Dimanche 26 octobre 2008
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Entre les articles aussi indigestes que dramatiques sur la crise, pour nous changer les idées, nous avons droit, ces temps-ci, à un feuilleton qui se voudrait
peut-être émoustillant, autour de la vie sexuelle de DSK.
En quelques mots, il s'agit d'une aventure que ce chaud lapin, expatrié de luxe, aurait eue avec une subordonnée au FMI basé, comme chacun sait, aux USA - ce qui aurait du le rendre méfiant.
Cela ne vous rappelle rien ?...
Oui, forcément. Tout le monde garde encore en mémoire la saga Clinton- Lewinski.
Le Dominique aussi, il en a tiré la leçon, n'a pas essayé de nier, s'est contenté de préciser que l'histoire s'était terminée aussi vite qu'elle avait commencé et n'avait pas donné lieu à des
cadeaux ni des passe-droit. Depuis, la dame a quitté le personnel du FMI sans avantage particulier ... autre que les siens.(!) Pour ceux qui traquent le parachute doré, sport à la mode, il
vaut mieux qu'ils cherchent ailleurs. L'autorité de surveillance du FMI, en fin de compte, reconnaît l'absence de chat à fouetter ( faites les jeux de mots qui vous amusent ...).
N'allons pas, comme les Américains, fourrer notre nez dans toutes les petites culottes qui passent. Comme dit un vieil adage policier, voyons à qui
le crime profite.
Immédiatement, on évoque le patronyme de DSK, Dominique Strauss-Kahn ... si vous voyez ce que je veux dire...
Un juif au sommet de la finance internationale, voilà de quoi faire monter la tension de tous les antisémites dans le style "Protocoles des sages de Sion", des lecteurs de Siné, des admirateurs
du Celine de "Bagatelles pour un massacre" ... il y a du monde. Le soupçon vise en priorité des ressortissants de pays hostiles aux juifs : le président du FMI, égyptien, et l'opposant le
plus acharné à DSK, le délégué russe.
Il ne faut pas abandonner cette piste , sans négliger d'autres éventualités ... franco-françaises.
Il y a l'hypothèse Sarkozy.
Le président a tout fait pour caser DSK à la direction du FMI. Pas complètement stupide, il avait bien compris que , dans l'hypothèse 2012, c'était un de ses concurrents les plus solides.
L'expédier outre-atlantique, c'était une façon de le neutraliser, un peu comme certaines promotions-placards dans les entreprises.
Et puis, arrive la crise financière mondiale. Le placard devient un lieu stratégique, une fonction riche en responsabilités permettant de soigner ses projets d'avenir. Il était peut-être
temps de stopper l'expérience. Contraindre un grand fauve à s'embourber dans le marigot socialiste, l'user et le discréditer dans de ridicules bagarres contre les autres chefaillons, c'est un
excellent moyen de faire de 2012 la copie de 2007. Pourquoi pas ? C'est une explication parfaitement digne de Sarkozy. Mais il y en a d'autres ...
Il y a les conflits internes au PS. Ses courants détruisent à plaisir le capital qu'ils pourraient constituer en exploitant l'impopularité de l'adversaire.
Eux aussi ont compris le danger. DSK est un costaud, capable (s'il le veut, mais c'est une autre affaire ...) de ne faire qu'une bouchée de ses petits concurrents.
Encore une fois, ils balancent sans choisir : enfoncer le directeur du FMI pour le discréditer , oui, c'est une façon de lui rogner les ailes, mais si l'attaque est assez forte
pour le faire revenir, c'est tomber de charybde en scylla, rétablir dans la place celui qu'on était si content d'avoir vu s'éloigner. Il faudra lui creuser, en France, d'autres chausse-trappes.
C'est pas gagné d'avance, d'autant qu'en France les histoires de coucheries et de cocufiage ne scandalisent pas vraiment. Les Français ont toujours raffolé du théâtre de boulevard plein d'amants
et de placards. On s'y moque du cocu, pas de l'amant, et le sexe triomphant inspire plus de confiance qu'une triste fidélité conjugale.
La France est le pays de l'amour, une république alerte dont un président - Félix Faure - est mort en épectase dans les bras d'une maîtresse.
DSK est bien capable d'être le seul à tirer profit de ses aventures américaines.
Tableau réjouissant : la victoire d'un Français juif sur la pudibonderie américaine et l'antisémitisme recuit des nostalgiques de la guerre froide.
Tiens bon, Dominique !