Lundi 8 septembre 2008
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Une agression dans le XIX ème arrondissement, comme d'habitude dans ce quartier,
les victimes sont des porteurs de kippa et comme d'habitude, "on" exprime des doutes sur le
caractère antisémite des faits. Le doute n'est guère possible mais on préfère lui donner une chance. Regarder en face l'antisémitisme moderne, en
France, c'est trop difficile.
Il faut bousculer des tabous.
On doit remettre en question une vieille certitude : non, l'antisémitisme n'a jamais été réservé à l'extrême-droite. Rappelons la célèbre affaire Dreyfus, on trouvait des antidreyfusards à
gauche. Ils propageaient avec conviction l'idée que les juifs s'enrichissaient sur le dos du peuple. Depuis, la gauche a renié les plus voyants, ceux qui ont, à l'instar de Doriot, rejoint
le fascisme et la collaboration avec les nazis. Mais il reste des grandes figures jamais désavouées par la gauche malgré leur antidreyfusisme ; pensons à Jules Guesde, toutes ses rues et places
n'ont pas été débaptisées.
La judéophobie ouvriériste existe toujours, et même plus que jamais depuis que la clientèle ouvrière des partis de gauche a pris une coloration immigrée et musulmane. Ceux qui croient en la
légende du juif riche et les musulmans pour qui un juif ne saurait être qu'un "dhimmi" ont opéré leur jonction.
Ils ont "remis une couche" en prenant l'antisionisme à leur compte. C'est une opportunité à exploiter, ils ne s'en privent pas mais le sort de la Palestine n'a pour eux qu'une utilité
circonstancielle. Ils étaient antisémites bien avant d'être antisionistes.
Les politiques, devant cette situation, sont tous mal à l'aise.
La droite conserve des fonds de placards peu reluisants, elle ne tient pas à se voir rappeler des sympathies pas complètement liquidées avec les criminels collaborationnistes. Elle nie son passé
d'autant plus énergiquement qu'il suffirait de presque rien pour le ranimer. De toute façon, elle ne veut rien avoir à faire avec ce nouvel antisémitisme immigré et musulman qu'elle déteste
peut-être encore plus que les juifs.
Quoique ...La haine a-t'elle des limites ?...
La gauche, de son côté, a fait un héritage empoisonné. Elle ne peut approuver clairement un antisémitisme contraire à tous ses fondements idéologiques mais se priver d'un stock de voix et
d'opinions qu'il suffit de ramasser ... c'est une tentation bien difficile à repousser.
Alors tout le monde prend le parti de ne pas voir. Il n'y a pas d'antisémitisme puiqu'on a décidé que c'était mieux ainsi.
On attend l'incident gravissime, le crime ? ... L'aveuglement organisé est même capable d'y résister. la torture et le meurtre d'Ilan Halimi n'ont pas suffi. Ceux qui ne voulaient pas y
voir la haine du juif y ont trouvé d'autres motivations.
Pendant ce temps-là, le fossé continue à se creuser et les politiques à se discréditer.
Par Jacqueline Simon Tipanda
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Mercredi 20 août 2008
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Lu dans Le Monde.fr :
"Les cellules souches embryonnaires représentent une nouvelle source de
cellules sanguines pouvant être créées et reproduites indéfiniment fournissant une source potentiellement inépuisable de globules rouges pour des transfusions
humaines."
C'est ce qu'a annoncé mardi la firme américaine Advanced Cell Technology. Des cellules de sang peuvent être cultivées en grand nombre à partir de cellules
souches embryonnaires, une avancée qui devrait ouvrir la voie à une production illimitée de sang humain.
Entre été pourri et massacres en tous genres, enfin une annonce
positive.
Ne soyons pas naïfs, l'ACT n'est pas une ONG philanthropique, on entend déjà cliqueter le
tiroir-caisse.
Il n'en demeure pas moins que le sang c'est la vie, et on en manque tout le
temps.
En France, le sang est donné, jamais vendu, et rigoureusement contrôlé ; nous sommes donc,
en principe, à l'abri des trafics d'organes et des transfusions contaminées. Le risque-zéro n'existe pas mais il est négligeable.
Ce n'est pas le cas sur toute la planète ; qu'on pense à tous ces paysans pauvres, en
Chine, infectés par le VIH à l'occasion des prélèvements non sécurisés effectués par des vendeurs de sang ... et on vous laisse imaginer quelle fut la bonne surprise des "bénéficiaires" des
transfusions.
La mise en place d'un procédé industriel qui produirait du sang dans la quantité et la sécurité voulue serait un progrès décisif. Il serait accueilli dans l'enthousiasme
général.
Modérez votre joie. Il y a des mécontents ...si, si : la secte des protecteurs de
l'embryon.
Ce sont des maniaques de l'embryon sacré, ils ne jurent que par son
développement.
Dès qu'ils entendent le mot "embryon", ils disent "foetus" et, dans la foulée, "bébé". Vous
les avez reconnus, ce sont les "pro-vie".
Les dernières techniques à la mode, les tests génétiques
ou le diagnostic préimplantatoire soulèvent de sérieux problèmes
éthiques ; qui leur tiendrait rigueur de s'en préoccuper ?
Mais ils ne font pas tant de détails ; les "pro-vie" ne veulent pas qu'on touche aux embryons. Un point, c'est tout.
Si personne n'y touche leurs protégés finiront ... à la poubelle.
En effet, d'où viennent ces fameux embryons qui intéressent la science ?
Ils existent par la volonté de la médecine et des candidats à la parentalité. Pour obtenir un embryon à implanter lors d'une FIV, il faut stimuler la ponte ovulaire afin d'en produire
plusieurs. Quand la grossesse attendue a été obtenue ou que le projet a été abandonné, il reste des embryons surnuméraires voués à la destruction si les géniteurs en ont terminé avec leur
projet parental.
Résumons : ces gens-là préfèrent que leurs protégés soient détruits plutôt que de les donner pour le bien de l'humanité, comme on donne un organe.
Pas très charitable, pour des gens qui se proclament chrétiens .
Surtout, pas très cohérent, quoique ...
Ces chrétiens très "tradi" ont toujours détesté l'intrusion de la médecine dans la reproduction humaine. Pour eux, un enfant doit se faire bibliquement, c'est à dire lors d'un acte sexuel.
N'allez pas croire qu'ils en soient devenus des accros du sexe. Ils parviennent à réunir culpabilisation de la sexualité, glorification de l'abstinence et sacralisation du sexe
reproducteur.
D'incohérence en inhumanité, ces pro-vie rempliront surtout des tombeaux.
Par Tipanda
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Dimanche 17 août 2008
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Si j'étais géorgienne ... J'aurais de la mémoire.
Je saurais qu'il ne faut pas être un petit qui ne pèse rien face aux grands.
Je me rappellerais le sort des tchèques abandonnés à Hitler par des démocraties trop heureuses de signer une paix honteuse, à Munich.
Les Ossètes d'aujourd'hui me rappelleraient furieusement les Sudètes de ce temps - là, un prétexte, un croupion.
Je saurais que les chancelleries sont pleines de Chamberlain(s) et de Daladier(s) et j'attendrais désespérément qu'un Churchill vienne les mettre en face de leur déshonneur.
Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? aucun espoir ?
Rien.
Ils ont peur et croient négocier.
Il était plus facile de se montrer intransigeant avec Milosevic que face aux Russes.
Signe des temps, seule une femme sort du rang.
Elle vient de l'Est ; c'est Angela Merkel qui sauve l'honneur des Européens.
Les autres vendraient leur mère pour un plein du 4x4.
Je me dirais qu'il en est fini de la Géorgie.
Que me restera-t'il ?
Que du mépris, un insondable mépris pour la médiocrité de ceux qui prétendent nous diriger et ne sont que des marchands de bestiaux et des bouchers.

Par Jacqueline Simon Tipanda
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Samedi 9 août 2008
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10:09
Le monde trépignait d'impatience bien entretenue.
Les trompettes de la renommée l'avaient sonné à perdre le souffle : à Beijing, on allait voir ce qu'on allait voir.
Et on a vu.
Nous l'attendions et le craignions, le remake agrandi de Berlin 1936.
Le CIO persévère toujours et ne recule jamais. Comme les singes de la sagesse, il est sourd et aveugle mais il n'est pas muet et avance droit, poussé par le plus fort.
Nous n'avons pas été déçus ; depuis 36, la technologie a fait des pas de géant et Leni Riefenstahl peut aller se rhabiller. Les dieux du stade rampent toujours aux pieds du fric et du pouvoir
mais ils le font en musique et dans la gloire ; ils sont accompagnés par une foule immense remontée comme une pendule.
Tout ce monde aux pieds du veau d'or, c'était si émouvant ! Il en est un qui ne pouvait pas se tenir à l'écart, c'est le président bling-bling de la France, il y avait forcément un rôle
pour lui dans la distribution .
Il s'est dit "après tout, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis", s'est empressé d'oublier ses dires du printemps et s'est précipité vers ce qui restera pour la postérité un nid
de drôles d'oiseaux, en n'oubliant pas, dans la foulée, de renvoyer aux calendes grecques sa réception du Dalaï Lama.
C'est bien mal interprêter son abnégation que d'y voir tant de méprisable noirceur. Il a pris sa décision, la mort dans l'âme, uniquement motivé par l'intérêt national.
Il nous l'a dit : le commerce international de la France ne peut tourner le dos au quart de l'humanité. Il peut toujours espérer, mais y-a-du-boulot. Il y aura peut-être un petit
quelque-chose à leur fourguer, aux Chinois.
Pour achever de lui casser la baraque, on peut lui rappeler que les Allemands vendent bien plus à la Chine mais Angela Merkel est restée à la maison. On a les nerfs qu'on peut.
Ce n'est pas la peine de se faire du souci pour se ruiner la santé mais ... qu'un type aussi fragile, sensible au roulis, détienne les codes de déclenchement de l'arme nucléaire, ça donne des
frissons qui ne sont pas de plaisir.
Les admirateurs de l'olympisme faux-cul rediront benoîtement que c'est un mouvement de paix.
Qu'ils exultent de bonheur. Au même moment que la gloire de pékin subjuguait les princes qui nous gouvernent, la guerre éclatait entre la Géorgie et l'Ossétie. Une mission de paix est assurée,
sans rire, par la Russie qui est le meilleur allié de l'Ossétie.
Nous pouvons attendre longtemps un cessez-le-feu. Rien ne peut se faire dans l'immédiat, ils sont tous aux JO.
Ces Caucasiens mal élevés doivent pourtant le savoir, "do not disturb". On peut être un peu tranquille, quand- même !
Qu'ils se le tiennent pour dit, eux et tous les crèvent-la-faim de la planète.
S'ils ne sont pas tous morts, après les jeux, on essaiera de trouver le temps de se pencher sur leurs broutilles.
Par jacqueline SimonTipanda
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Mercredi 23 juillet 2008
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Je vais encore me faire des ennemis ... ça va bientôt être le désert autour de moi. "Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie ..."
J'ai lu ça, jadis, et je ne sais pourquoi, les mots
reviennent à ma mémoire. .. En réalité, je ne suis pas effrayée du tout. Je suis même terriblement enthousiaste et pleinement d'accord avec le papier que Bernard-Henri Levy vient de signer dans
le Monde du 22 juillet 2008. Tant pis pour les dénigreurs.
BHL est trop paillettes, trop pipole ? Quelle importance si le propos est juste ?
Il l'est fortement, cet article. Il revient sur l'"affaire" Siné, apporte son soutien à Val avec des mots que j'aimerais avoir écrits si j'avais la chance d'en posséder le talent.
La paraphrase du texte serait ridicule ; je ne peux qu'inciter chacun(e) à le lire.
J'aimerais juste en "rajouter une louche" pour insister sur la nécessaire distinction entre critique des dogmes et atteinte aux personnes. Un humoriste peut se moquer de la torah ou du coran
; c'est l'agitation des idées (souvent roboratif et salutaire). Se croire autorisé à dénigrer les gens, il y a une faille à ne pas franchir ni combler.
L'islam a beau être la dernière née des religions du livre, c'est la plus archaïque ; elle fait retour à des principes auxquels le judaïsme et le christianisme avaient renoncé depuis
longtemps lorsque Mahomet est né. En disant cela, j'ouvre éventuellement une controverse mais aucun croyant ne doit y trouver prétexte à se dire insulté.
En revanche, si je le qualifiais de sous-homme, et si je lui refusais l'exercice de ses droits humains, nous quitterions le domaine du débat pour entrer dans l'exercice du délit.
C'est très simple, en apparence, mais il faut croire que ce n'est pas clair pour tout le monde
Il est très, trop, courant de se faire traiter de raciste parce qu'on refuse que les filles aient des heures réservées à la piscine et risquent leur peau plutôt que de remettre leur santé
entre les mains d'un homme-médecin.. Depuis quand la religion, ou ce qu'on appelle ainsi, est-elle une race ?
Les religions, les traditions et l'usage qui en est fait sont des productions de l'esprit ; comme telles, elles peuvent être discutées, contestées, refusées .
Cultivez la confusion des genres, l'amalgame entre le racisme révoltant et inadmissible et la saine critique des idées, et vous entretiendrez les haines les plus recuites, celles qui
font des morts à la première étincelle.
Tiens, la carrière de cette ordure de Karadzic en est une parfaite démonstration, juste d'actualité.
Par Jacqueline Simon Tipanda
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Publié dans : l'air du temps
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