Dimanche 8 août 2010 7 08 /08 /Août /2010 00:26

    Après un détour vers La Fontaine toujours pertinent, on se rappelle "le dictateur", ce film où Charlot se déguise en Hinkel, dictateur d'opérette en tous points copié sur Hitler. Et tout de suite, un regret : dommage que Charlot ne soit plus là pour nous faire rire, il n'aurait aucun mal à trouver l'inspiration.
    A force de coups bas et de trahisons, Iznogoud a réalisé son rève : il est devenu calife à la place du calife.
Il s'est d'abord comporté en enfant capricieux, ravi de se vautrer dans les tapis, les meubles et les coussins du palais.

    Pour vivre en souverain, il s'est offert une favorite, mannequin sur le retour et chanteuse sans voix mais dotée d'une immense fortune. Autant de qualités ne permettent pas à la belle de jouer les back-street, il lui faut une situation : le mariage. Pour épouser, il faut d'abord divorcer de l'épouse précédente ; c'est juste une formalité, bouclée en un temps record qui laissera longtemps rêveurs les candidats ordinaires au divorce-de -tout-le-monde.

     Le couple voyage, s'amuse, reçoit ; on se croirait dans "Point de vue- Images du monde", sauf que notre ploutophile ne peut se contenter de jouer le prince-consort ; il doit gouverner, pour sa gloire et pour le retour sur investissement de ses commanditaires.

     Il se démène, il est partout, touche à tout, saccage tout. Chez ses amis, on commence à murmurer ; puis la fronde s'organise : on n'hésite plus à l'accuser de la perte des communes et des régions.     

    Ses collaborateurs prévoyant la chute se remplissent les poches en attendant de le trahir. Les modernes haruspices, dénommés sondages, sont régulièrement consultés. Ils affirment ce que le premier venu aurait trouvé : le peuple est mécontent. Trop de cadeaux faits aux riches et trop de désillusions pour des pauvres de plus en plus nombreux. L'ambiance est carrément morose ; les sages du pays et du continent ne suivent plus un chef aussi calamiteux.
    Tout à coup, grande merveille ! Il a trouvé l'idée géniale : s'appuyer sur l'opinion publique.

    Facile, en apparence, mais dangereux car difficile à maîtriser. 
    L'opinion publique, comme la fille du même nom, aime la facilité et déteste se fatiguer à chercher des explications compliquées.

     Qu'arrive une difficulté, elle adore penser qu'il existe un coupable et qu'il n'a rien à voir avec elle.
Pour la séduire, il ne sert à rien de construire un raisonnement, elle est à vendre à qui lui raconte ce qu'elle veut entendre : "Un étranger est votre ennemi, il veut votre perte. Heureusement, je ne suis pas comme les autres politiciens, tous vendus à vos ennemis, j'ai repéré qui vous veut du mal. Accordez-moi votre confiance et je le bouterai hors de France"
    Ce discours-là, jusqu'ici, était le monopole d'un certain borgne furieux ; les gens bien élevés, propres sur eux, sont horrifiés d'avance à l'idée de le fréquenter. Corrigeons : ils étaient horrifiés. Le tabou est brisé.
On nous a promis une république décomplexée... pour nous servir, en fin de compte, un remake de l'Etat Français.
Bon, si on retournait voir "Le dictateur" ?

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Samedi 31 juillet 2010 6 31 /07 /Juil /2010 11:12

     Foot et Tour de France sont terminés mais les journaux télévisés et autres magazines d'actualité occupent toujours la même surface.
Pitié, un peu de compassion pour les malheureux présentateurs obligés de remplir le désert vacancier !
     Par chance, de bonnes âmes se dévouent pour leur apporter le célèbre grain à moudre.
La dernière en date est une bonne grosse, une brave mère de famille tueuse en série de bébés.
Immédiatement, les bonnes âmes reprennent du service pour déplorer les souffrances des fameux bébés et l'abolition de la peine de mort. Si vous pensez que j'exagère, il suffit de se reporter à n'importe quel forum d'actualité générale sur Internet pour se faire une idée de la surexcitation démultipliée par la bêtise et l'ignorance.
Les commentateurs qui ne veulent pas être associés à ces furies préfèrent creuser, avec autant d'application que d'ignorance des faits, la question du déni : sommes-nous, oui ou non, en présence d'un cas de déni de grossesse à répétition ? - De quoi alimenter un discours sans fin, puisque sans réponse.

     Il en est qui doivent se frotter les mains ; voilà juste ce qu'il fallait pour faire oublier les "affaires" qui viennent gâcher les vacances de nos gouvernants.


     Conscients de son utilisation, n'entrons pas dans le débat, il est sans intérêt.  Apportons à ce fait divers un autre éclairage, celui de l'histoire :
Pendant des siècles, l'infanticide a été le seul moyen de contraception. L'église avait beau fulminer des malédictions à l'encontre des malheureuses criminelles qui se damnaient ainsi, le phénomène résistait, facilité par le mode de vie de la majorité.

Dans une ferme isolée, il était facile de cacher une grossesse. Accoucher, même dans de mauvaises conditions, était moins risqué qu'avorter par des procédés plus qu'aléatoires ; une fois le fardeau déposé, on s'en débarrassait d'autant plus facilement qu'il n'avait jamais été question qu'il vécût.
Faire disparaître le "corps du délit" sans laisser de traces, rien de plus facile : dans toute ferme digne de ce nom, il y avait une auge à cochons, remarquables éboueurs et omnivores recycleurs.


     Avant de nous lamenter sur les actes abominables de mères supposées dénaturées, peut-être plus nombreuses qu'on ne le voudrait, nous pouvons y voir, d'abord, la survivance de moeurs que nous avons, un peu vite, oubliées.

Par Tipanda - Publié dans : histoire
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Samedi 24 juillet 2010 6 24 /07 /Juil /2010 10:57

 
   Il paraît logique de s'entendre sur la définition des termes employés si l'on veut se comprendre. A quoi serviraient les mots s'ils n'ont pas de sens ou que chacun peut leur donner celui qu'il veut ?
Au nombre des multiples contresens qui m'agacent, j'ai relevé, même dans les journaux les plus soignés, la célèbre "malnutrition", très à la mode.
Souffrir de malnutrition, c'est être mal nourri, une notion de qualité, pas de quantité.
Il existe des malnutritions par carence, la littérature est remplie de marins atteints du scorbut, maladie provoquée par le manque de vitamine C. Il existe également des formes de malnutrition par excès (de sucre, de gras, de sel, etc ...)
L'excès et la carence sont généralement associés pour déséquilibrer un régime, la surconsommation d'un aliment se faisant souvent au détriment d'un autre.
Généralement, quand nous lisons ou entendons le terme "malnutrition", il n'est pas question de qualité mais de quantité.
On nous alerte sur le risque de malnutrition des habitants du Sahel où les gens crèvent de faim. Il serait plus judicieux d'évoquer la sous-alimentation et, dans les cas les plus extrêmes, la famine.


   L'usage du mot qui convient à chaque situation, voilà une nécessité.


   N'oublions pas la Tour de Babel : les hommes se sont entre-tués, faute de se comprendre. On l'interprète souvent comme une métaphore de la multiplication des langues ; en réalité, les locuteurs d'un même parler sont parfaitement capable de ne plus s'entendre s'ils négligent d'employer le mot juste pour l'usage approprié.

Par Tipanda - Publié dans : humeur
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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 10:57

  Prémonition ?
Le précédent article de ce blog rappelait qu'il règne une vieille hostilité plus qu'ancestrale entre populations nomades et sédentaires. L'histoire des sociétés nous permet d'expliquer ; nous essayons de croire aux vertus pacificatrices de la connaissance.
La paix n'est jamais donnée, il faut toujours lutter pour l'obtenir.
Dans le cas présent, "Père, gardez-vous à gauche ; père, gardez-vous à droite !" sur la route de la paix se dresse l'amalgame... Il ne dort jamais, celui-là, et il existe des maîtres dans l'art d'utiliser ses insomnies.
Récemment, se sont produits de regrettables faits de criminalité, la chose, hélas, est fréquente. La puissance publique, garante du "vivre-ensemble", dispose de moyens légaux (police et justice) pour sévir contre les criminels ; logiquement, chacun s'attend à voir les suspects arrêtés et déférés devant les tribunaux. C'est la logique dans un état de droit.
Le bon fonctionnement des institutions est profitable à tous mais après beaucoup d'efforts, à long terme .. peu rentable pour les démagogues qui ont le regard fixé sur les prochains scrutins.
Travailler les foules à l'émotion est plus rapidement payant.
Pour mettre en branle l'émotion, il faut que chacun soit concerné par le fait divers, il faut donc généraliser. Le citoyen est assigné à un groupe (en l'espèce, les bons citoyens) envers qui on sonne l'alarme : un autre groupe (des méchants à la citoyenneté incertaine) menace vos personnes et vos biens.

Il est facile de ranimer les vieux conflits : qu'un meurtrier soit un nomade, on accable tous les nomades. Si un chauve assassinait son voisin, faudrait-il lancer une battue contre les chauves ?  
Immédiatement, on passe de la police à la guerre. Tous les moyens doivent converger pour défendre les bons contre les méchants.
Emballé, c'est plié.

La guerre justifie toutes les mesures d'exception. Qu'on se rappelle les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.
Certes, nous n'en sommes (heureusement) pas là, il n'y a pas d'armée étrangère à notre porte et c'est probablement ce qui autorise certains à créer de toutes pièces un ennemi intérieur.
Attention !
Ce ne serait pas la première fois que la France perdrait son âme. Un retour à l'histoire est plus que nécessaire.
Rappelons aux imprudents qui se livrent au jeu dangereux de l'exploitation des peurs une certaine élection présidentielle en 2002. Il s'était produit alors un sursaut républicain qui a évité le pire, mais jusqu'à quand ? ...
Au lieu de vous faire peur "pour de vrai", si vous cherchez le petit frisson qui vous stimule, offrezz-vous des jeux video.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Lundi 12 juillet 2010 1 12 /07 /Juil /2010 16:09

 

     A l'origine, l'homme se nourrissait de ce qu'il trouvait : des plantes sauvages, des insectes et ... des charognes (ne soyons pas dégoûtés, ça ne court plus, c'est facile à attraper.)
 Un loup est plus intelligent qu'un mouton, les nourritures carnées ont favorisé le développement du cerveau humain ;  l'homme devient créatif. Il invente des outils et des armes qui lui permettent d'améliorer encore son alimentation. De charognard, il devient chasseur puis il maîtrise le feu et devient cuisinier.
La traque du gibier occupe les  mâles pendant que les femelles, ralenties par les marmots, continuent à ramasser baies et champignons pour assaisonner et compléter la viande. Le voilà bien parti, promis à un bel avenir, comme dit l'expression consacrée.
      Mieux nourrie, la population augmente ; elle rencontre le grand problème des chasseurs-cueilleurs : l'espace. Plus il y a de monde à faire manger, plus le territoire de chasse doit s'étendre, mais un chasseur qui n'a que  deux pieds pour se déplacer trouve rapidement ses limites.
  Toujours inventif et contraint par la nécessité, il expérimente des solutions qui aboutiront à l'agriculture et l'élevage.
Le sol, le climat et la quantité de bouches à nourrir déterminent le choix des espèces domestiquées.
 Une population nombreuse sur une bonne terre cultive et améliore les céréales et d'autres plantes comestibles.
On n'emporte pas un champ ; en attendant sa récolte, le cultivateur ne suit plus le gibier, il devient sédentaire. Il pratique l'élevage mais préfère les animaux faciles à garder captifs. Ils fournissent la viande, le cuir et, très vite, le lait.
 En revanche, les contrées arides, froides ou brûlantes se prêtent mal à la culture. Des populations clairsemées s'y consacrent à un élevage extensif, se déplaçant au gré de l'épuisement des pâturages, impératif de mobilité qui fait du nomade un dresseur de chevaux.
 Si les deux modèles ne se rencontraient pas, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais c'est le propre des nomades de se déplacer ; ils entrent en contact avec des agriculteurs sédentaires et c'est le conflit.
    Dans tous les régimes de propriété, collective ou personnelle, l'agriculture suppose le respect des plantations. Au Moyen-âge, posséder ne signifiait pas, comme aujourd'hui, le droit d'user et abuser sans restriction ; plusieurs usagers pouvaient détenir sur une même terre des droits différents. On se rappelle les fameux "droits communaux" qui permettaient à tous les habitants d'un village de faire paître leurs animaux sur tous les champs, une fois les récoltes ramassées, mais le travail du laboureur devait être respecté, pas question de toucher aux cultures non récoltées, la survie alimentaire du groupe était en jeu. Le paysan était, c'est logique, fort attaché au respect de ses plantations ; ce fut même un des griefs les plus reprochés aux chasses de la noblesse d'Ancien régime.

Alors, les nomades qui se servent, eux et leurs bêtes, en traversant le pays, laissent forcément un souvenir désastreux. Le Viking était bon marin et administrateur, on a fait du commerce avec lui, mais on l'a oublié ; ne reste que le souvenir du bétail emporté et des récoltes dévastées.
  Par chance, les invasions ne sont que des épisodes, il y a des temps de paix ; mais le sédentaire reste méfiant à l'égard du nomade. Le rôle du vandale dont il faut se garder échoit à ceux qu'il est convenu d'appeler les "Gens du voyage".
Ils ont reçu les vieilles terreurs en héritage et ne semblent pas faire beaucoup d'efforts pour changer de réputation. On ne les traite plus de voleurs de poules ou de jeteuses de sorts (quoique...) mais on ne peut éviter certaines remarques : les aires que le législateur a prévues pour eux sont régulièrement saccagées aux frais du contribuable, ils trimballent avec eux tout le confort moderne mais ils volent l'électricité dont ces appareils ont besoin. Ceux qui ont le plus de mal à supporter leurs multiples incivilités sont les plus pauvres des sédentaires.
Le chaudron bouillonne ; la moindre altercation dégénère en émeute.
C'est probablement ce vieil affrontement qui explique pourquoi il s'est trouvé si peu de sauveteurs pour les tsiganes exterminés par les nazis.
Il s'est trouvé des "justes" pour sauver des juifs, pas assez, mais ils ont existé. Pour venir au secours des tsiganes ...ils étaient poussière de rien, inexistants ou presque. L'abandon d'une population menacée de mort est absolument condamnable ; on ne doit jamais le justifier.

Comprendre n'est pas accepter mais il faut expliquer pourquoi le pire est arrivé et risque de se reproduire.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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