histoire

Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 10:13
Référence gardée envers feu Simon Wiesenthal pour l'emprunt de sa formule,

 même la très pointilleuse justice allemande peut encore être surprise.
Un criminel de guerre en liberté se découvre à l'occasion du procès d'un autre bourreau.
Voilà l'information recopiée telle quelle dans Israël Infos toujours à l'affut de telles découvertes :


Un témoin "pire" que l'accusé
Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, l'un des témoins dans le procès, qui s'ouvre, de John Demjanjuk, 89 ans, accusé de participation au meurtre de 27.900 juifs pendant la Shoah, est lui-même impliqué dans "l'assassinat sauvage d'au moins 434.000 personnes", mais n'a fait l'objet d'aucune condamnation.

Il s'agit d'un ancien SS se faisant appeler "Samuel K.", âgé de 88 ans, qui était gardien du centre d'extermination nazi de Belzec en Pologne, et a fait l'objet de deux instructions judiciaires n'ayant pas abouti.

Selon le journal allemand, une troisième enquête contre Samuel K., qui a reconnu par le passé "qu'il était su de tous que les juifs sont exterminés dans le camp, et qu'on les y brûle", vient d'être ouverte par le parquet.



Si les faits, cette fois, sont avérés, un meurtrier de masse aura vécu tranquille plus de 65 ans.
Décidément, il vaut mieux être un ancien bourreau SS qu'un survivant aux prises avec la police du sexe .
Autre temps, autres moeurs !
Par Tipanda - Publié dans : histoire
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Mercredi 26 août 2009 3 26 /08 /Août /2009 09:26
    Un article du quotidien suédois «Aftonbladet» accuse les soldats israéliens d’avoir tué des Palestiniens pour prélever leurs organes.

    Dans tout le monde civilisé, les transferts d'organes, qu'il s'agisse de don ou de vente, sont (heureusement) encadrés par des règles tellement draconiennes que la demande est toujours supérieure à l'offre. Comme il s'agit d'un besoin vital, la rareté se paie très cher.
Le demandeur est disposé à payer n'importe quel prix, sans poser trop de questions sur la provenance et les conditions du prélèvement.
    On trouve de vrais gisements, ce sont les lieux où meurent en abondance des jeunes gens bien portants.
Autrefois, les champs de bataille attiraient les "vols de gerfauts hors du charnier natal" ; aujourd'hui, moins épique et plus réaliste, ils font le bonheur des marchands d'organes à transplanter.
Belle promotion pour le métier d'équarrisseur, la fortune attend les profiteurs de tous les conflits.
Toutes les armées y sont confrontées. Bien naïf celui qui croirait Tsahal protégée du risque.
A l'origine, elle s'est construite sur des exigences morales supérieures, mais les brebis galeuses... qui peut affirmer en être définitivement protégé ?
    Le journal suédois fait un pas de plus et s'attire les protestations indignées d'Israël, à la limite de l'incident diplomatique, en sous-entendant que les soldats israéliens ont tué des Palestiniens pour prélever leurs organes. Des profiteurs de guerre on passe au crime de guerre, commis par la troupe indifférenciée , donc attribué à l'institution.
    On peut hausser les épaules : toutes les armées en opération sont accusées de crimes de guerre ; il n'y a pas lieu d'en faire des tonnes. Certes ...
    Mais il est difficile de se rassurer à bon compte.
    Cet article n'a pas été écrit contre n'importe quelle armée. Il s'agit de Tsahal, l'armée d'Israël, donc ... des juifs.
Voilà de retour les vieilles accusations, les crimes rituels qui ont servi de justification à tous les pogroms et autres persécutions.
Dans la vieille Europe médiévale, les juifs étaient accusés de tuer des enfants chrétiens pour en utiliser des morceaux lors de cérémonies religieuses (à l'époque, la greffe d'organe n'était pas d'actualité). On connaît l'absurdité de telles allégations mais on sait aussi à quoi elles ont servi.

     La même pièce se rejoue, modernisée.
Les juifs sont toujours attaqués et, maintenant qu'ils ont une armée pour les défendre, c'est elle qui est mise en accusation.
     Un pogrom est peut-être en chemin.
Il y a les imprécateurs qui lancent l'accusation, les exécutants qui la relaient et, comme toujours, la masse silencieuse des indifférents et des hypocrites qui préfèrent gloser sur la paranoïa des juifs que reconnaître qu'ils sont toujours en danger.
      Et pourtant ...
Par Tipanda - Publié dans : histoire
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Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /Août /2009 10:56
       C'est un anniversaire passé,comme d'habitude, inaperçu.
Non, pas celui d'Obama, il est bien né un 4 août mais c'est encore un gamin.
Le 4 août qui nous importe a 220 ans.

     Demandons à des écoliers français ce que 1789 leur évoque.
A coup sûr, nous aurons droit au 14 juillet : prise de la Bastille.
     Etrange mémoire... Voyons de plus près.
    La Bastille, vieille forteresse, servait de prison au dix-septième siècle. Elle fut même symbolique de l'Ancien Régime. Les détenus n'y étaient pas obligatoirement expédiés par un tribunal ; un grand nombre des peines étaient décidées par une lettre de cachet, la décision sans discussion ni appel d'un personnage qui avait autorité  : le roi, un prince d'église ou même un père désireux de sévir contre un enfant désobéissant. C'était un symbole du droit régalien et de l'arbitraire.
    Un siècle plus tard,  les us et coutumes du royaume de France n'étaient pas restés immuables. A la lettre, les institutions n'avaient pas changé mais la réalité avait beaucoup évolué.  L'usage coercitif de la Bastille avait largement diminué.
Le 14 juillet, une émeute de la faim (il y en avait beaucoup cette année-là, les récoltes étaient mauvaises) se tourna contre la Bastille. La garde, peu nombreuse et plutôt débonnaire, ne fit aucune difficulté pour se rendre et ouvrir les portes, libérant ainsi quelques derniers prisonniers, des inadaptés que leur famille ne se donnait pas la peine de réclamer.
     C'était un fait divers sans importance mais il était promis à un brillant avenir dans les mémoires.
    Nous aurons l'occasion d'y revenir mais il nous faut d'abord rappeler que bien d'autres événements illustrèrent la première année de la Révolution.
     Les Etats Généraux avaient été convoqués pour essayer de traiter quelques urgences, en particulier le déficit du royaume (décidément, rien de changé sous le soleil ...)
     Les Etats se répartissaient en trois ordres : Clergé, Noblesse et Tiers Etat.
Le Clergé souffrait de sa division : le clivage des classes supplantait déjà la partition en ordres. Les députés du haut-clergé votaient avec la noblesse pendant que le bas-clergé, tout naturellement, rejoignait ses semblables du Tiers Etat.
La noblesse mangée de dettes n'était plus que l'ombre d'elle-même, dépendant du roi pour les titres et fonctions et de la bourgeoisie pour sa subsistance.
     Le seul ordre ascendant était donc le Tiers Etat
Une tradition erronnée l'a longtemps fait passer pour un rassemblement de pauvres et d'idéalistes. En réalité, l'initiative y revenait à une bourgeoisie souvent très riche qui avait besoin de liberté pour déployer ses entreprises.
    Devant le spectacle de division donné par les autres ordres, le Tiers Etat, convaincu que le fruit était mûr, s'empara des affaires, s'autoproclama Assemblée Nationale et entreprit de fonder un socle de réformes libérales.
    La nuit du 4 août,  l'Abolition des Privilèges fut proclamée.
C'est le vrai début de la Révolution Française, un événement riche de promesses et d'avenir. L'abolition des privilèges est le précurseur de la déclaration des Droits de l'Homme.
Il ne faut pas se tromper, prêter à cette Assemblée Nationale des préoccupations sociales. Elle reconnaissait  et admettait des inégalités : les différences liées au travail, au savoir et au mérite. Permettre leur épanouissement c'était d'abord éliminer les privilèges, les avantages liés à la naissance et au milieu.

    Ils sont bien étonnants mais très français, nos républicains auto-proclamés qui préfèrent se rappeler une émeute sans lendemain qu'une décision fondamentale pour l'avenir de nos institutions.
      Inutile de s'accorder le titre ronflant de "libéral" si on oublie l'origine de ses libertés.  
      Une émeute, on la mate. C'est une affaire de police : somme-toute, un non-événement.
Le cours des idées, la volonté du peuple, c'est un autre chantier... qu'il faudra bien, un jour, aborder sérieusement ...

          A bas le 14 juillet et Vive le 4 août !
Par Tipanda - Publié dans : histoire
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Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /Juil /2009 00:00
       Dans les bagages des vacances, tous les ans, il y a des livres. Bon, d'accord, St Machin -les-bains et St Truc-sur-Mer, ce n'est pas le désert, mais on n'est jamais sûr de ce qu'on va trouver au tabac-presse-dépôt de pain du camping, à part Gala et Voici. Et puis, blindé de bonnes intentions, on va en profiter  pour se mettre à jour, lire tous les livres qu'on a achetés mais qui traînent depuis plusieurs mois.
Ne rêvons pas ; les bouquins qu'on n'a pas trouvé le temps d'ouvrir depuis longtemps, ils finiront les vacances comme ils les ont commencées. Dans le fond, il faut en convenir, s'ils nous avaient réellement attirés on aurait trouvé le temps de les lire, on n'aurait pas eu besoin de l'ennui des vacances pour s'y mettre.
Et puis, ne pas confondre vacances et travaux forcés. Oublions les retards de lecture et faisons-nous plaisir. Achetons les titres qui nous font envie.
Et si on pensait "Histoire" ...?
Justement, il vient de sortir "Attila" de Michel Rouche. Ce que j'ai lu à son propos me donne une envie furieuse d'y plonger.
Attila est au nombre des mal-aimés de l'histoire. Malgré les "Nouveaux Historiens", on a oublié de rouvrir le procès de quelques personnages et il en fait partie.
Grâce aux travaux des archéologues, on découvre une réalité différente des récits à la base de nos traditions historiques.
Le féroce Attila était surnommé le "fléau de Dieu "... Une si mauvaise réputation s'explique facilement : au Vème siècle, l'écriture était, pour ainsi dire, le monopole des moines et les Huns pillaient les abbayes.
Logique, une troupe de nomades pillards n'a rien à voir avec une armée de colonisateurs. Comme ils ne projettent pas de s'installer, s'emparer de la terre et des bâtiments ne les intéresse pas ; ils recherchent l'argent et autres "trésors" qu'ils peuvent emporter. Du numéraire, à cette époque, on n'en trouve pas beaucoup à la campagne, sauf dans les monastères pillés systématiquement. On comprend sans peine que les moines aient cultivé une rancune tenace à l'égard des Huns, suivis par les historiens dont les travaux ont longtemps reposé exclusivement sur l'étude des écrits.
    Nous comprenons, aujourd'hui, que les religieux aient noirci leur ennemi à plaisir mais les auteurs des siècles suivants ont aggravé le tableau et n'ont pas échappé aux contresens.
    Immanquablement, Attila est affublé du qualificatif "barbare". C'est oublier le sens que les Romains donnaient à ce mot. Le barbare est celui qui ne parle pas la langue des Romains, le latin.
 Attila, précisément, n'était pas un barbare.
A l'époque, lorsque deux adversaires faisaient la paix, pour garantir le respect de la parole donnée, ils s'échangeaient des filles à marier et des fils à éduquer. Un abus de langage les a fait nommer "otages", il serait plus conforme à la réalité de parler d'échanges. Attila fut donc éduqué à Rome en compagnie, ironie de l'histoire, d'Aetius son futur vainqueur des Champs Catalauniques. Son éducation soignée l'équipa d'un latin très supérieur à la langue des mercenaires de tous pays qui composaient l'armée romaine.
    Les Huns faisaient peur... comme tout ce qui est inconnu. Les Gallo-romains et autres Européens n'étaient pas nombreux à en avoir rencontré. En fait de Huns, il n'est arrivé en Occident qu'un petit comité, la garde rapprochée d'Attila ; le reste de la troupe était formée de Magyars et autres Germains toujours prêts à intégrer une opération de pillage chez plus riches qu'eux. Les batailles qui se sont livrées ont opposé des Germains mercenaires de Rome à ... des Germains ralliés aux entreprises de rapine des Huns. On y rencontre peu de Romains, l'Urbs dépeuplée ne faisant plus d'enfants à fournir aux armées, et peu de Huns véritables, l'Asie centrale est loin.
   L'aventure d'Attila et des Huns est d'abord un sujet d'étonnement ; pourquoi ces nomades de l'Asie centrale ont-ils étendu leurs razzias jusqu'en Europe de l'Ouest, à des milliers de kilomètres de leur lieu d'origine ? Même pour d'excellents cavaliers, l'expédition n'était pas banale et leur avancée vers l'ouest a poussé devant eux, par ricochets jusqu'à l'Atlantique, d'autres nomades qui ont complètement modifié le peuplement de l'Europe .
    C'est le passé, la question n'intéresse plus que les historiens spécialistes de la chute de l'empire romain ; aucun rapport avec nos préoccupations d'aujourd'hui.
    C'est un peu vite conclu.
Depuis que nous réfléchissons sur le bouleversement du climat, un nouveau concept est apparu, celui de réfugiés climatiques. Des populations seraient obligées de quitter leur pays pour refaire leur vie ailleurs. Et si le phénomène avait commencé depuis longtemps ?
     Après l'histoire, un peu de géographie.
L'Asie est vaste et, les phénomènes côtiers mis à part, au nord de la zone des moussons, les vents porteurs de pluie soufflent toujours d'ouest en est pour des raisons liées à la rotation de la terre. L'Asie centrale et orientale est donc faiblement arrosée à l'exception des hauts sommets qui accrochent littéralement les quelques nuages encore chargés de pluie. Les terres basses ne reçoivent que très peu de précipitations et leur alimentation en eau, pour abreuver hommes et bêtes et pour l'irrigation, dépend des  fleuves dévalant des montagnes arrosées. L'Homme n'a pas amélioré la situation, on connaît la catastrophe subie par la mer d'Aral au XXème siècle, mais la nature elle même a considérablement changé.
Il est aujourd'hui au Xinjiang (le pays des Ouïgours, comme on se retrouve (!), le pire des déserts froids, le Taklamakan, accessible uniquement aux chameaux de Bactriane, avec beaucoup de précautions. Des fouilles réalisées par des archéologues français et chinois, voici trois ou quatre ans, ont mis à jour des vestiges du premier millénaires prouvant l'existance d'une culture avancée, des gens qui menaient une existence confortable. Ces découvertes montrent que le bouleversement hydrologique de la région a commencé en même temps que les grands déplacements de populations dont ce que nous appelons "grandes invasions" n'est que l'aboutissement occidental.
  Ce qui est arrivé à l'empire romain et à l'Occident, soyons humbles, n'était que la "queue de comète" d'un changement millénaire et pas encore terminé.
    Et si nous regardions d'un autre oeil, les vagues de réfugiés climatiques qui se préparent ?

Par Tipanda - Publié dans : histoire
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Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 16:04
    Combien de fois l'avons nous déploré ? Les Français sont fâchés avec l'histoire ?
Hélas, l'occasion nous en est donnée trop souvent.
Et l'exemple vient d'en haut.
D'après les services de l'Elysée, le président de la République aurait célébré la journée du 8 mai pour commémorer l'Armistice de 1945.
On a beau chercher, pas de trace du moindre petit morceau d'armistice en 1945, juste la capitulation, à plates coutures et sans conditions, des restes d'un Reich qui devait durer mille ans mais a prématurément coulé dans un opprobre définitif.
Il s'est trouvé peu de monde pour relever l'erreur.
Ignorance générale ?
Hélas, c'est  vrai.
    Tout le monde parle de la deuxième guerre mondiale, elle est le cadre de nombreux films et romans, malgré tout, elle reste mal connue. Nous tenterons d'envisager une explication mais pour commencer, le plus urgent, il faut en finir avec la crasse ignorance d'une présidence en phase avec le ministère de l'éducation occupé à supprimer des postes et des heures d'enseignement de l'histoire.
    Il est grand temps de réclamer des moyens pour l'histoire.

     Il paraît que l'Europe indiffère le citoyen français. Il serait sans doute plus concerné s'il connaissait mieux l'histoire de son pays et de ses voisins. La création d'une entité européenne a établi la paix entre des états qui passaient le temps à s'entre-tuer. Une génération qui ne connaissait pas la guerre, c'était une une telle rareté qu'on en parlait durablement comme d'une époque exceptionnelle. Cette chance est la nôtre mais la conscience nous en échappe à cause des profiteurs de la mémoire.
     Qui sont-ils ?
     Ils sont nombreux, ce sont les héritiers auto-proclamés de la Résistance. Des gaullistes aux communistes, depuis 1945 ils comptent bien capitaliser le sacrifice des combattants de la France Libre pour ancrer leur pouvoir sur les nouvelles générations, quitte à prendre des libertés avec les événements.
      A la Libération, il n'allait pas de soi que la France fût au nombre des vainqueurs. L'état français, c'était Vichy, le Maréchal Pétain qui, en 1940, avait signé un armistice (celui-là en était un) honteux avec le Reich hitlérien. Des citoyens se sont insurgés, ils étaient divers ("ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n'y croyaient pas"), ils ont formé la Résistance, ils ont été l'honneur de la France et lui ont rendu sa dignité. C'étaient des illégaux héroïques.
      Mais sans les armées alliées, ils n'auraient jamais bouté l'ennemi hors de France.
      Les vainqueurs de la guerre, c'était le trio de Yalta : Churchill, Roosevelt et Staline. Il a fallu que Charles De Gaulle fît preuve d'un grand talent de négociateur pour imposer la France au nombre des vainqueurs ; après tout, les résistances des autres pays occupés n'ont bénéficié d'aucun privilège, alors qu'elles avaient aussi laissé des morts sur le terrain et causé des pertes chez l'occupant.
      Non seulement les partis issus de la résistance française n'ont manifesté aucune gratitude à l'égard des alliés qui leur avaient offert une place, mais ils n'ont jamais cessé de les dénigrer, y compris dans leur manière d'arracher la victoire.
      On peut et on doit dire que Staline a été un tyran épouvantable, il n'est pas question de passer sous silence les massacres d'opposants, le goulag, l'antisémitisme. Mais vingt millions de morts sont oubliés un peu facilement, la guerre a été gagnée à l'Est, à partir de Stalingrad. Les débarquements à l'Ouest n'ont pu avoir lieu que grâce aux sacrifices de l'Est. Même si le personnage nous déplait, nous avons une dette ineffaçable envers Staline.
     Les Anglais ? A voir de quelle manière De Gaulle les a traités, on se dit qu'à leur place, on ne l'aurait pas accueilli. Etrange conception des lois de l'hospitalité ... Nos anciens avaient coutume de dire "morceau avalé n'a plus de goût". Enfin, passons, ... les règles de la politique ne sont pas celles du savoir-vivre.
     Enfin, les hommes politiques français ont fait preuve d'une injustice intolérable à l'égard de F.D.Roosevelt, le plus grand des présidents que l'Amérique se soit donné.  A défaut de pouvoir l'égaler, on essaie de faire oublier son oeuvre. Cet homme a redressé l'économie américaine fauchée par la crise de 29 et il a gagné deux guerres mondiales, une sur l'Atlantique et l'autre sur le Pacifique. Il est mort avant la fin des opérations contre le Japon mais l'essentiel était fait ; on peut même lui accorder la circonstance atténuante de croire que s'il avait vécu, il n'aurait peut-être pas cru indispensable de jeter la bombe atomique sur Hiroshima. Quand on se rappelle que toute cette oeuvre a été accomplie au prix des dernières forces d'un malade condamné, on est saisi d'admiration. L'anti-américanisme où se complaisent tant de nos compatriotes est insupportable quand il s'attaque à un si grand héros. Nous lui devons tant !
    
      Les controverses ne sont pas finies mais elles n'auront d'intérêt que si les débatteurs savent de quoi ils parlent.
Parmi toutes les revendications que nous préparons et que nous présenterons aux détenteurs du pouvoir, n'oublions pas des moyens pour l'histoire. C'est une affaire de salubrité publique.
Par Tipanda - Publié dans : histoire
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