l'air du temps

Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 21:19

     Les Arméniens ont subi, à partir de 1915, un génocide en règle de la part des Turcs.

Un siècle aura bientôt passé mais le temps n'a pas apporté les remords aux bourreaux, la Turquie possède une histoire officielle selon laquelle, "circulez, il n'y a rien à voir, il n'y a pas eu de génocide arménien".

     L'empire ottoman a longtemps colonisé la Grèce et ses îles. Au dix-neuvième siècle, elles se sont libérées avec le témoignage de peintres et de poètes (Delacroix, Byron...) mais la Turquie du vingtième siècle n'ayant pas renoncé à ses vielles habitudes, a établi une domination coloniale sur le nord de Chypre. Pas gênée pour deux sous, elle voudrait intégrer l'Union Européenne alors qu'elle occupe sans vergogne un de ses membres.

     A sa place, n'importe-qui ferait profil bas ; quand on a "le nez sale", on se fait discret.

N'importe-qui sauf la Turquie, elle exige des excuses d'un état souverain pour avoir arraisonné une embarcation qui avait pénétré sans autorisation dans ses eaux territoriales.

Cet état, c'est Israël et le contrevenant, la dite-"flottille-pour-Gaza" sur laquelle sévissaient quelques antisémites notoires et, parmi eux, des Turcs.

    On aurait du mal à imaginer des bateaux israéliens faisant le siège de Chypre pour dénoncer l'occupation turque, une telle attitude serait, à juste titre, considérée comme "de l'huile sur le feu". Les instances internationales prieraient fermement les donneurs de leçon de se mêler de leurs affaires. 

   La Turquie ne serait donc pas soumise aux mêmes obligations, ses ressortissants pourraient impunément violer un espace étranger, ce serait à l'état envahi de présenter des excuses ? On croit rêver.

    La Turquie s'entendait si bien avec l'état d'Israël. Comment interpréter ce changement ?

    La Turquie serait-elle en train de démontrer que l"'islamisme modéré" n'existe pas ?

Là où des islamistes sont au pouvoir, ils n'ont de cesse qu'ils n'aient manifesté leur hostilité "aux juifs et aux croisés".


    Il serait fâcheux et risqué de l'oublier.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 22:15

Ils ne sont pas chefs d'états ni de religions, ils ne commandent pas d'armées ni de foules fanatisées. Leurs noms sont inconnus du grand public et pourtant ... ils font peur.

Ils s'amusent avec les nerfs des plus grands mais ils n'ont pas le courage de se montrer.

Ils jouent avec le feu sans égards pour les ruines qu'ils provoquent, camouflés sous le masque d'"Agences de notation".

On n'a jamais vu la tête d'une agence... Le public aimerait savoir qui  se pare de ce vocable.

Ils se disent "économistes". Ah, bon !...C'est un métier ?

Ils préfèrent cacher leur CV, laisser jouer l'imprécision. Avouer qu'on exerçait l'activité de trader pour une banque avant qu'elle se passe de vos services parce que vous manquiez de flair, ça ne fait pas sérieux quand on prétend régenter l'économie de la planète.

En tout cas, ce sont de fameux illusionnistes. Ils arrivent à se faire prendre au sérieux par  les plus grands, les présidents des Etats Unis et les autres. Ils ont l'arme atomique et d'autres joujoux pour écraser tout ce qui peut leur résister mais ils paniquent devant ces cassandres à i-pad.

Qui aura l'audace de réveiller les gouvernants ? L'impatience gagne, il faut reprendre contact avec le plancher des vaches.

Ces minus ne sont rien, ils n'ont d'importance que celle que leurs victimes veulent bien leur accorder.

Les états qui tremblent comme des élèves dissipés à l'annonce des notes sont très majoritairement des démocraties et, normalement, dans une démocratie, c'est le peuple qui décide, pas des techniciens. Il est bien connu que, pour une bonne gouvernance, on ne confie jamais un ministère à un professionnel du secteur.Même les très grands économistes se sont effacés devant les élus. Les travaux de Keynes ont inspiré le New Deal de Roosevelt mais c'est lui, président élu, qui a décidé et endossé la responsabilité face à ses électeurs.

Les Dr Flamour de l'économie, dans leurs agences de notation jouissent de ce privilège exorbitant : imposer des décisions, de préférence les pires, et se retrancher à l'abri quand vient l'heure des comptes.

Nos démocraties sont, presque toutes, en campagne électorales ; nous attendons impatiemment qu'un candidat ait le culot et le bon sens de dire : "La feuille de notes des agences, vous savez où je me la mets ..."

Le peuple ayant parfois plus de raison que ses gouvernants, il y a fort à parier que celui-là serait entendu.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Dimanche 17 juillet 2011 7 17 /07 /Juil /2011 14:44

   L'actualité prend difficilement son rythme de vacances. Les sujets graves, voire tragiques, s'accrochent ; ils n'entendent pas céder la place au tube de l'été et au best-seller des plages.

 

   Difficile, néanmoins, de renoncer aux habitudes et, parmi elles aux marronniers, ces sujets qui reviennent dans les médias avec une régularité de métronome, comme s'ils figuraient au calendrier. Après les résultats du bac, les départs en vacances avec les encombrements dans les transports et leurs usagers s'auto proclamant "pris en otage", voilà revenu le 14 juillet, ses feux d'artifice et ses ...contestataires.
   Il y a les allergiques aux cérémonies de masse, Georges Brassens en fut le porte-parole avec sa "Mauvaise Réputation" :
"Le jour du 14 juillet
Je reste dans mon lit douillet,
La musique qui marche au pas,
Cela ne me regarde pas"
   Il existe aussi des réformateurs ; depuis qu'on défile, à chaque nouvelle édition, émergent des projets de transformation. A quelques variantes près, ils reprennent le même principe : la nation ne repose pas d'abord sur une armée, il faut mettre à l'honneur d'autres vertus pacifiques.

  Pour faire bonne mesure, les mêmes innovateurs proposent des modifications aux paroles de La Marseillaise.  Des auteurs aussi anarchistes que Lamartine ou Victor Hugo avaient, en leur temps, proposé de quoi remplacer le "sang impur" qui "abreuve nos sillons". Cette contestation est tellement ancienne qu'elle en est devenue un marronnier auquel plus personne ne prête attention.


  Personne ... Ce serait oublier un peu vite l'existence des nationalistes.

Est-ce utile de le rappeler ? Le nationalisme est au patriotisme ce que la musique militaire est à la musique.

Le patriotisme, c'est aimer sa patrie, le nationalisme c'est détester celle des autres.

Ils se sont un jour emparés du mot "nation" et, comme s'ils en avaient pris le brevet, ils s'insurgent avec la dernière énergie contre tous ceux qui prétendent en donner une autre définition que la leur.
Quand Eva Joly a évoqué, sans malice, son aspiration à une célébration plus pacifique de la patrie, il était prévisible que le F-Haine et autres nostalgiques des guerres coloniales allaient s'indigner (l'indignation n'est pas une garantie de démocratie). Ils n'attendaient qu'une occasion de protester contre la candidature d'une binationale à la Présidence de la République (FN, Tea-parties : même combat),il fallait bien s'attendre à ce qu'ils reprennent la balle au bond. Leur réaction n'étonne personne.
   Il est plus inquiétant de constater que la contamination nationaliste s'étend chez des hommes politiques qui se prétendent républicains, surtout quand ils occupent les plus hautes fonctions de l'Etat. Le premier ministre, ses séides ou disciples partagent le discours de Marine.
   Veulent-ils nous habituer à ce que la Droite Populaire nous prépare avec application : une alliance droite - extrême-droite pour vaincre la gauche à la présidentielle ?


   Qui l'eût cru ? S'en prendre à un marronnier peut encore réserver des coups ... ou des marrons.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 01:19

  Ils passaient pour des bobos ingérables. Les politologues sérieux se complaisaient dans le dénigrement des verts ... qui prenaient un malin plaisir à leur donner raison.
De la vie démocratique, ils cultivent les louables exigences et les travers qui vont avec. Suivant une vieille boutade, "à deux, ils forment un parti, à trois, ils scissionnent".
    On les trouve sympathiques mais pas sérieux, inaptes à assumer de lourdes responsabilités gouvernementales.
     Tous les commentateurs attendaient la catastrophe à l'occasion de leurs primaires et c'est la bonne surprise.
Eva Joly, les hommes politiques sont quelques uns à en garder un souvenir cuisant. Quand elle était juge d'instruction, elle ne se laissait intimider ni par les riches ni par les puissants.
Son programme ne plaira pas à tous ; elle a très peu de chances d'être élue. Peu importe, son mérite est ailleurs. Elle ose aborder les préoccupations morales dont se moquent la plupart des politiques.
Son premier discours de candidate est une grande bouffée de fraîcheur républicaine. Prévoyant les remarques acerbes  que son accent lui attirera, elle s'est déclarée "Française par amour de la France". On entend rarement de telles déclarations d'amour chez les habituels propagandistes de la nation. 
     A l'heure où les grands partis semblent rivaliser d'efforts pour décourager l'électeur, on aime se dire que les verts ont sauvé la morale. Ils ne se sont pas laissés tenter par une caravane publicitaire et lui ont préféré une juge intraitable.


Faisons un rêve : que leur exemple se communique aux autres familles politiques.
Ce n'est qu'un rêve...

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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Lundi 27 juin 2011 1 27 /06 /Juin /2011 16:50

  Non, non, vous ne trouverez pas ici d'analyse politico-économique. D'autres sont trop heureux de s'en charger.

Ils trouveront même déplacé qu'en ces temps révolutionnaires, on puisse s'affliger avec les historiens et gens de plume. Tant pis, nous avons du chagrin, rompant ainsi avec l'indignation qui tourne à la rengaine.

  Le 19 décembre 2010, la Grèce et Thucydide perdaient en Jacqueline de Romilly la gardienne attentive de leur mémoire.

  Six mois plus tard, à leur tour, les antiquités égyptiennes déplorent une grande perte, Christiane Desroches Noblecourt sans qui la vallée du Nil serait la honte de l'Egypte.

   Nous étions tous bien jeunes ou même pas nés quand, dans la tête d'un dictateur  militaire inculte nommé Nasser, naquit le projet du barrage d'Assouan. Au nombre de ses grands amis, figurait l'URSS, spécialiste hors pair des travaux ... pharaoniques. Les conseillers soviétiques lui épargnèrent l'utilisation des bombes atomiques dans le génie civil mais n'hésitèrent pas à lui conseiller l'équivalent égyptien du saccage de la mer d'Aral, construire dans la partie la plus désertique de l'Egypte un barrage qui fournirait de l'énergie et permettrait l'utilisation d'une énorme retenue d'eau permanente, résolvant ainsi le problème de la sécheresse.

A l'époque, seuls quelques oiseaux de mauvais augure émirent des réticences concernant les dégâts écologiques de l'ouvrage. C'est l'expérience qui démontrera ses conséquences néfastes sur la qualité des sols ;  les crues du fleuve remplacées par des lâchers d'eau contrôlés n'apportent plus les limons nourriciers, condamnant l'agriculture du delta, autrefois si riche, à dépendre des engrais chimiques avec toutes leurs nuisances.

Ils ont été peu nombreux à tirer ce signal d'alarme ; en revanche, les égyptologues, Christiane Desroches Noblecourt à leur tête, ont tout de suite compris que le barrage d'Assouan allait noyer une grande partie des vestiges du règne de Ramsès, en particulier le site d'Abou Simbel. Obtenir de l'autocrate égyptien qu'il abandonnât son projet, il ne fallait pas y songer. Renonçant à affronter l'obstacle, elle entreprit de le contourner.

Elle fit le siège de l'UNESCO, accompagnée d'un projet de conservation au moins aussi prodigieux que celui du barrage. Il s'agissait tout simplement, puisque le site serait inéluctablement noyé, de découper des temples et des statues monumentales pour les déménager et les installer plus haut, dans le désert qui est, pour eux, une assurance de survie.

Plus d'un aurait jugé l'entreprise folle mais c'était sans compter avec l'espérance chevillée au corps de cette ancienne résistante. Après tout, elle avait bien tenu le coup face aux SS et à la Gestapo, les instances internationales de la culture ne l'effrayaient pas plus que Nasser.

 

Et elle l'emporta, démontrant qu'il y aurait plus à gagner dans le sauvetage des antiquités que dans leur ennoiement. Chaque jour, le tourisme qui est la vraie mine d'or de l'Egypte lui donne raison. Et, bien au delà des ressources, Abou Simbel et Philaé sont sauvés, hommage des modernes aux anciens

Dans le marigot où un ramassis d'illettrés dirige notre monde, le départ au même âge, 97 ans, de nos deux héroïnes n'a provoqué qu'un petit clapot.

Heureusement, elles nous ont laissé une oeuvre qui durera plus longtemps que nos minables politiciens.

Par Tipanda - Publié dans : l'air du temps
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