Jeudi 7 février 2008
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21:59
Quel est le point commun entre Cecilia et Carla ?
- Nicolas ... qui donne le "la" ?
Trop facile, et puis la rime est fausse.
La réponse ?
Toutes deux sont un rideau de fumée.
Le tableau :
Vous avez obtenu un bac + 2 ou 3 dans une fac - voie de garage ; logiquement, vous avez échoué au chômage non indemnisé puisque vous n'avez jamais travaillé. Comme il faut bien gagner des
sous, après un vrai parcours du combattant, vous avez décroché un temps partiel contraint et fractionné chez le hard-discounteur du coin. On ne vous plaint pas, on dit que vous avez réussi, vous
avez eu plus de chance que beaucoup de vos copines de fac.
Vous êtes furieuse, votre avenir est aussi bouché que celui de votre père, sans emploi à 50 ans. Votre mère fait le décompte lugubre des franchises médicales que sa maladie chronique va
lui coûter, en plus du loyer, de l'électricité et des courses dont les prix grimpent, grimpent ...
Souriez ! On pense à vous.
La télévision, la radio, la presse s'unissent pour vous sortir de tous les sujets déprimants.
Plus excitante que votre galère, la vie des happy few vous offre un dérivatif.
Laissez les vous rouler dans la farine (même si elle est hors de prix).
Vous êtes ébahie devant les histoires d'alcove des puissants, vous en oubliez de protester contre l'injustice que vous subissez.
La charge de la cavalerie légère a atteint son but.
Vous avez perdu la bataille, faute de l'avoir livrée.
Maintenant, attendons la suite du programme. Un feuilleton qui se répète finit par lasser.
La peur de votre réveil, voilà maintenant tout ce qui peut les inquiéter.
Par Jacqueline Simon Tipanda
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Jeudi 14 février 2008
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23:26
C'est un joli petit village propret, avec ses jardinets fleuris, ses maisons blanches aux toits rouges et son école.
C'est la campagne.
Mais, en approchant, on voit que le toit de l'école est blindé.
Sur le joli village il tombe rarement de la pluie.
Il tombe des roquettes.
Le village est un kibboutz, à Sdérot.
Pour ses habitants, ce qui tombe du ciel chaque jour dans leur désert, ce n'est pas la manne qui soutint la vie de leurs ancêtres, c'est la mitraille qui leur promet la mort.
Ils ne veulent pas s'en aller .
Ils ont enfin posé leurs valises après des siècles d'errance. Nul ne peut leur demander de partir encore. Ils ont trouvé leur terre promise, ils ne la quitteront plus.
Ils supportent l'insupportable, un danger de tous les instants ; mais le toit de l'école, c'est leur foi en l'avenir qui l'a blindé.
Les enfants sont la promesse d'avenir. Les parents risquent leur vie mais il faut sauver les enfants.
Les voisins qui leur envoient des roquettes ont aussi des enfants.
Parfois ce sont de jeunes porteurs de mort ; leur fin est tout ce qu'ils ont à offrir en partage.
Les grands de la terre discutent à perte de vue.
"Si je vous donne ceci, me donnerez-vous cela en échange ?" Ils papotent, ils ergotent ; cela dure à n'en plus finir.
Et le péril n'a de fin, ni pour les enfants précieux de l'école, ni pour les petits martyrs, à peine nés, déjà condamnés.
Le massacre des innocents ne s'est pas arrêté aux temps bibliques, il se poursuit sur la terre où il avait commencé.
Faut-il que le temps s'arrête pour qu'il prenne fin ?
Par Jacqueline Simon Tipanda
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Vendredi 22 février 2008
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23:21
Malgré le cri d'alarme des écologistes et des apiculteurs naguère échaudés par le GAUCHO et le REGENT, les autorités- dites sanitaires- autorisent la commercialisation du nouveau fleuron des
insecticides, le CRUISER.
Pour les amateurs de détails, c'est le nom commercial du thiamethoxam, le petit dernier du laboratoire SYNGENTA, produit d'une synergie de noms importants de la chimie, Novartis et Astra
Zeneca.
Il s'agit d'un insecticide systémique. Pour faire bref, le produit se présente comme un enrobage dont on enduit les semences ; ensuite, les graines poussent et donnent une plante imbibée de
l'insecticide, d'où l'appellation "systémique".
Son charme réside justement dans ce prodige : transformer une proie des insectes en tueuse d'insectes ou, tout au moins, la rendre impropre à la consommation par les bestioles parasites.
Las ! La perfection n'est pas de ce monde et les problèmes ont tendance à dépasser les avantages.
Le plus évident : un tueur d'insectes ne fait pas la différence entre les nuisibles et les abeilles. Mais les butineuses sont indispensables à la pollinisation et, par conséquent, à la
reproduction des plantes, donc à la vie de tout l'écosystème.
- Au passage, les rois de la chimie ont peut-être un projet dans leurs cartons : un antidote que les apiculteurs pourraient administrer à leurs ruches. Ils gagneraient sur les deux
tableaux. Les abeilles sauvages n'auraient plus droit à la vie, mais on n'est plus à une extinction d'espèce près. C'était une supposition ...-
Ensuite, si nous cherchons le mode d'action de cette brillante invention, sa manière de tuer, nous apprenons que c'est un neurotoxique.
Tout de suite, une question : comment une substance toxique pour les insectes pourrait être inoffensive pour les autres animaux, dont l'homme, alors qu'on nous a depuis toujours démontré que les
insectes sont beaucoup plus résistants que les mammifères ?
En soupçonneuse invétérée, je fais un rapprochement fatal : depuis quelques années, nous assistons à une inquiétante augmentation des cas de maladies neurologiques, parkinson,
alzheimer, sclérose en plaques etc. En même temps, l'usage des produits systémiques, tellement pratiques (!), se répand dans tous les domaines de notre quotidien.
Pour l'instant, l'autorisation du CRUISER est provisoire, pour un an. Alors ...
Il est peut-être grand temps de se précipiter pour sauver nos petites soeurs les abeilles avant d'y passer aussi.
Par Jacqueline Simon Tipanda
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Dimanche 24 février 2008
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22:56
Nous avons besoin des grands labos. Sans eux, pas de médicaments.
Ils ne sont pas des oeuvres charitables mais des entreprises, donc ils veulent et doivent faire du profit.
Résultat : il ne peut exister de recherche pour l'amour de l'art, c'est un investissement qui doit générer un retour financier.
Et quel retour peut-on attendre d'un médicament lorsque le nombre de patients concernés est trop réduit ? C'est le cas des maladies rares ; nos sociétés riches en sont réduites à tendre la
main, à s'en remettre à la charité publique, jusqu'à tomber dans le grand-guignol télévisé.
D'autres maladies affectent des populations innombrables mais ... insolvables. Un exemple vient tout de suite à l'esprit, c'est le paludisme. Régulièrement, on nous laisse entrevoir
l'émergence d'une solution, médicament ou vaccin ; mais le résultat se fait attendre. Il irait certainement plus vite si les moustiques infestaient le Nord avec ses consommateurs
riches.
Pour les recettes éprouvées et amorties, il y a les génériques, mais, pour les nouveautés qui exigent des recherches, il faut bien s'en remettre aux grands labos.
Mais leur gros problème, c'est qu'ils n'inspirent pas la sympathie.
Et il y a des arguments en faveur de la méfiance.
Ces rois de la pharmacie sont aussi les maîtres des produits phytosanitaires, pesticides, insecticides, défoliants et autres... responsables de dégats considérables sur l'écosystème et, par
conséquent, sur les humains.
Les apiculteurs en lutte contre le CRUISER recueillent beaucoup plus de sympathie que le fabricant d'insecticide, regardé comme un monstre froid, capable de sacrifier la terre entière au profit
immédiat de quelques gros actionnaires.
Pour conforter l'hostilité générale à l'égard des grands de la chimie, il faut reconnaître qu'ils ont laissé une tache indélébile sur l'histoire du vingtième siècle.
ZYKLON B, ce nom qui donne encore le frisson et la nausée, c'est le gaz de mort, agent de l'extermination des juifs d'Europe par les nazis.
Il n'a pas été inventé et fabriqué par une entreprise d'armement.
Lauréat d'un concours ouvert par la marine allemande pour la dératisation et la désinsectisation des cales de bateaux, ce produit chimique a été "perfectionné" par IG Farben, un consortium
d'industries chimiques qui ont gagné, toute honte bue, des sommes considérables sur la mort de millions d'êtres humains.
A la libération, IG Farben a été démembré mais les entreprises qui le constituaient existent toujours.
Rien d'étrange à ce que beaucoup s'inquiètent à l'idée de remettre leur santé et même leur vie entre les mains de gens qui trainent un tel passé.
Par jacqueline Simon Tipanda
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Vendredi 29 février 2008
5
29
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/2008
00:43
Dans un état de droit, qui sanctionne les coupables ?
- "Facile ! dites-vous, c'est la justice."
Donc la France n'est plus un état de droit.
C'est la fin du vieux principe : "qui a accompli sa peine a payé sa dette à la société, elle ne lui réclame plus rien".
Dorénavant, des criminels condamnés par la justice, lorsqu'ils auront terminé leur peine, pourront en subir une autre ... décidée par qui ? Qui devra dire "tel coupable n'est
pas assez corrigé, on le garde enfermé" ?
Aucune juridiction n'a été prévue pour s'en charger. C'est bien la première fois qu'une loi prévoit une sanction sans qu'on sache quel tribunal sera chargé de l'appliquer.
Alors qui?
- Le JAP (Juge d'Application des Peines) ? Ce n'est pas son travail, il
n'est pas là pour distribuer des sanctions mais pour veiller à l'application de celles que les tribunaux ont décidées et dont ils lui ont confié le suivi.
- Un tribunal, lequel, de quelle juridiction ? Il faudrait une sorte de
procès de fin de peine. Ce n'est pas clairement prévu
- Le préfet, la police ? On serait en pleine confusion des pouvoirs. Il
n'appartient pas à l'administration, au pouvoir exécutif de prendre une décision de justice, comme enfermer des gens, encore seraient-ils les plus grands coupables. On se croirait à
Guantanamo que les hommes politiques français aiment pourtant si bien vouer aux gémonies.
Et le Conseil Constitutionnel n'aurait pas vu l'obstacle ? C'est peu vraisemblable.
Ils ont laissé faire l'impraticable. Peut-être se sont-ils rendu compte que d'ici le commencement d'une tentative d'application, il se passerait bien des événements, bien des gouvernements
se succéderaient, auraient le temps d'abroger mille fois ce texte mal ficelé.
En attendant, ils ont ménagé leur popularité en laissant les loups hurler .
A grand renfort de déclarations, avec l'appui écrasant de la presse et des médias, depuis quelques années, le tueur pédophile est le diable personnifié, bien pratique pour imposer sa figure
détestable avant toutes les autres informations.
S'il n'existait pas, il faudrait l'inventer. Tant pis pour les dégats collatéraux.
Lors du retentissant fiasco judiciaire d'Outreau, l'attention s'est focalisée sur les erreurs de procédure d'un juge. Il ne s'est pas trouvé grand monde pour faire remarquer que l'affaire a été
rendue possible par la véritable obsession entretenue autour de la pédophilie. On voit des violeurs et des meurtriers d'enfants partout, au point que des bénévoles qui faisaient du soutien
scolaire ou des animations enfantines ont cessé leurs activités, craignant de se trouver pris dans un tel engrenage de dénonciations et d'accusations.
Le peuple ému par l'atrocité des crimes laisse parler ses sentiments au lieu de réfléchir.
Il est mûr pour se laisser imposer des mesures liberticides que sa raison normalement repousserait.
Il est à point pour toutes les aventures populistes, la démocratie n'a qu'à bien se tenir.
Par Jacqueline Simon Tipanda
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