Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /Mai /2010 20:13

    Vous êtes sceptiques, je le sens. Quand j'aurai précisé qu'il s'agit d'Israël, vous serez incrédules et même vous vous moquerez.

Je me suis taillée une réputation de sioniste inconditionnelle, vous penserez que cela ne me ressemble pas de chercher à calmer le jeu.

    C'est pourtant l'amour d'Israël qui me pousse à soutenir l'Appel à la raison.  Et c'est en son nom que je vous appelle à faire de même en cliquant sur Jcall.eu.

A l'origine, on trouve des juifs,

israéliens, comme les diplomates Elie Barnavi et Avi Primor,

ou européens : des rabbins, des artistes, des intellectuels, des journalistes, tous connus pour leur attachement à la souveraineté de l'état d'Israël.

Tous ces fidèles parmi les fidèles nous déclarent : "L'alignement systématique sur la politique du gouvernement israélien est dangereux car il va à l'encontre des intérêts véritables de l'Etat d'Israël".

 

   Israël a été la plus belle utopie du vingtième siècle.

   Le Juif errant disait non à l'ancienne malédiction et rentrait au pays de ses ancêtres pour, enfin, poser ses valises, être chez lui et faire pousser des fleurs dans le désert. Mais ce n'était pas le énième avatar du principe des nationalités, le nouvel état affirmait aussi des valeurs morales, son attachement à la démocratie, à l'étude, son respect des libertés privées et publiques.

Hélas, son droit à l'existence est contesté depuis depuis les origines, le jardin d'Eden n'est qu'un champ de bataille. Plusieurs générations n'ont connu que la guerre qui use et détruit.

Il y a les morts, les blessés, ce sont les plus évidents des malheurs. Mais l'abaissement moral d'un peuple en guerre, c'est un dommage pernicieux et difficile à réparer. La majorité des Israéliens en ont conscience et souhaitent d'abord vivre, vivre en paix.

    Évidemment, pour faire la paix, il faut être deux. Rien n'est possible avec des adversaires qui trouvent un avantage dans la guerre et sont bien décidés à faire échouer tout accord. Il serait illusoire et contre-productif de chercher à négocier avec le Hamas ou le Hezbollah.

    Des bellicistes inconséquents, on en rencontre aussi en Israël : une extrême-droite qui se dit religieuse mais qui se montre surtout raciste et xénophobe, le comble pour les représentants du peuple victime de la Shoah. Une injure à la mémoire des pionniers.

    L'avenir d'Israël et la paix ne sont pas condamnés, la solution est même de plus en plus évidente : mettre hors-jeu les fous de guerre et porter au pouvoir les bonnes volontés.

    La théorie est plus facile que la pratique. Pour neutraliser les  démagogues qui exploitent la peur, les citoyens ont besoin de l'appui de tous les démocrates.

    Nous pouvons les aider en combattant les préjugés et les généralités. Dans nos quartiers et nos médias,  il faut refuser la victimisation systématique des Palestiniens. Le Hamas est un parti criminel, il faut savoir le dire bien haut.

    En face, même si notre coeur penche vers Israël, soyons justes. On y rencontre aussi des va-t'en-guerre, des racistes et des corrompus, ils ne sont pas nos amis. L'indulgence envers eux est une faute mais il faut avoir confiance en la démocratie israélienne.

    Les soi-disant antisionistes, vrais antisémites, nous rabachent consciencieusement que toute la colère des Arabes repose sur le conflit israélo-palestinien. Une fois la paix établie, preuve sera faite qu'il ne s'agissait que d'un prétexte.

    En même temps que la paix progressera la justice.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 09:47

Les plate-formes pétrolières, jusqu'à présent, ne faisaient des morts que chez les ouvriers qui y travaillaient.

C'était probablement sans importance ... en tout cas, on n'en parlait pas.

Une espèce d'apocalypse est en cours... ce coup-ci, on en parle.

On trouvera des responsables mais la fureur des bien-pensants n'ira pas jusqu'à condamner ces forages déments.

L'amour du pétrole est une passion fatale.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 24 avril 2010 6 24 /04 /Avr /2010 21:26

  Une histoire, solidement cousue d'un fil blanc aussi épais qu'une corde de pendu.

  Le code de la route impose au conducteur une tenue qui lui permette d'être à l'aise au volant pour diriger son véhicule en sécurité. On a même connu la mode des sièges chauffants qui permettent, en hiver, d'ôter son manteau avant de s'installer aux commandes.

Simple prudence, Il ne viendrait à personne l'idée de conduire ficelé dans une camisole de force, et pourtant... 

   Une automobiliste conduit empaquetée dans un voile intégral (également nommé "sac-poubelle") qui, visiblement, ne lui permet pas toute l'autonomie souhaitable. Arrêtée, elle se voit infliger l'amende modique d'une vingtaine d'euros.

A sa place, qu'auriez vous fait ?

Vous auriez écrasé, accusé le coup, surtout quand la discrétion est dans votre intérêt.

    Pas elle. Elle proteste, essaie de faire annuler le PV.

Peut-être était-ce sa manière de lancer un appel au secours, de faire connaître sa situation ?

En effet, à la suite de sa réclamation sont enclenchées vérification, enquête et ... découvertes : le mari de la récalcitrante est un islamiste intégriste (pléonasme), militant et polygame ; chaque épouse étant suivie d'enfants, elles bénéficient des allocations familiales et allocation-parent isolé.

   L'histoire abondamment répandue sur les ondes, la réaction populaire se manifeste.

Depuis la cour d'école où il jouait au gendarme et au voleur, le Français garde chatouilleux le sens de la justice. Il est indigné, horrifié d'apprendre qu'on puisse être polygame en France et faire entretenir toutes les coépouses par la caisse d'allocations familiales, alors que tant d'honnêtes gens n'arrivent pas à joindre les deux bouts.

Au passage, son indignation fait l'affaire des propagandistes d'un certain projet de loi anti-burqa, même si les esprits grincheux ne peuvent éviter quelques interrogations. 

L'usage du mot polygame, dans la circonstance, est impropre. En France, si on a plusieurs compagnes, on cohabite, on n'est pas marié. On ne peut avoir qu'une épouse à la fois. C'est pour ce motif que la loi impose au mariage civil de précéder la cérémonie religieuse.

Un nostalgique se rêve en imitateur du prophète avec ses quatre épouses, la loi ne se plie pas aux folies des uns et des autres ; légalement, il a une épouse et trois maîtresses. Leurs enfants ont droit à la même protection que tous les enfants qui vivent sur le territoire français, ils n'ont pas à subir les conséquences des fautes de ceux qui les ont fait naître.

Toute personne qui a fait, un jour, la demande d'une allocation ou une autre, a pu expérimenter à ses dépens le maquis de tracasseries, contrôles et justificatifs auxquels il doit satisfaire. La charge de la preuve, c'est toujours au demandeur qu'elle revient.  S'il est exact que les mères reçoivent une allocation de parent isolé (c'est à vérifier), l'explication est à demander à la CAF.

Toujours sous réserve que l'information soit exacte, c'est l'épouse officielle, celle qui est légalement mariée qui a déposé le recours à l'origine de l'affaire. Et si elle l'avait fait pour donner un coup de pied dans la fourmilière, pour être débarrassée des co-épouses et de leur progéniture ?

Justement, des voix s'élèvent pour demander que le mari, naturalisé par mariage, soit déchu de la nationalité française ; l'expression glace tous les démocrates depuis un fâcheux précédent, la politique raciale de Vichy.

Que faire ?

   Difficile de protéger La Liberté en bloc, celle des uns s'arrêtant au seuil de celle des autres. Il reste que les forts se libèrent facilement au détriment des plus faibles qui n'ont qu'à subir.

Une femme déclare : "C'est ma volonté et ma liberté de me voiler", on peut la croire, ne pas chercher plus loin. C'est une attitude confortable, facile comme l'aveuglement qui nous interdit de sortir un adepte des griffes d'une secte. Elle nous évite les questions gênantes sur l'emprise mentale.

Qui lui a mis cette idée dans la tête ? Elle ne lui est pas tombée du ciel, il a fallu une rencontre.

La converties est un cas particulièrement intéressant. Généralement issue de milieux éloignés de l'islam et même de toute confession, elle a rencontré Dieu avec l'amour. Elle n'a pas d'histoire personnelle avec la religion, aucun passé où puiser les expériences qui lui permettraient de faire la part de la séduction et celle de la foi. L'homme qu'elle aime semble animé par une force supérieure ; elle se sent appelée à partager son aventure, elle veut se montrer digne de lui. Alors, elle fait tout ce qu'il veut, elle devance même ses désirs. Il n'est pas de prosélyte plus exigeant (et agaçant) que les néophytes. Elle est de bonne foi quand elle affirme avoir choisi sa vie, elle n'est pas consciente de l'autorité qui la gouverne, elle est sous influence.

   Le "gourou", comme dans toute secte, veille à garder le contrôle de la situation. Il organise la vie de sa victime pour qu'elle ne soit jamais seule. Quand il n'est pas là, il faut qu'elle soit surveillée par d'autres adeptes qui lui éviteront toute tentation d'aventure personnelle. Il est prudent ; loin des yeux, loin du coeur, l'adepte peut perdre la foi ou se précipiter vers un autre amour et une autre religion si la cage est tant-soit-peu ouverte.

Le moyen le plus efficace de faire cesser l'emprise, c'est donc la fin de l'histoire d'amour. Plus facile à dire qu'à faire.

Restons, au moins, conscients des responsabilités.

Au lieu de nous en prendre aux victimes, combattons leurs bourreaux.

Des pistes doivent s'ouvrir. Pour s'en tenir à ce fameux voile intégral, à supposer qu'il soit effectivement interdit, au lieu de verbaliser la porteuse, pourquoi ne pas sanctionner l'homme qui la dirige ?

Tout ne serait pas gagné mais nous aurions montré que nous ne sommes pas naïfs et que nous ne sommes pas prêts à capituler sur le terrain des libertés.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 00:10

    Je vous parle d'un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître ; au début des années soixante, les événements qui vont suivre avaient déjà un arrière-goût d'antiquité.

 

   Le cadre : un village du nord de la France avec son église, sa mairie, son école de filles et son école de garçons, un petit millier d'habitants, de moins en moins paysans, de plus en plus ouvriers, mais toujours entourés de potagers et poulaillers. 

    Les personnages-clés :

Un prêtre comme on en voyait peu, même à l'époque.

Le concile n'était pas encore passé, on ignorait les termes "traditionaliste" ou "intégriste" mais notre curé en était la parfaite représentation.

Ancien poilu de la Grande Guerre, il n'avait jamais décroché de son bureau le portrait de son idole, le Maréchal Pétain, ceux qui voulaient lui trouver des excuses disaient que c'était le choc de la guerre, qu'il n'était jamais vraiment sorti des tranchées.  Pour calmer le jeu, des paroissiens audacieux avaient bien essayé d'obtenir le remplacement de l' effigie du Maréchal par celle du Général De Gaulle, ils tombèrent de Charybde en Scylla : l'obstiné déposa une toute-petite photo du général, alors Président de la République, au pied du grand portrait de son héros, avec abondance de commentaires sur la hiérarchie des préséances. Les habitués du presbytère n'y prêtaient plus attention, seuls les hôtes de passage étaient encore assez choqués pour réprimer un haut-le-coeur.

C'était le cas des missionnaires diocésains. Chaque année, il appelait à l'aide cette escouade de jeunes prêtres faméliques pour assurer, avec plus de talent que lui, le prêche de la neuvaine à Ste Rita ... car ce fervent passionné de l'ordre et de la musique militaire (hélas ) avait aussi le sens des affaires.

D'une chapelle carrément minable et d'une laideur confondante, il avait réussi à faire un lieu de pèlerinage rémunérateur ; le négoce d'objets de piété, huile, baume, images et  médailles, transformait l'entrée de la chapelle en véritable souk, parfaite évocation des marchands du temple.  La Ligue paroissiale des Femmes  fournissait les vendeuses, évidemment bénévoles ; l'argent rentrait sans faire un sou de dépense, preuve que Ste Rita est bien la Sainte des causes désespérées. S'inclinant devant la réussite, l'archevêque reconnaissant passait sur les bizarreries et accordait à l'homme d'affaire toute l'aide dont il pouvait avoir besoin.

Les nourritures terrestres ont un charme puissant, même sur les hommes de Dieu ; les jeunes missionnaires  pauvres abandonnaient très vite leurs réticences, amadoués par la cuisine exceptionnelle de la gouvernante. La Neuvaine Sainte Rita occupait dans leur agenda le statut envié de vacances gastronomiques.

    En face, qui pouvait chercher à lui mettre des bâtons dans les roues ?

Le maire ? Non. Le pauvre homme vivait douloureusement son état de pécheur, il était divorcé remarié.  Dans l'espoir d'obtenir le pardon divin, il tenait avec application, à défaut de talent, le grand orgue de l'église. Il faisait ce qu'il pouvait, après des dizaines d'années, toujours autant de fausses notes tirées d'un instrument exceptionnel qui aurait comblé un virtuose. La musique reliait le maire et le curé, ils étaient aussi nuls mais on n'a jamais vu (ou plutôt, entendu) de messe sans musique. Ensemble, ils appelaient musique le bruit impressionnant qui sortait des tuyaux, ils étaient contents et solidaires. Pas de guerre à craindre du côté de la mairie. 

     L'ancien poilu ne connaissait qu'une opposition de taille : le couple de mécréants qui dirigeait l'école de garçons

Ces enseignants combatifs appelaient laïcité  la guerre qu'ils faisaient à la religion. Ils étaient exactement les adversaires qu'il fallait à ce curé-là et le village était le public de leurs joutes incessantes.

Presque toutes les familles étaient concernées.

En ce temps-là, c'était avant les lois Debré et les contrats d'association, entre les frais de scolarité, d'hébergement et de transport, il fallait de l'argent pour fréquenter l'école confessionnelle. Au village, seule la bourgeoisie rurale, celle du négoce de bestiaux, confiait ses enfants à des internats privés dont la cherté rivalisait avec le mauvais résultat des études. Les parents en attendaient une certaine discipline pour les garçons et l'apprentissage des vertus domestiques pour les filles. Le niveau d'enseignement leur importait peu ; quant-à la formation professionnelle, les pères se chargeraient, le moment venu, d'apprendre à leurs fils comment tâter le cul des vaches et les négocier.

Les autres, c'est-à-dire l'immense majorité des élèves, fréquentaient l'école du village, même les enfants des partisans du curé. Ils étaient donc en première ligne sous le feu des adversaires de la soutane.

  Ils trouvaient souvent l'occasion de déterrer la hache de guerre en la personne des ... enfants de choeur (!)

En ce temps-là, on n'avait pas encore pris l'habitude de voir la messe servie par des adultes ou de grands adolescents. Les enfants de choeur étaient des garçons d'une dizaine d'années inscrits à l'école du village.

Messe du dimanche ou fête carillonnée ne posaient aucun problème, l'école étant fermée. La situation se compliquait quand une cérémonie était prévue en semaine, un jour de classe.

Bien sûr, il n'était pas question de laisser les élèves quitter l'école à tout moment pour l'église.

Plus grave, les morts ne faisaient rien pour calmer le jeu ; beaucoup d'enterrements se déroulaient en dehors des vacances scolaires. C'était encore l'époque des funérailles d'antan chères à Brassens ; il existait plusieurs classes d'enterrements et une première classe ne se concevait pas sans un minimum de personnel. Il fallait au moins deux enfants de choeur.

Impossible de renoncer au décorum et au profit qui l'accompagnait ; les gamins, eux-mêmes, tenaient au respect des usages, surtout celui du pourboire que la famille du défunt laissait aux enfants de choeur.

Alors, c'était la chasse au prétexte. Le plus souvent, la mère faisait un mot d'excuse pour expliquer, sans plus de précisions, que son fils devait assister aux obsèques d'un proche.

Difficile de s'y opposer mais l'astuce ne tenait pas longtemps ; le cortège funèbre traversait le village et les informateurs ne manquaient pas pour dénoncer le coupable au directeur. Alors venait le temps des représailles, parfois des punitions injustes sur de vagues prétextes (là aussi), des fautes imaginaires. L'ambiance était détestable et la victoire incertaine pour le curé.

    Les timides et les influençables pouvaient changer de camp à tout moment. Il fallait trouver un coup décisif, porter l'estocade en se ralliant les familles.

Le curé se mit à réfléchir intensément, il fouilla sa mémoire et les archives et il trouva.

     Les enfants bravent les punitions pour servir aux enterrements dans l'attente d'un pourboire. Il faut donc les attacher par des promesses, leur permettre de gagner des sous et des cadeaux.

On va ranimer les vieilles traditions pascales au profit des enfants de choeur.

Le dimanche des Rameaux, suivant la tradition, les paroissiens font bénir des branches de buis et les rapportent chez eux pour s'attirer un an de bénédiction. Les intérieurs dépourvus du rameau sacré sont rares ... mais on en trouve chez les distraits qui ont oublié la date, les imprévoyants qui se sont trouvés dépourvus de buis et les malades qui n'ont pu se rendre à l'église.

Les enfants de choeur vont réparer ces manques : ils vont apporter à l'église un gros fagot de buis et, après la bénédiction, ils vont aller le proposer de porte en porte. Les paroissiens qu'ils dépanneront leur glisseront bien une pièce.

Voilà une bonne idée mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?

    On va faire reprendre l'air aux crécelles.

Petit retour en arrière sur une vieille tradition qui se mourait et ne demandait qu'à reprendre vigueur :

La vie collective, dans les campagnes, est rythmée par les cloches sauf les vendredi et samedi saints ; la chrétienté endeuillée fait taire ses cloches. Alors, comment annoncer l'office du samedi soir ?

Autrefois dans le village, des groupes de pieuses personnes circulaient en agitant des crécelles de bois et criant devant chaque porte l'heure de l'office. Au fil des ans, la tradition s'était presque perdue mais les crécelles étaient presque intactes, un coup de chiffon et elles étaient bonnes pour le service.

Avoir, non seulement le droit, mais le devoir de faire du bruit, c'est un vrai plaisir pour tous les enfants. Les enfants de choeur ne font pas exception. C'est avec tout leur enthousiasme qu'ils ressuscitèrent la tradition.

Le samedi saint, ils secouaient les crécelles et le lundi de Pâques, ils refaisaient le même trajet pour recevoir leur récompense : munis d'un grand panier, ils faisaient la quête aux oeufs.

Les paroissiens qui avaient des poules leur donnaient des oeufs, ceux qui n'en avaient pas déposaient quelques pièces dans le panier. Le rendement était bon, même auprès des adversaires du curé ; en ce temps-là, on donnait toujours, si peu que ce soit, aux demandes effectuées par des enfants.

Les gamins empochaient les sous, leurs mères récupéraient les oeufs.Tout le monde y trouvait son compte.

 

C'est ainsi qu'un personnage déplaisant réussit à se maintenir une improbable popularité.

 

Par Tipanda - Publié dans : histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 10 avril 2010 6 10 /04 /Avr /2010 10:10

      Le vendredi Saint, pour les chrétiens, c'est l'anniversaire du supplice de Jésus.

En mémoire du sacrifice fondateur, les catholiques célèbrent l'Office des Ténèbres, un rituel empreint de deuil et d'émotion (heureusement ennobli par de merveilleux airs baroques comme "Les leçons de ténèbres" de M.A. Charpentier, hélas fort oubliés.)

       C'est un temps fort de l'année liturgique. A Rome, l'homélie du Vendredi Saint n'est pas dite par n'importe-qui, on ménage les forces du vieux pape pour qui ce n'est que le début du marathon pascal, mais c'est un prélat important qui se charge de porter la parole au nom de la Curie Romaine. Ce vendredi saint 2010, le travail est revenu au cardinal P. Raniero Cantalamessa, digne représentant de la pensée pontificale et ... pontifiante.

      Dans le contexte actuel, fait de honte et de repentance,  on surveillait la parole de l'autorité centrale. On ne s'attendait pas à ce que le monsignore se couvrît la tête de cendres en s'abîmant dans l'affliction. Quand on parle au nom d'une Eglise Sainte, Apostolique et Romaine, on ne se départit jamais de la dignité due à son rang, mais on s'attendait à une parole chargée de sens. On voulait entendre ce que le sommet de la hiérarchie catholique avait à dire des turbulences liées aux scandales qui la poursuivaient.

Et il fut dit.

Le cardinal évoqua une lettre d'un ami juif.

Vous l'aurez certainement remarqué, la providence permet à tout raciste de faire état d'un ami appartenant à la race honnie ; il semble qu'encore une fois elle ait bien fait les choses.

Le supposé ami opérerait un parallèle entre  les accusations qui s'accumulent contre les prêtres pédophiles et l'antisémitisme.

    Comparaison hautement improbable, on n'imagine pas qu'un juif, même animé de la haine des siens, puisse faire le moindre rapprochement entre la persécution millénaire d'un peuple et les misérables ennuis d'un clergé qui ne risque pas grand-chose hormis sa réputation.

Il y aurait à peine de quoi hausser les épaules ... mais le peuple juif est le peuple de la mémoire. Il n'a pas oublié la persécution toujours active même si elle est plus feutrée pour cause de politiquement correct.

     On ne soupçonnait pas les juifs de jouer à touche-pipi avec les gamins, on les accusait de pratiquer des crimes rituels, de sacrifier des enfants chrétiens (dans une religion sans sacrifices !) pour utiliser leur sang dans la préparation du pain azyme. Il faut être d'une crasse ignorance pour imaginer qu'on puisse incorporer du sang dans le pain, azyme ou non. Au passage, les chrétiens ne sont pas les mieux placés avec leur transsubstantiation. Peu importe, qui veut tuer son chien l'accuse d'être enragé, on n'hésite pas devant les pires invraisemblances quand on a seulement besoin d'un prétexte pour justifier l'injustifiable.

     Quand ces temps barbares eurent laissé place aux lumières, il fallut trouver des tracasseries plus présentables. Le clergé se contenta de procéder à des baptêmes clandestins et des conversions forcées d'enfants juifs, ce qui lui donnait un prétexte pour les enlever à leur famille ... pour la plus grande gloire du Seigneur.

      Certes, il ne faut pas oublier la Shoah qui vit des ecclésiastiques se muer en Justes. Il faut se rappeler que certains ont même veillé à ne pas éloigner leurs protégés du judaïsme. Que justice leur soit à jamais rendue, mais l'héroïsme de quelques uns ne rachète pas l'antisémitisme des autres.

Ce cardinal romain nous prend tous pour des amnésiques et des malhonnêtes.

Les catholiques, en l'écoutant, doivent se dire qu'avec des amis pareils on n'a vraiment pas besoin d'ennemis.

Par Tipanda - Publié dans : humeur
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Concours

Recommander

Derniers Commentaires

Recherche

Profil

  • Tipanda
  • -Jacqueline Simon - dite
  • Femme
  • Nord MARLY
  • im-patiente et obstinée.
  • Je ne tiens pour vrai qu'une certitude : rien ne vaut la vie
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés