Mercredi 23 février 2011
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Révolution ... C'est d'actualité.
Rotation de la terre, toujours le même point de chute.
Nous re-voilà, comme tous les ans à la même époque, au salon de l'agriculture et, comme d'habitude, la machine agricole passe inaperçue.
Comme d'habitude, la vedette appartient aux animaux du Concours Général Agricole et aux Provinces Françaises, étalage de victuailles aussi prestigieuses que traditionnelles.
Le Salon de l'Agriculture remplit sa fonction première : montrer à l'homme des villes le paysan tel qu'il aime le voir. Il déteste le céréalier, toujours affublé de l'adjectif
"gros", roulant berline allemande.
Sa prédilection va au "petit" éleveur ; une empathie générale entoure ses réussites comme ses difficultés. Le public aime s'extasier devant les chefs d'oeuvre de l'élevage, il aime
oublier qu'ils ne sont que des niches de qualité au milieu d'une masse de médiocrité et de souffrance animale. Passés à la trappe, le porc et le poulet sans goût qui pourrissent les nappes
phréatiques et les plages bretonnes, une indulgence générale conduit le Français moyen à soutenir sans discrimination tous ses éleveurs, à prendre fait et cause pour leurs intérêts. Il prend leur
parti dans des rivalités qui lui échappent largement. Le citadin français ne supporte pas les concurrents de l'éleveur hexagonal.
Lui-même, petit consommateur de viande d'agneau, il n'hésite pas à imputer la mauvaise santé relative de la production ovine à la concurrence (forcément déloyale) de l'élevage néo-zélandais.
La Nouvelle Zélande est l'objet d'un solide ressentiment qui s'accentue à chaque fois que le Quinze de France se fait étaler par les Blacks.
Le Français oublie sans difficulté les mauvais gestes qu'il devrait regretter, tels le Rainbow Warrior coulé dans le port d'Auckland.
A ce jour, les Neo-Zélandais n'ont pas règlé de comptes dans un port français. En revanche, ils étaient là quand nous avons eu besoin de leur aide pour sauver notre liberté. Ils
étaient dans les tranchées de la Grande Guerre et sur les plages du débarquement en 1944. Ils auraient pu rester bien tranquilles avec leurs moutons mais ils furent solidaires jusqu'à la mort ;
ils ne nous ont jamais manqué.
En général, pour marquer sa reconnaissance, à de tels amis, on s'efforce de rendre la pareille.
Aujourd'hui, coup du destin, la région de Christchurch est victime d'un tremblement de terre. Malgré une architecture de qualité, il y a de gros dégâts et des victimes.
Certes, la Nouvelle-Zélande n'est pas un pays sous-développé, ils ont les hommes et la logistique pour faire face ; ils ne demandent pas d'aide ; mais un ami dans le malheur, il est
au moins décent et amical de manifester de la solidarité.
Faut pas rêver ! Aux yeux des Français, les Neo-Zélandais ne méritent aucun intérêt.
Toute honte bue, ils préfèrent les oublier.
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