Samedi 26 février 2011 6 26 /02 /Fév /2011 23:14


       Les derniers échos suivant des suppositions insistantes, la ministre des affaires étrangères devrait incessamment céder son maroquin.

Elle a bien cherché ce qu'il lui arrive. Les âmes compatissantes ne se précipiteront pas pour la plaindre.
Et pourtant ...
Il traîne comme une odeur de brûlé, celle qui se répand quand saute un fusible.


               A moins qu'une information nous ait échappé, nous sommes toujours sous la cinquième république. Ce régime accorde au président de la république un certain nombre de droits régaliens, des privilèges et priorités qui lui composent un domaine exclusif.
Les affaires étrangères en font partie. C'est le président qui détermine et dirige la politique étrangère. Il en est responsable.


              Alors, renvoyer la ministre, c'est congédier un personnel pas vraiment responsable.

On attend que le grand chef tire la leçon des événements.

En cohérence avec les institutions, c'est le président de la République qui doit reconnaître sa responsabilité et démissionner. 

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Mercredi 23 février 2011 3 23 /02 /Fév /2011 23:34

  Révolution ... C'est d'actualité. 

 Rotation de la terre, toujours le même point de chute.

Nous re-voilà, comme tous les ans à la même époque, au salon de l'agriculture et, comme d'habitude, la machine agricole passe inaperçue.

Comme d'habitude, la vedette appartient aux animaux du Concours Général Agricole et aux Provinces Françaises, étalage de victuailles aussi prestigieuses que traditionnelles.

   Le Salon de l'Agriculture remplit sa fonction première : montrer à l'homme des villes le paysan tel qu'il aime le voir. Il déteste le céréalier, toujours affublé de l'adjectif "gros", roulant berline allemande.

   Sa prédilection va au "petit" éleveur ; une empathie générale entoure ses réussites comme ses difficultés. Le public aime s'extasier devant les chefs d'oeuvre de l'élevage, il aime oublier qu'ils ne sont que des niches de qualité au milieu d'une masse de médiocrité et de souffrance animale. Passés à la trappe, le porc et le poulet sans goût qui pourrissent les nappes phréatiques et les plages bretonnes, une indulgence générale conduit le Français moyen à soutenir sans discrimination tous ses éleveurs, à prendre fait et cause pour leurs intérêts. Il prend leur parti dans des rivalités qui lui échappent largement. Le citadin français ne supporte pas les concurrents de l'éleveur hexagonal.
Lui-même, petit consommateur de viande d'agneau, il n'hésite pas à imputer la mauvaise santé relative de la production ovine à la concurrence (forcément déloyale) de l'élevage néo-zélandais.
   La Nouvelle Zélande est l'objet d'un solide ressentiment qui s'accentue à chaque fois que le Quinze de France se fait étaler par les Blacks.
   Le Français oublie sans difficulté les mauvais gestes qu'il devrait regretter, tels le Rainbow Warrior coulé dans le port d'Auckland.
   A ce jour, les Neo-Zélandais n'ont pas règlé de comptes dans un port français. En revanche, ils étaient là quand nous avons eu besoin de leur aide pour sauver notre liberté. Ils étaient dans les tranchées de la Grande Guerre et sur les plages du débarquement en 1944. Ils auraient pu rester bien tranquilles avec leurs moutons mais ils furent solidaires jusqu'à la mort ; ils ne nous ont jamais manqué.
En général, pour marquer sa reconnaissance, à de tels amis, on s'efforce de rendre la pareille.
   Aujourd'hui, coup du destin, la région de Christchurch est victime d'un tremblement de terre. Malgré une architecture de qualité, il y a de gros dégâts et des victimes.
   Certes, la Nouvelle-Zélande n'est pas un pays sous-développé, ils ont les hommes et la logistique pour faire face ; ils ne demandent pas d'aide ; mais un ami dans le malheur, il est au moins décent et amical de manifester de la solidarité.
   Faut pas rêver ! Aux yeux des Français, les Neo-Zélandais ne méritent aucun intérêt.

   Toute honte bue, ils préfèrent les oublier.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Mardi 15 février 2011 2 15 /02 /Fév /2011 00:07

                   La Saint Valentin n'a pas été inventée par un fleuriste ou un bijoutier. Même si la chose est difficile à croire, ce n'est pas seulement une journée commerciale, un point d'orgue en fin de période des soldes.
Non, le premier utilisateur de Valentin n'est pas un syndicat de boutiquiers mais le pape Gélase 1er ( 492 - 496).
    Encore une fois, l'église a fait la démonstration éclatante de son aptitude au recyclage.
   La religion chrétienne n'est pas tombée du ciel au milieu d'un désert. Les habitants de l'empire romain n'étaient pas en manque de religion ; c'était même le contraire. Les Romains, polythéïstes, adoraient tous les dieux de leurs ancêtres ; pour faire bonne mesure, ils y ajoutèrent tous les dieux des peuples conquis. Au nombre des fêtes religieuses, ils perpétuaient d'anciens cultes agraires destinés à favoriser la fécondité des ventres et la fertilité des sols.
Il existait à la mi-février la fête des lupercales, une sorte de cache-cache gigantesque permettant aux jeunes garçons et filles de se rencontrer et commencer leur vie sexuelle (pour la jeunesse populaire, bien sûr, les jeunes de la "bonne société" faisaient des mariages négociés et n'étaient pas de la fête).
   Le peuple était attaché à ces réjouissances. Leur côté mystique n'était pas leur principale qualité mais on peut comprendre que le citoyen ordinaire soit resté attaché à une bonne partie de plaisir.


   Hélas, les chrétiens, comme tous les monothéistes, avaient tendance à considérer qu'on n'est pas en ce bas monde pour rigoler. Il était de la plus haute importance d'éradiquer ces comportements licencieux.
   Une méthode, déjà expérimentée pour Noël et le carnaval, a fait la preuve de son efficacité : il faut conserver le jour de fête mais y plaquer une image chrétienne.
   Le pape Gélase consulta les textes fondateurs et trouva, au jour des Lupercales, la commémoration d'un saint évêque, Valentin, martyrisé au III ème siècle pour la plus grande gloire de Dieu.
  Excellente affaire ! On n'allait pas supprimer les Lupercales mais les transformer, en faire la fête de St Valentin.
  ... Les esprits chagrins peuvent objecter qu'un saint évêque n'est pas le représentant idéal des amoureux.        Hommes de peu de foi, au contraire ! L'église va trouver une bonne occasion de sublimer l'amour humain.   Dorénavant, les amoureux seront priés de mettre les coeurs en avant, les leurs et celui de Jésus, en écrasant les envies du corps. C'est le début des relations difficiles entre foi et libido.

    Compte tenu de ce qu'ils lui doivent, pourvu que les psychanalystes n'oublient pas Saint Valentin dans leurs prières.

Par Tipanda - Publié dans : histoire
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Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 13:03

  Est-ce un abus de langage ? Les soulèvements populaires de Tunisie et d'Egypte sont généralement qualifiés de Révolution.
Ceux qui les regardent avec bienveillance pourraient se servir d'un autre mot, ils leur épargneraient un rapprochement fatal avec les révolutions du globe terrestre : il effectue un tour complet pour se retrouver dans la même position. En leur souhaitant d'échapper à ce destin funeste, donnons au terme "révolution" le sens courant de bouleversement amenant un changement de régime politique.

 

   D'aucuns n'hésitent pas à rappeler le dialogue du 15 juillet 1789 entre Louis XVI et La Rochefoucauld. Évoquant la prise de la Bastille, le roi interroge : "C'est une révolte ?" et son interlocuteur de répondre :"non, Sire, c'est une révolution". La réplique connaîtra un certain succès ; néanmoins, sens de la formule ne veut pas dire exactitude, La Rochefoucauld s'est "planté".
   Peu de révolutions se sont passées de soulèvement populaire mais l'élément décisif ne réside pas dans les mouvements de foule. Le déferlement des Parisiens affamés et surexcités contre une prison mal défendue n'aurait pas suffi à faire tomber la monarchie. N'en déplaise aux adorateurs de symboles, la Révolution Française n'a pas eu lieu le 14 juillet 1789. Elle doit beaucoup plus à la nuit du 4 août 1789, nuit de l'abolition des privilèges. Et ce n'était qu'un début, la consolidation du changement a pris un siècle entrecoupé d'épisodes d'empire et de royauté.
   La remarque vaut pour tous les pays. Le coeur aime se rappeler le cuirassé Potemkine, les soldats fraternisant avec les mutins. Le talent considérable d'Eisenstein et la chanson de Jean Ferrat y sont pour beaucoup, mais une mutinerie n'a rien changé à la domination des tzars. Il faudra encore des années pour assister à la Révolution d'Octobre, beaucoup moins romantique mais soigneusement préparée de l'étranger par un parti communiste clandestin très organisé. Il avait formé des cadres prêts à diriger le pays.
    Nous fondant sur l'expérience des révolutions passées, il faudrait attendre qu'émerge un nouveau régime.
Mais aurons nous le temps ?
    Les charognards ne vont pas manquer pour dépecer des états en ruine.
Le meilleur morceau, comme d'habitude reviendra aux plus forts, à ceux qui auront tout prévu et se seront donné les armes politiques. Que vont peser les jeunes inorganisés, volontairement inorganisés par exigence de démocratie, face à l'expérience des vieux partis, les moyens des armées et le poids des religieux ? Leur avenir donne plus de souci que d'assurance.
    On aimerait les aider mais comment ?
De récentes aventures nous ont rendus prudents ; le droit d'ingérence a fait long feu. De toute façon, dans une ancienne colonie, il n'est pas question d'amener notre solution. La démarche paraîtrait, à juste titre, déplacée.
On ne va pas non plus leur envoyer des Brigades Internationales qui s'enliseraient dans des luttes où il y a plus à perdre qu'à gagner. Guevara mourant en Bolivie n'est plus un exemple. Alors que faire ?
    Rien, nothing, nada !
C'est affreusement agaçant, tellement contraire à nos généreuses bouffées d'altruisme, mais il faut accepter de nous incliner devant la raison.
Les naissances prématurées sont toujours porteuses de risques.
  La révolution naîtra comme la vie quand elle sera prête.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 23:33

  Le 4 février, c'est la Sainte Véronique, jour de fête pour les photographes.


  Pourquoi ?
Sainte Véronique, si vous n'avez pas connu le catéchisme ou si vous l'avez oublié, c'est la femme qui s'est précipitée sur Jésus pendant le chemin de croix pour essuyer avec un linge son visage ensanglanté et maculé de crachats.

Après avoir fait ce geste, elle regarde son mouchoir : le visage de Jésus s'est imprimé dessus.

C'est à peu près tout ce qu'on sait d'elle mais le "miracle" lui a valu la sainteté et l'impression de l'image sacrée en a fait presque automatiquement la sainte tutélaire des photographes.
  La date, 4 février, tombe à pic. En cette saison, il y a peu d'activité en photo ; les professionnels sont plus disponibles pour organiser des banquets.

  Enfin, c'était avant que la profession fût décimée par de présomptueux amateurs ... mais c'est une autre histoire.


   Jusqu'à la fin des années 90, à la date susdite, le métier se réunissait et festoyait.
Une fois par an, se retrouvaient des collègues qui n'avaient pas d'autre occasion de se rencontrer.
Pour beaucoup, le souvenir de la Ste Véronique est empreint de nostalgie.


  Secouons la tentation de tristesse, rappelons une anecdote :
Une cliente voulait se faire tirer le portait un 4 février. Pour lui expliquer qu'elle ne pourrait pas obtenir de rendez-vous ce jour-là, je lui précise que le studio sera fermé à l'occasion de la Ste Véronique qui est la fête des photographes comme la St Joseph est celle des menuisiers.
   -"Ah bon, je n'ai jamais entendu parler de Ste Véronique. Qu'est-ce qu'elle a fait pour être la sainte des photographes ?"
N'ayant aucune intention de donner une leçon de catéchisme, je prends le parti de l'humour :

"C'est elle qui a inventé le Polaroïd."


    Et la cliente de répondre : "Ah, bon ! Je n'aurais pas cru que c'était aussi ancien."

                                                            

Par Tipanda - Publié dans : humeur
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