! 
Nous sommes très inconscients ou très courageux.
Souhaitez nous de la chance et de la réussite.
Par Jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Mercredi 12 mars 2008 3 12 /03 /2008 23:27

Ariel Sharon vient d'avoir 80 ans. Il avait 20ans à la proclamation d'Israël qui en a aujourd'hui 60.
 Tous deux ont grandi et vieilli ensemble. Ariel, "Arik" était une force de la nature qu'il a entièrement consacrée à son idéal sioniste.
De cette énergie terrassée par un AVC, il ne reste aujourd'hui qu'un vieillard brisé ; il n'est pas mort mais il n'est plus en vie. 
Déjà, il manque terriblement. Les siens avaient besoin de lui et n'ont pas trouvé à le remplacer.
Il est de ces hommes qui ne peuvent laisser indifférent. Il a suscité autant de reproches que d'enthousiasme. Son ardeur guerrière rassurait ; elle seule pouvait donner aux Israéliens assez de confiance pour envisager une paix qui n'entrainât pas leur destruction. 
Les "colombes" se répandent en invocations : "la paix, la paix, la paix..." qu'on ne voit toujours pas arriver. Faire est plus difficile que parler. 
Seul un guerrier comme Sharon pouvait avoir l'audace de faire reculer des colons, parce qu'il ne le faisait pas gratuitement. Il avait les moyens de promettre la sécurité en échange de la terre.
Le grand moment d'espoir s'est arrêté avec lui, personne ne semble avoir l'étoffe ni la volonté de poursuivre le mouvement qu'il avait initié.
Nous regretterons longtemps qu'Arik soit tombé avant d'avoir mené son projet au bout ; en même temps, c'est la colère, un reproche que nous pourrions adresser à beaucoup de grands hommes : 
Arik, pourquoi n'as tu pas préparé ta sortie, prévu une relève digne de toi ? Te croyais-tu éternel ? Ou bien, voulais-tu être sûr de laisser des regrets ? Dans ce cas, c'est réussi, pour le malheur de ce pays qui te doit tant.

Par Jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Vendredi 29 février 2008 5 29 /02 /2008 00:43

Dans un état de droit, qui sanctionne les coupables ?
- "Facile ! dites-vous, c'est la justice." 
Donc la France n'est plus un état de droit. 
C'est la fin du vieux principe : "qui a accompli sa peine a payé sa dette à la société, elle ne lui réclame plus rien". 
Dorénavant, des criminels condamnés par la justice, lorsqu'ils auront terminé leur peine, pourront en subir une autre ... décidée par qui ? Qui devra dire "tel coupable n'est pas assez corrigé, on le garde enfermé" ?
Aucune juridiction n'a été prévue pour s'en charger. C'est bien la première fois qu'une loi prévoit une sanction sans qu'on sache quel tribunal sera chargé de l'appliquer. 
Alors qui?  
                     - Le JAP (Juge d'Application des Peines) ? Ce n'est pas son travail, il n'est pas là pour distribuer des sanctions mais pour veiller à l'application de celles que les tribunaux ont décidées et dont ils lui ont confié le suivi. 
                     - Un tribunal, lequel, de quelle juridiction ? Il faudrait une sorte de  procès de fin de peine. Ce n'est pas clairement prévu 
                    - Le préfet, la police ? On serait en pleine confusion des pouvoirs. Il n'appartient pas à l'administration, au pouvoir exécutif de prendre une décision de justice, comme enfermer des gens, encore seraient-ils les plus grands coupables. On se croirait à Guantanamo que les hommes politiques français aiment pourtant si bien vouer aux gémonies.
Et le Conseil Constitutionnel n'aurait pas vu l'obstacle ? C'est peu vraisemblable.
 Ils ont laissé faire l'impraticable. Peut-être se sont-ils rendu compte que d'ici le commencement d'une tentative d'application, il se passerait bien des événements, bien des gouvernements se succéderaient, auraient le temps d'abroger mille fois ce texte mal ficelé. 
En attendant, ils ont ménagé leur popularité en laissant les loups hurler .
A grand renfort de déclarations, avec l'appui écrasant de la presse et des médias, depuis quelques années, le tueur pédophile est le diable personnifié, bien pratique pour imposer sa figure détestable avant toutes les autres informations. 
S'il n'existait pas, il faudrait l'inventer. Tant pis pour les dégats collatéraux.
Lors du retentissant fiasco judiciaire d'Outreau, l'attention s'est focalisée sur les erreurs de procédure d'un juge. Il ne s'est pas trouvé grand monde pour faire remarquer que l'affaire a été rendue possible par la véritable obsession entretenue autour de la pédophilie. On voit des violeurs et des meurtriers d'enfants partout, au point que des bénévoles qui faisaient du soutien scolaire ou des animations enfantines ont cessé leurs activités, craignant de se trouver pris dans un tel engrenage de dénonciations et d'accusations. 

Le peuple ému par l'atrocité des crimes laisse parler ses sentiments au lieu de réfléchir. 
Il est mûr pour se laisser imposer des mesures liberticides que sa raison normalement repousserait.
Il est à point pour toutes les aventures populistes, la démocratie n'a qu'à bien se tenir.

Par Jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /2008 22:56

Nous avons besoin des grands labos. Sans eux, pas de médicaments.
Ils ne sont pas des oeuvres charitables mais des entreprises, donc ils veulent et doivent faire du profit.
Résultat : il ne peut exister de recherche pour l'amour de l'art, c'est un investissement qui doit générer un retour financier. 
Et quel retour peut-on attendre d'un médicament lorsque le nombre de patients concernés est trop réduit ? C'est le cas des maladies rares ; nos sociétés riches en sont réduites à tendre la main, à s'en remettre à la charité publique,  jusqu'à tomber dans le grand-guignol télévisé.
D'autres maladies affectent des populations innombrables mais ... insolvables. Un exemple vient tout de suite à l'esprit, c'est le paludisme. Régulièrement, on nous laisse entrevoir l'émergence d'une solution, médicament ou vaccin ; mais le résultat se fait attendre. Il irait certainement plus vite si les moustiques infestaient  le Nord avec ses consommateurs riches. 
Pour les recettes éprouvées et amorties, il y a les génériques, mais, pour les nouveautés qui exigent des recherches, il faut bien s'en remettre aux grands labos.
Mais leur gros problème, c'est qu'ils n'inspirent pas la sympathie. 
Et il y a des arguments en faveur de la méfiance.
Ces rois de la pharmacie sont aussi les maîtres des produits phytosanitaires, pesticides, insecticides, défoliants et autres... responsables de dégats considérables sur l'écosystème et, par conséquent, sur les humains. 
Les apiculteurs en lutte contre le CRUISER recueillent beaucoup plus de sympathie que le fabricant d'insecticide, regardé comme un monstre froid, capable de sacrifier la terre entière au profit immédiat de quelques gros actionnaires.
Pour conforter l'hostilité générale à l'égard des grands de la chimie, il faut reconnaître qu'ils ont laissé une tache indélébile sur l'histoire du vingtième siècle. 
ZYKLON B, ce nom qui donne encore le frisson et la nausée, c'est le gaz de mort, agent de l'extermination des juifs d'Europe par les nazis. 
Il n'a pas été inventé et fabriqué par une entreprise d'armement. 
Lauréat d'un concours ouvert par la marine allemande pour la dératisation et la désinsectisation des cales de bateaux, ce produit chimique a été "perfectionné" par IG Farben, un consortium d'industries chimiques qui ont gagné, toute honte bue, des sommes considérables sur la mort de millions d'êtres humains.
 A la libération, IG Farben a été démembré mais les entreprises qui le constituaient existent toujours.
Rien d'étrange à ce que beaucoup s'inquiètent à l'idée de remettre leur santé et même leur vie entre les mains de gens qui trainent un tel passé.

Par jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Vendredi 22 février 2008 5 22 /02 /2008 23:21

Malgré le cri d'alarme des écologistes et des apiculteurs naguère échaudés par le GAUCHO et le REGENT, les autorités- dites sanitaires- autorisent la commercialisation du nouveau fleuron des insecticides, le CRUISER. 
Pour les amateurs de détails, c'est le nom commercial du thiamethoxam, le petit dernier du laboratoire SYNGENTA, produit d'une synergie de noms importants de la chimie, Novartis et Astra Zeneca.
Il s'agit d'un insecticide systémique. Pour faire bref, le produit se présente comme un enrobage dont on enduit les semences ; ensuite, les graines poussent et donnent une plante imbibée de l'insecticide, d'où l'appellation "systémique". 
Son charme réside justement dans ce prodige : transformer une proie des insectes en tueuse d'insectes ou, tout au moins, la rendre impropre à la consommation par les bestioles parasites.
Las ! La perfection n'est pas de ce monde et les problèmes ont tendance à dépasser les avantages.
Le plus évident : un tueur d'insectes ne fait pas la différence entre les nuisibles et les abeilles. Mais les butineuses sont indispensables à la pollinisation et, par conséquent, à la reproduction des plantes, donc à la vie de tout l'écosystème.
- Au passage, les rois de la chimie ont peut-être un projet dans leurs cartons : un antidote que les apiculteurs pourraient  administrer à leurs ruches. Ils gagneraient sur les deux tableaux. Les abeilles sauvages n'auraient plus droit à la vie, mais on n'est plus à une extinction d'espèce près. C'était une supposition ...- 
Ensuite, si nous cherchons le mode d'action de cette brillante invention, sa manière de tuer, nous apprenons que c'est un neurotoxique. 
Tout de suite, une question : comment une substance toxique pour les insectes pourrait être inoffensive pour les autres animaux, dont l'homme, alors qu'on nous a depuis toujours démontré que les insectes sont beaucoup plus résistants que les mammifères ?
En soupçonneuse invétérée, je fais un rapprochement fatal : depuis quelques années, nous assistons à une inquiétante augmentation des cas de maladies neurologiques, parkinson, alzheimer, sclérose en plaques etc. En même temps, l'usage des produits systémiques, tellement pratiques (!), se répand dans tous les domaines de notre quotidien.
Pour l'instant, l'autorisation du CRUISER est provisoire, pour un an. Alors ...

Il est peut-être grand temps de se précipiter pour sauver nos petites soeurs les abeilles avant d'y passer aussi.

Par Jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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