Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 18:59

   Il est des chanceux qui font envie. Ils ont connu le bonheur de se voir attribuer des prénoms heureux.

Pensons aux

Aimé et Aimée (l'amour ! Que vouloir de mieux ?),

Agathe (elle est bonne),

Ambroise (l'ambroisie, un aliment divin),

Amour (pour qu'on n'oublie pas de l'aimer),

Ange et Angèle (emplumés du paradis),

Aristide (le meilleur),

Béatrice (elle apporte le bonheur),

Bénédicte (une vraie bénédiction),

Clément et Clémence (douce qualité),

Constant et Constance (amis de Fidèle),

Désiré (le rêve de tous les enfants)

Emmanuel (Dieu avec nous), 

Eugène et Eugénie (ils sont bien nés),

Félix et Félicité (que du bonheur !),

Fidèle (plein de qualité quand on n'oublie pas le "e"),

Honoré et Honorine (éviteront le déshonneur),

Léger (sans régime),

Lucie et Lucien (la lumière),

Maxime (le plus grand), 

Parfait (quoi de mieux ?),

Prudence (la mère de sureté),

Sophie (la sagesse),

Théodore (cadeau de Dieu),

Théophile (aimé de Dieu),

Victor, Victoire et Victorien (ils ne partent pas battus d'avance), 

Pour compléter la liste, aujourd'hui, 30 octobre, c'est la fête de Bienvenue.

Imaginons une famille idéale où le premier né s'appellerait Désiré, le second Bienvenue et le troisième Aimé, nous oublierions que trop d'enfants ne sont ni désirés, ni bienvenus, ni aimés.

 Bonne fête à tous les Bienvenue que nous embrassons.

Par Tipanda - Publié dans : C'est votre jour.
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 15:49

   Souvenir littéraire d'un humour corrosif : Candide, conte philosophique de Voltaire.

   Candide qui porte bien son nom, parcourt la planète  escorté de son mentor, Pangloss, qui rabâche "Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes". Au cours de leurs pérégrinations, ils passent par Lisbonne. Pas de chance, c'est le tremblement de terre, ses morts et ses destructions. Très vite, il apparaît à nos héros que les autorités civiles et religieuses regardent le sort des victimes comme le cadet de leurs soucis.

   Heureusement, les mentalités ont changé ; c'est ce que nous croyons naïvement, modernes adeptes des droits de l'homme et de l'humanitaire.

   Du côté de Van, dans la partie orientale de la Turquie, la terre vient de trembler ; les bâtiments se sont écrasés sur leurs habitants. Aussitôt, nous imaginons la répétition du scénario habituel, les équipes de secouristes se rendant sur zone pour sauver les victimes. 

   Et nous avons tout faux.

Les sinistrés ont-ils été consultés ? Probablement pas. Leur premier ministre a personnellement décidé que son fier pays comptait sur ses propres forces et n'avait besoin de personne.

   Les secours brillent par leur insuffisance, un coup de main serait bien utile mais le chef refuse avec dédain.      

    Inch Allah ! mais Dieu est très occupé, il a certainement d'autres chats à fouetter. Bref, la catastrophe naturelle se change en désastre humain.

    Cet islamiste qui se dit modéré, presque humaniste, abandonnerait ses concitoyens uniquement pour jouer le bravache ? L'explication serait trop facile ; la réalité est beaucoup plus triste. Passant par Van, Candide échapperait aux flammes de l'autodafé, peut-être en aurait-il du regret, il se contenterait de mourir de froid sous la tente, dans l'hiver des montagnes .

La région de Van est le Kurdistan turc et la Turquie a toujours rêvé d'un Kurdistan vidé de ses Kurdes, de la même manière qu'elle a voulu se débarrasser des Arméniens, déclenchant le premier génocide du vingtième siècle.

   Les temps ont effectivement changé. Il est devenu difficile de se livrer à des massacres de masses, surtout pour un prétendant à l'entrée dans l'Union Européenne. Alors, quand la nature vous fait un tel cadeau, quand les gêneurs n'ont de choix qu'entre le départ et la mort, c'est une chance inespérée.

        Il est vrai que, pour un islamiste, la nature reflète la volonté divine.

 

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Mardi 18 octobre 2011 2 18 /10 /Oct /2011 15:13

        Au bout de cinq années interminables, Guilad est revenu de l'enfer.

   En écrivant "enfer", je pèse mes mots. Les optimistes, dans un haussement d'épaules, se rassureront : "Il va vite se refaire une santé". C'est vrai, mais le retour à la normale n'effacera pas de nos mémoires cette image de souffrance.

Il lui faudra peut-être très longtemps pour qu'il puisse raconter, ou il s'épanchera très vite, c'est difficile à prévoir, mais avant même de l'entendre, son corps tout maigre, une mine "longue comme un jour sans pain" laissent imaginer les conditions de sa détention.

    En même temps, par cars entiers, des détenus palestiniens quittaient les prisons israéliennes. Leur mine triomphante, leur forme éclatante, confirment ce que nous attendions : il vaut mieux être en prison dans une démocratie, jugé pour un acte qu'on a commis, en compagnie de codétenus, que retenu en otage dans l'arbitraire, la clandestinité et la solitude par un adversaire sans loi ni droit.  

     "Plus jamais ça"!

S'il faut mettre en place une paix solide, ce n'est pas, avant tout, pour envoyer au rebut chars et avions, c'est pour éviter que d'autre Guilad, à leur tour, servent de monnaie d'échange dans un grand marché où la vie humaine se déprécie plus vite que les armes.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 08:46

  17 octobre 2011. Voilà 50 ans, la police parisienne, aux ordres du préfet Papon de sinistre renommée, arrêtait  une manifestation d'Algériens dans la violence et la terreur.

Le nombre des victimes précipitées à la Seine a fait l'objet de constantes réévaluations, d'un ridicule "deux ou trois" reconnus par la police, au départ, à plusieurs centaines, bilan admis aujourd'hui par les historiens.

La mémoire de ce véritable crime s'est établie difficilement comme celle de toutes les souillures du drapeau national. On n'a aucun mal à y voir la marque des tenants de l'Algérie Française et celle des fanatiques de l'ORDRE, toujours enclins à préférer le silence à la justice ; plus surprenant, l'oubli a longtemps régné à gauche. Le souvenir du 17 octobre où des Algériens de Paris furent massacrés a été recouvert par celui du métro Charonne, quelques mois plus tard, où la répression d'une manifestation de Français contre l'OAS fit des morts, essentiellement des militants communistes. Le tri des mémoires est souvent plus révélateur que les proclamations anti-racistes.

Les historiens se sont réveillés et mis au travail sur un tard. Aujourd'hui, il est courant de lire ou d'entendre que le premier à publier sur le 17 octobre fut Jean-Luc Einaudi, ... dans les années 90.

Rendons à César ce qui est à César, ou plutôt reconnaissons à un écrivain son rôle de précurseur sur les historiens ; le premier à lancer le pavé dans la Seine, et non dans la mare, fut Didier Daeninckx quand il publia  "Meurtres pour mémoire", prix Paul-Vaillant-Couturier en 1984.

A l'attention du petit nombre qui ne l'auraient pas lu, ils ont tout intérêt à s'y mettre. C'est un polar donc moins ennuyeux que beaucoup d'essais (n'en déplaise aux quelques historiens qui savent captiver). Il détient même un coup de génie : le passage entre les deux "temps forts" de la carrière de Papon, la déportation des juifs pendant la guerre et le 17 octobre 1961.

Pour ceux qui l'auraient lu mais ne rechigneraient pas devant une "piqure de rappel", le ciquantième anniversaire voit la publication d'une BD sur le même sujet par le même auteur avec le dessinateur Mako. C'est "Octobre Noir".

Heureusement, aucun rapprochement avec Septembre Noir ...de sinistre mémoire.

Encore la mémoire ... Décidément, nous n'en sortirons jamais et c'est tant mieux.

Par Tipanda - Publié dans : histoire
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Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 16:24

   En 1515, année de la bataille de Marignan où s'illustrèrent le roi François 1er et le chevalier Bayart, naquit une fière Espagnole nommée Thérèse.

Son prénom est resté dans l'histoire, complété du lieu où elle vécut : Avila.

Thérèse d'Avila, fondatrice et réformatrice d'ordre, docteur de l'Eglise ; au premier abord, rien de passionnant. Pourtant, la femme est plus intéressante que les quelques mots de sa définition officielle.

Comme nombre de jeunes filles, elle connut la fréquentation des garçons, y prit même un grand plaisir, au point que son père, craignant qu'elle n'attirât la honte sur son nom et sa famille, jugea préférable de la confier à un couvent. C'était un établissement à la mode de la renaissance, sans clôture ni pénitence ; sa principale fonction consistait à héberger des jeunes filles de bonne famille dans l'attente de leur mariage. Jusqu'ici, la vie de Thérèse ressemble à celle de beaucoup de filles de la bonne société de son temps ; ce n'est pas ainsi qu'elle acquit la célébrité. 

Elle menait, à sa manière, une double vie.

Elle avait connu le plaisir et ne prétendait pas y renoncer. En même temps, sa vie intellectuelle et religieuse  était intense. De simple pensionnaire elle se fit nonne, la puissance de sa pensée et sa connaissance des textes lui valurent une carrière éblouissante. Dans tous les établissements où elle passait, elle mettait de l'ordre et de la rigueur, créant la règle carmélite qui s'imposera aux couvents de femmes jusqu'à nos jours.

Ce travail intense d'organisatrice ne pouvait la satisfaire, elle qui avait toujours la chair ardente. Elle sublima donc ses relations avec Dieu.

On ne peut s'empêcher d'y penser, c'est elle que Dieu aurait dû choisir pour lui donner un fils. Non seulement, il aurait assuré sa descendance mais il aurait certainement passé un bon moment... Tant pis, l'affaire était faite, il restait à Thérèse d'essayer l'union avec un être immatériel.

    C'est là qu'intervient la force de l'esprit, l'espèce de transe spirituelle qui a pris le nom d'"extase mystique". Quand on lit la prose de Thérèse, aucun doute n'est possible sur la nature de son plaisir, un orgasme sans rien toucher.

C'est une expérience qui n'est pas accessible à toutes. D'aucuns y verront les ravages de la frustration et de l'abstinence. D'autres insisteront sur la force vitale et le bonheur qui se dégagent de Thérèse d'Avila.

    A défaut de pouvoir jamais connaître sa vérité, imaginons que c'est elle qui a servi à Victor Hugo pour écrire sa "Légende de la nonne" mise en musique par Georges Brassens :

Elle prit le voile à Tolède, au grand soupir des gens du lieu
Comme si, quand on n'est pas laide, on avait droit d'épouser Dieu
Peu s'en fallut que ne pleurassent les soudards et les écoliers
Enfants, voici des bœufs qui passent, cachez vos rouges tabliers.

 

         Alors, bonne fête aux Thérèse que nous embrassons. 

Par Tipanda - Publié dans : C'est votre jour.
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