l'air du temps

Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /Juil /2008 00:00
        ... mais ça ne va pas tarder.
            Comment appelle-t'on une femme qui fait commerce de son corps ?
Selon vos habitudes de langage, vous répondrez : une prostituée,  une  courtisane  ou une putain.
  C'est un peu réducteur. Vous avez négligé le dernier commerce à la mode :  mère porteuse. 

C'est tellement "tendance" que nos élus, qui sont décidément des stakhanovistes dans l'art de légiférer, vont se précipiter pour lui consacrer une loi.
- Chacun peut le constater, c'est l'actualité qui fait la loi  au ... législateur.-
Il y a eu les pédophiles, puis les chiens mordeurs, puis les criminels récidivistes... A chaque fois, une  nouvelle loi. Bientôt, avec le Dalloz, il faudra acheter une brouette, pour le transporter.
       Dernièrement, un couple a connu les honneurs de la presse parce qu'ils avaient réussi à obtenir d'un tribunal la qualité de parents pour des jumeaux qu'ils tenaient d'une mère porteuse recrutée  à l'étranger. Donc on va légiférer, à nouveau... avec une particularité :  cette fois, il ne serait pas question de durcir la loi mais de l'assouplir.
Le législateur porté par les vents dominants est plein d'attention pour la détresse des couples stériles.
La gestation mercenaire serait pour eux une planche de salut ...
Voyons de plus près. 
Pourquoi ne se tournent-ils pas vers l'adoption ?
- On manque d'enfants adoptables, c'est leur première explication. En réalité, ils ne veulent pas d'un enfant du hasard ils veulent être
génétiquement ses parents  et la procréation assistée leur offre aujourd'hui la possibilité de concrétiser leur rêve.
 Encore faut-il trouver un ventre où leurs gènes pourront se développer.
On fait semblant d'imaginer que l'accueil de leur embryon pourrait être un cadeau. Une femme offrirait l'abri de son utérus par pur altruisme, pour offrir à d'autres le bonheur d'avoir des enfants. Le prêt de son ventre serait affaire de générosité, comme le don d'un rein ou d'un lobe de foie.
Toutes les femmes qui ont eu des enfants savent que c'est une autre réalité. Les rapports affectifs que nous entretenons avec notre foie et nos reins sont des plus limités dans l'amour comme dans la haine, alors qu'un enfant, c'est un être vivant, il bouge dans ce ventre acheté. Il dépend d'une femme pour exister mais il en est différent et celle qui le porte n'est jamais neutre envers lui. Il est difficile d'imaginer qu'on puisse prêter son utérus comme on fait un don du sang. On pourrait, avec beaucoup de "peut-être", l'envisager entre deux femmes très proches, mère et fille ou deux soeurs, mais serait-ce souhaitable ?
Les familles sont déjà les principaux fournisseurs des psychanalystes ; une fonction maternelle éclatée entre plusieurs femmes ne faciliterait pas la construction de la personnalité et n'améliorerait pas l'ambiance. 
En réalité, pas de faux-semblants ni d'hypocrisie,  le seul argument décisif sera l'argent ; rien d'étonnant à cela, c'est l'économie de marché, on peut vendre tout ce qui nous appartient.  
Le problème n'est  résolu qu'en apparence, voilà d'autres questions qui se profilent.  
Qui dispose du corps de la femme ? Pourquoi la gestation mercenaire serait-elle à l'abri des trafiquants ? Pourquoi les réseaux, déjà actifs, de trafiquants d'organes ne se jetteraient-ils pas sur la bonne affaire ?
Pas de doute, les proxénètes qui vivent de la prostitution n'auront aucun scrupule à investir ce nouveau marché. Qu'on n'ergote pas sur le prétendu consentement de la femme. Les travailleurs sociaux qui cherchent à sortir les prostituées du trottoir savent à quel point il est difficile de les amener à dénoncer la contrainte et la violence dont elles sont victimes.
En supposant que la femme ne soit pas victime d'un réseau de traite, il reste toujours l'action très persuasive de la misère. Des candidats à la parentalité  engrosseraient une femme pauvre avec bonne conscience, assurés de l'avoir aidée à se nourrir, elle et ses enfants. Déjà, en Inde, des mères de famille exhibent un ventre  occupé  par un  "locataire" ;  elles avouent  qu'elles n'ont  pas trouvé d'autres solutions pour élever leur propre famille.
Puisque la position de riches exploiteurs  d'une femme pauvre ne les gêne pas, il reste à envisager quelques interrogations pratiques.
Pour être certains que leurs gènes ne souffrent d'aucune concurrence, vont-ils enfermer dans un couvent la candidate à la grossesse, ou sont-ils disposés à l'adoption d'un enfant naturel de leur gestante ? Dans ce cas, ils pourraient s'adresser à des réseaux, vieux comme la stérilité, qui paient des mères pour qu'elles abandonnent des enfants qu'ils vendent pour adoption à leurs clients.
Nul besoin, donc, de la PMA, on retourne à la case-départ de l'adoption...mais, puisqu'on vous dit qu'ils n'en veulent pas  ! Ils veulent un produit de leurs gênes.
C'est qu'ils commenceraient à nous agacer avec leurs gènes !
On a connu "pour de vrai" une expérience de reproduction génétiquement contrôlée. C'étaient les lebensborn : les nazis avaient organisé de véritables haras humains pour accoupler de beaux Aryens avec de belles Aryennes. Le résultat n'a pas été supérieur à la moyenne ; il a bien fallu reconnaître que l'affection et l'éducation comptent plus
que l'hérédité dans la construction des enfants .
Si aucun de ces obstacles ne les a convaincus, il nous reste à poser aux futurs parents la question du SAV.
Normal, quand on achète un produit, le vendeur doit assurer une garantie.
Les risques sont-ils couverts et comment ?
Quel sera le cahier des charges imposé à la mère porteuse ? Nul doute qu'elle se verra imposer des contraintes visant à favoriser la santé de l'enfant du commerce, au détriment, le cas-échéant, de ses propres enfants. Il suffit de relire les contrats de louage des nourrices d'autrefois. Ils leur imposaient de réserver tout leur lait et leurs soins à l'enfant nourri pour de l'argent ; personne ne posait la question du devenir de l'enfant naturel privé du lait de sa mère. En ira-t'il autrement pour les gestations mercenaires ?
 Que se passera-t'il si la mère porteuse ne veut pas donner l'enfant ?
Et si le "produit" est défectueux, handicapé, d'un sexe non désiré ? C'est là qu'on retrouverait les trafiquants d'organes - encore eux - ils trouveraient une solution dans le recyclage ; rien ne se perd... Les cornées de cet enfant trisomique non conforme à vos souhaits trouveront un acquéreur qui remboursera les frais. C'est de la science-fiction gore ? Certes, pour le moment, mais à jouer
avec la science en oubliant l'éthique , les limites sont rapidement franchies.
Et si l'accouchement se passe mal, causant la mort de la femme (c'est de plus en plus rare, mais le risque-zéro n'existe pas), qui assumera la prise en charge de ses ayant-droits ? Par qui ces enfants sans mère seront-ils indemnisés ?
On imagine déjà, assureurs et avocats se frottant les mains. Ils vous aideront à multiplier à l'infini les possibilités de litiges. Nous avons seulement effleuré les travers de l'économie de marché appliquée aux choses de la vie, il serait grand temps de ne pas se précipiter dans la marchandisation du corps humain.
Par Jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /Juin /2008 00:00
Maintenant que nous avons enfoncé des portes ouvertes, continuons à visiter les lieux communs.
Notre protection sociale est la meilleure ; le monde entier nous l'envie ... du moins, c'est ce qu'on nous rabache depuis des années.

Et  dur, dur de rester les meilleurs, surtout quand la sécu est entre les mains des comptables.

Quelqu'un qui ne produit pas est inutile. S'il consomme sans produire, il est un défi au système. Tout le monde doit faire du fric et ne pas coûter plus qu'il ne rapporte. C'est la philosophie au goût du jour.
Allons, tout le monde au boulot, le plus longtemps possible, même si les patrons ne veulent plus des vieux (pardon, des "seniors" !). La contradiction ne saute qu'aux yeux des intéressés lorsqu'ils se payent la honte de voir leur CV recalé pour obsolescence par des cadres arrogants à qui la jeunesse tient lieu de supériorité.
Encore plus fort,  on veut absolument mettre les handicapés au travail. En attendant l'obligation d'accepter tout emploi "adapté", une publicité délirante entoure les cas de sportifs ou travailleurs handicapés, histoire de faire honte à ceux qui ne suivent pas le mouvement. On fait semblant d'ignorer que les premiers réticents sont les employeurs. Surtout, on "oublie" qu'un bon nombre des invalides sont des malades. S'ils ne travaillent pas c'est qu'ils ne le peuvent pas. Pour eux, la lutte pour la vie, c'est déjà tout un boulot.
Pour la sécu, de surcroit, ils sont  classés en ALD ,  Affection de  Longue Durée, prise en charge à 100%.
Pour les comptables qui rêvent de boucher le fameux "trou de la sécu", quel scandale !
Voyez, madame, des gens qui ne gagnent rien et qui coûtent ... définitivement.
Leurs chances de redevenir rentables, un jour, sont pratiquement nulles. On sent que, dans le fond de leur cervelle détraquée, ces inoffensifs comptables rêvent discrètement d'euthanasie.
Ce n'est pas faisable, ... pour l'instant, l'"Opinion" n'est pas prête.
En attendant, on va essayer de lui faire accepter une réduction des coûts par la baisse des remboursements.
Manque de pot pour eux et heureusement pour les malades, l'"Opinion" n'est pas inconsciente à ce point. Elle sait que la maladie peut atteindre tout le monde. Elle prend des précautions et c'est le tollé contre les atteintes aux ALD.
Les comptables, sans hésiter, font marche arrière.
- "Jusqu'à  quand ?"  dit l'opinion.
Et c'est toute la question. Faisons leur confiance, ils ne vont pas abandonner la partie aussi facilement. On peut s'attendre à d'autres attaques sous d'autres formes moins frontales, plus vicieuses, mais tournées vers le même objectif : rompre avec un principe fondateur de la sécu.
"Les bien-portants paient pour les malades". C'était d'une telle évidence qu'on ne croyait pas envisageable qu'elle fût contestée. On avait tort.

Ne pas s'endormir, rester vigilant. La civilisation, c'est aussi le droit à la vie des malades.
Par Jacqueline SimonTipanda - Publié dans : l'air du temps
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Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 09:21
  L'actualité, c'était, pour une fois l'occasion de se réjouir  : l'élection de Jean-Christophe Rufin à l'Académie Française.
De la médecine au roman, en passant par l'humanitaire et la diplomatie, on est confondu d'étonnement
  et d'admiration : comment un seul homme peut-il réussir tout ça ?
C'était la joie ! ... et l'horreur ordinaire nous a rattrapés.

Samedi 21 juin, les jeunes fêtaient la musique.
 Ces réjouissances ne restent pas inoffensives ; un peu partout, elles s'accompagnent de dégradations et de ce qu'une habitude récente nous fait désigner comme des "incivilités".
C'est devenu si courant que nous n'éprouverions même pas le besoin de les relever. Ce 21 juin nous a fait sortir du ron-ron et du chahut  habituel par de grands coups de barres de fer.  Incidemment, la presse relate que la victime portait une kippa.
Faut-il, dorénavant, que les juifs, à Paris, portent des kippas blindées ?
Les grands temporisateurs refusent de reconnaître qu'il existe en France un antisémitisme violent. Et, parmi eux, beaucoup d'antiracistes chez qui on s'attendrait à voir des protecteurs des juifs, refusent d'admettre que les violences antisémites sont d'abord le fait des jeunes issus de l'islam.
Il y a deux ans, quand Ilan Halimi a été massacré, ces antiracistes ont été nombreux à ne vouloir y constater qu'un acte crapuleux. Que les agresseurs aient choisi de rançonner cette victime-là parce qu'il s'agissait d'un Juif et qu'ils étaient persuadés que les Juifs trouvent facilement de l'argent, n'a rien changé à leur conviction.
Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut rien entendre.
Définitivement, pour les "bonnes âmes", l'antisémitisme ne peut être que d'extrême-droite. Il y a fort à parier que, cette fois encore, leur réaction sera : "circulez, rien à voir."

Autre mauvaise nouvelle, mais qui n'est pas tellement éloignée, à bien  y réfléchir :  Robert Mugabe est certain d'être réélu triomphalement.
  Son  opposant en titre renonce  à  se présenter  au 2ème tour de l'élection présidentielle pour  épargner ses partisans qui  sont régulièrement  emprisonnés, torturés ou  même tués  par la  police du président.
Le Zimbabwe, dans la misère et la violence, n'est pas près de voir le bout du tunnel.
Pourquoi aucune démocratie ne lève le petit doit pour mettre un terme à ce scandale ? Que devient le "devoir d'ingérence ?"
Tentons une explication en forme de rappel historique :
Mugabe a été, un temps, un héros libérateur. Il a éjecté le régime blanc raciste de la Rhodésie et fondé le Zimbabwé dont il s'est retrouvé l'inamovible président.
Totalement incompétent et corrompu, il a mené à la misère un des pays les plus riches de l'Afrique du sud.
Les grandes démocraties regardent ailleurs.
Auraient-elles vraiment à perdre en abandonnant Mugabe ? Non, bien sûr.
La réalité est cruellement plus bête. Les ex-colonisateurs sont restés lourdement complexés par leurs fautes anciennes. On ne touche aux pouvoirs noirs qu'après d'infinies précautions de peur de se voir accuser de néo-colonialisme, de la même manière qu'on  trouve un tas d'excuses aux
délinquants originaires des colonies. Résultat : le peuple zimbabwéen se meurt pendant que nos diplomates très stylés se contentent de faire les gros yeux  au bourreau.
Ils n'ont pas de chance, si seulement ils avaient du pétrole ou de l'uranium ! ...
Ce n'est pas toujours par la force qu'on fait le plus de mal.
L'inertie criminelle est beaucoup plus à la mode.
Par Jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /Juin /2008 11:21
Chaque fois qu’il y a un référendum, il me revient un souvenir ému de mes études de grec, plus précisément, des mésaventures d’un homme politique athénien : Aristide Le Juste. Ses contemporains lui avaient donné ce surnom à cause de sa profonde intégrité.
Allons bon, direz-vous, quel rapport avec le référendum ?
Petit rappel. Athènes, où est née la démocratie, a expérimenté quelques pratiques destinées à donner la parole et le pouvoir au peuple (tiens, tiens, ça rappelle des politiques d’aujourd’hui …) Ils n’ont pas eu besoin d'inventer le référendum, les dimensions de la cité permettaient de rassembler tous les citoyens en un même lieu pour leur demander leur avis. Craignant les tentatives de prise du pouvoir qui auraient mis la démocratie en danger, ils ont mis au point ce qui leur paraissait un "must" de décision populaire : l’ostracisme.
Lorsqu’un Athénien soupçonnait l’un d’entre eux de fomenter ce que nous appellerions un coup d’état, il rassemblait les citoyens et leur demandait, sil leur semblait qu’un homme mettait la démocratie en danger, d’écrire son nom sur une sorte de jeton (on utilisait un tesson de poterie ,“ostrakon”, d’où le mot ostracisme).
L’invention se retourna très vite contre son but ; lorsqu’un ambitieux voulait prendre le pouvoir, il lançait une rumeur accusant tel homme de valeur susceptible de lui barrer la route ; l’assemblée des citoyens l’ostracisait et le candidat dictateur n’avait plus qu’à ramasser le pouvoir sur une cité qui se livrait sans défense. Pas besoin de révolte ; il suffisait de manipuler le peuple.
Evidemment, Aristide, l’honnêteté personnifiée, fut ostracisé suite aux manigances d’un démagogue.( L’histoire a conservé une anecdote montrant jusqu’où il poussait le respect de la démocratie : un homme qui ne le connaissait pas l’a abordé pour lui demander de remplir son “ostrakon” à sa place, il ne savait pas écrire ; Aristide lui demanda quel nom il fallait écrire, l’homme répondit “Aristide”. Ce fut fait.)

Rassurez-vous, lorsque l’homme providentiel eut fait la preuve de son incompétence et de sa nocivité, les citoyens rappelèrent Aristide. -
Les travers du référendum, en particulier, et de la “démocratie directe”, en général, me rappellent furieusement la mésaventure d’Aristide. Je crois aussi me rappeler que c’était un des principaux arguments des opposants à la Vème république. Les hallucinantes “votations” soumises à intervalles réguliers aux Suisses sont une autre illustration de l’amour des démagogues pour l'instrumentalisation du suffrage universel.
Il faut dire, à la décharge des Irlandais, que la démocratie est une pratique récente chez eux, la République d'Irlande est un état tout neuf. Le temps qu’ils expérimentent quelques traquenards, on peut espérer qu’ils “rappellent Aristide”.
Le cas des Français est plus préoccupant. L’histoire aurait dû leur profiter.
Apparemment, ils n’ont rien appris et les démagogues ont encore de beaux jours devant eux.
Par Jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /Juin /2008 00:00

Les Irlandais ont répondu NON.
Les empressés de la construction européenne, ceux qui partagent mon désir de fédéralisme et d'abolition des frontières sont, en général désolés.
Surtout, c'est l'incompréhension.

Ils semblent bien ingrats, ces Irlandais.
Grâce à l'UE et ses fonds structurels, ils sont passés de la misère qui force à émigrer, à la prospérité qui fait des envieux.

 De "l'homme tranquille" à la net-économie, une transition peut-être difficile à assumer ...

La plus grande ville irlandaise est aux Etats Unis, New York. De l'autre côté de l'océan, les cousins d'Amérique ne veulent pas d'une Europe puissante ; auraient-ils convaincu les îliens de la force des solidarités identitaires ?

Et si l'explication n'était pas irlandaise, enfin, pas uniquement ?

Ils ont voté NON parce qu'ils en ont eu l'occasion. Ceux qui n'ont pas été consultés (tous les autres peuples), comment auraient-ils réagi ?
Il y a fort à croire qu'ils n'auraient pas répondu OUI.
Pourquoi cet inexplicable désamour ?

"Qui veut tuer son chien l'accuse d'être enragé" dit le proverbe. Chaque fois d'un gouvernement doit faire passer une mesure impopulaire dont il peine à expliquer le bien-fondé,  il se dédouane en prétextant une directive européenne.

A force de la rendre haïssable, les défenseurs autoproclamés de la construction européenne l'ont changée en épouvantail pour les peuples.

Vivre une grande passion d'artifice, filer le parfait amour avec un alibi, c'est le seul avenir proposé.

Il y avait pourtant d'autres arguments bien plus solides, et, en tout premier, la paix.

60 ans sans guerre, le miracle européen est là.

Il ne va pas se briser sur un récif en mer d'Irlande.

Par Jacqueline Simon Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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